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31/08/2014

Conséquences de cette division - 7

 


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Fête de Saint Raymond Nonnat

(Cardinal et Religieux de Notre-Dame de la Merci, pour la Rédemption des captifs 1240)

CHAPITRE V

 

CONSEQUENCES DE CETTE DIVISION – 7

     L’Apôtre termine la grande histoire du mal en disant : « Et le Dragon persécuta la femme qui enfanta le fils : Persecutus est mulierem quae peperit filium. »

     La persécution nous est connue ; mais quelle femme en est l’objet ? C’est la femme par excellence, mère du Fils par excellence. C’est la femme dont il fut dit au Dragon lui-même, aussitôt après sa première victoire :

« J’établirai la guerre entre toi et la femme, entre ta race et la sienne ; elle t’écrasera la tête, et toi tu tendras des pièges à son talon. » (2) Voulez-vous la connaître ? Prêtez l’oreille à la voix des siècles passés et des siècles présents : tous répètent le nom de Marie.

     Mais comment Marie, dont le passage sur la terre s’est accompli en quelques années, dans un coin obscur de la Palestine, peut-elle être l’objet d’une persécution aussi durable que les siècles, aussi étendue que le monde ? Marie est la femme immortelle. Quarante siècles avant sa naissance, elle vivait dans Eve ; et Satan le savait. Depuis dix-huit siècles, elle vit dans l’Eglise ; et Satan le sait encore.

     Marie vivait dans Eve. Elle y vivait comme la fille dans sa mère, ou plutôt comme le type dans le portrait. Suivant les Pères, Adam fut formé sur le modèle du Verbe incarné, et Eve sur le modèle de Marie. Dès l’origine, Marie fut, dans Eve, la mère de tous les vivants, parce qu’elle devait enfanter la vie : Mater cunctorum viventium. Ce mystère, connu de Satan, explique sa haine particulière contre la femme. Sans doute la femme coupable a été condamnée à la domination de l’homme et à des douleurs propres à son sexe. Mais cette condamnation suffit-elle pour expliquer sa triste condition, dans tous les siècles et sur tous les points du globe ? Que sont les souffrances de l’homme, comparées aux humiliations, aux outrages, aux tortures de la femme ? D’où vient cette différence ?

     Croire qu’elle a sa cause uniquement dans la culpabilité plus grande de la femme primitive, nous semble une affirmation hasardée, pour ne pas dire une erreur. Il est vrai, suivant saint Thomas, que le péché d’Eve fut, sous plusieurs rapports, plus grand que celui d’Adam ; mais il est vrai aussi, suivant le même docteur, que, sous le rapport de la personne, le péché d’Adam fut plus grand que celui d’Eve (3). Comment prouver qu’aux yeux de la justice divine, il n’y a pas une sorte de compensation qui ramène les coupables à l’égalité ? S’il reste une différence défavorable à la femme, suffit-elle pour justifier l’énorme aggravation de sa peine ? Suffit-elle pour expliquer la préférence incontestable qu’elle a toujours eue dans la haine de Satan ?

     Dans tous les pays où il a régné, où il règne encore, la femme est la plus malheureuse créature qu’il y ait sous le ciel. Esclave-née, bête de somme, battue, vendue, outragée de toute manière, accablée des plus rudes travaux, son histoire ne peut s’écrire qu’avec des larmes, du sang et de la boue. Pourquoi cet acharnement du Dragon contre l’être le plus faible, et dont il semble par conséquent avoir moins à craindre ? D’où vient cette prédilection à choisir la femme, et surtout la jeune fille, pour medium, pour organe de ses mensonges, pour instrument de ses manifestations ridicules ou coupables (4) ? Nous n’en saurions douter, c’est une vengeance du Dragon.

(A suivre… « Conséquences de cette division – 8 »…si Dieu veut)

 (2) Genèse III, 15

(3) Somme Théologique 2a 2 ae, question CLXIII, article 4, conclusion.

(4) L’histoire est pleine de ces honteuses préférences.

René Pellegrini

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