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14/03/2013

L'esprit du bien et l'Esprit du mal - 5

La nature de la matière. La matière est inerte de sa nature, personne ne peut le nier :

« Cependant, dit saint Thomas, nous voyons de toutes parts la matière en mouvement. Le mouvement ne peut lui être communiqué que par des êtres naturellement actifs. Ces êtres sont et ne peuvent être que des puissances spirituelles, qui, se superposant les unes aux autres, aboutissent aux anges et à Dieu même, principe de tout mouvement...


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Fête de Saint Lubin

(Evêque de Chartres 537)  

 

CHAPITRE 1

 

L’ESPRIT DU BIEN ET L’ESPRIT DU MAL – 5

 

NATURE DE LA MATIERE

     La nature de la matière. La matière est inerte de sa nature, personne ne peut le nier :

« Cependant, dit saint Thomas, nous voyons de toutes parts la matière en mouvement. Le mouvement ne peut lui être communiqué que par des êtres naturellement actifs. Ces êtres sont et ne peuvent être que des puissances spirituelles, qui, se superposant les unes aux autres, aboutissent aux anges et à Dieu même, principe de tout mouvement. De là, ces paroles de saint Augustin :

« Tous les corps sont régis par un esprit de vie doué d’intelligence »

 et celles-ci de saint Grégoire :

« Dans ce monde visible, rien ne peut être mis en ordre et en mouvement que par une créature invisible. Ainsi, le monde des corps tout entier est fait pour être régi par le monde des esprits. » (1)

     A cette preuve tirée du mouvement de la matière se joint un fait « qui mérite, dit encore M.Guizot, toute l’attention des adversaires du surnaturel. Il est reconnu et constaté par la science que notre globe est antérieur à l’homme. De quelle façon et par quelle puissance le genre humain a-t-il commencé sur la terre ? Il ne peut y avoir de son origine que deux explications : « ou bien il a été le travail propre et intime des forces naturelles de la matière ; ou bien il a été l’œuvre d’un pouvoir surnaturel, extérieur et supérieur à la matière. La création spontanée ou la création libre, il faut à l’apparition de l’homme ici-bas, l’une ou l’autre de ces causes.

     « Mais admettant, ce que pour mon compte je n’admets nullement, les générations spontanées, ce mode de production ne pourrait, n’aurait jamais pu produire que des êtres-enfants, à la première heure et dans le premier état de la vie naissante. Personne, je crois, n’a jamais dit, et personne ne dira jamais que, par la vertu d’une génération spontanée, l’homme, c’est-à-dire l’homme et la femme, le couple humain, ont pu sortir, et qu’ils sont sortis un jour, du sein de la matière, tout formés, tout grands, en pleine possession de leur taille, de leur force, de toutes leurs facultés, comme le paganisme grec a fait sortir Mercure du cerveau de Jupiter.

     « C’est pourtant à cette condition seulement, qu’en apparaissant pour la première fois sur la terre, l’homme aurait pu y vivre, s’y perpétuer et y fonder le genre humain. Se figure-t-on le premier homme naissant à l’état de la première enfance, vivant, mais inerte, inintelligent, impuissant, incapable de se suffire un moment à lui-même, tremblant et gémissant, sans mère pour l’entendre et pour le nourrir. C’est cependant là le seul premier homme que la génération spontanée puisse donner. Evidmment, l’autre origine du genre humain est la seule admissible, la seule possible. Le fait surnaturel de la création explique seul l’apparition de l’homme ici-bas…Et les rationalistes sont contraints de s’arrêter devant le berceau surnaturel de l’humanité, impuissants à en faire sortir l’homme sans la main de Dieu. » (2)

     En résumé, interrogé sur le monde surnaturel, le genre humain répond par trois actes de foi :

     Je crois et j’ai toujours cru à l’existence d’un monde supérieur.

     Je crois et j’ai toujours cru au gouvernement du monde inférieur, non par des lois immuables, mais par l’action libre d’agents supérieurs.

     Je crois et j’ai toujours cru que, dans certains cas, Dieu intervient par lui-même ou par ses agents, d’une manière exceptionnelle, dans le gouvernement du monde inférieur, c’est-à-dire qu’il suspend ou modifie les lois dont il est l’auteur, et qu’il fait des miracles.

     Je crois en particulier, ajoute le monde moderne, l’élite de l’humanité, que je suis né d’un miracle. Mon existence tout entière repose sur la foi à la résurrection d’un mort, et ma civilisation a pour piédestal un tombeau.

     Pour taxer d’erreur cette foi constante, universelle, invincible, il faut prouver que le genre humain, depuis son origine jusqu’à nos jours, est atteint d’une triple folie. Folie d’avoir cru à l’existence d’un monde surnaturel ; folie d’avoir cru à l’influence des êtres supérieurs sur les êtres inférieurs ; folie d’avoir cru que le Législateur suprême est libre de modifier ses lois ou d’en suspendre le cours.

     Ces trois opérations de piété filiale, religieusement accomplies, et le genre humain dûment convaincu d’avoir toujours été frappé de démence, il en reste une quatrième : le négateur du surnaturel devra prouver que lui-même n’est pas fou.

(A suivre… « Chapitre II : Division du monde surnaturel »…si Dieu veut)

- C’est moi qui mets le sous-titre Nature de la matière et en bleu dans la note 1.

(1) De Trinitate, lib.III, cap.IV – Somme théologique, Prima pars, quaest. CX, art. 1,2,3 – Il y a donc autant d’âmes qu’il y a de vies : vie et âme végétative, (les plantes) vie et âme sensitive, (les animaux) vie et âme intellective (les êtres humains). Inutile de dire que les deux premières âmes ne sont pas de la même nature que la nôtre, pas plus que la vie dont elles sont le principe.

(2) L’Eglise et la société chrétienne en 1861, chap. IV, p. 26

René Pellegrini

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