Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/09/2014

La mort du pécheur, et la mort du juste - 1

Les passions humaines ont toujours quelque chose d’étonnant et d’incompréhensible. Tous les hommes veulent vivre ; ils regardent la mort comme le dernier des malheurs ; toutes leurs passions les attachent à la vie : et cependant ce sont leurs passions elles-mêmes qui les poussent sans cesse…


PAGE ACCEUIL SITE03.jpg

Fête de Notre-Dame de la Merci

(1218)

LA MORT DU PECHEUR, ET LA MORT DU JUSTE - 1

« Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur »

(Apocalypse XIV, 13)

INTRODUCTION

 

     Les passions humaines ont toujours quelque chose d’étonnant et d’incompréhensible. Tous les hommes veulent vivre ; ils regardent la mort comme le dernier des malheurs ; toutes leurs passions les attachent à la vie : et cependant ce sont leurs passions elles-mêmes qui les poussent sans cesse vers cette mort pour laquelle ils ont tant d’horreur ; et il semble qu’ils ne vivent que pour se hâter de mourir. Ils se promettent tous qu’ils mourront de la mort des Justes ; ils l’espèrent, ils le désirent. Ne pouvant se flatter d’être immortels sur la terre, ils comptent du moins qu’avant ce dernier moment, les passions, qui actuellement les souilles et les captivent, seront éteintes. Ils se représentent la destinée d’un pêcheur qui meurt dans son péché et la haine de Dieu, comme une destinée affreuse ; et cependant ils se la préparent à eux-mêmes tranquillement et sans inquiétude. Ce terme horrible de la vie humaine, qui est la mort dans le péché, les saisit et les épouvante ; et cependant ils marchent en dansant comme des insensés par la voie qui y conduit. Nous avons beau leur annoncer qu’on meurt comme en a vécu : ils veulent vivre en pêcheurs, et mourir pourtant de la mort des justes.

     Je veux donc aujourd’hui, mes Frères, non pas vous détromper d’une illusion si commune et si grossière (réservons ce sujet pour une autre occasion) ; mais, puisque la mort du Juste vous paraît si désirable, et celle du pêcheur si affreuse, je veux vous exposer ici l’une et l’autre ; et réveiller sur l’une ou sur l’autre vos désirs et votre terreur. Comme vous mourrez dans l’une de ces deux situations, il importe de vous en rapprocher le spectacle, afin que, vous mettant sous les yeux le portrait affreux de l’une et l’image consolante de l’autre, vous puissiez décider par avance laquelle des deux destinées vous attend, et prendre des mesures afin que la décision vous soit favorable.

     Dans le portrait du pêcheur mourant, vous verrez où aboutit enfin le monde avec tous ses plaisirs et toute sa gloire : dans le récit de la mort du Juste, vous apprendrez où conduit la vertu avec toutes ses peines, dans l’une, vous verrez le monde des yeux d’un pêcheur qui va mourir : et qu’il vous paraîtra vain et frivole, et différent de ce qu’il vous paraît aujourd’hui ! Dans l’autre, vous verrez la vertu des yeux du Juste qui expire : et qu’elle vous paraîtra grande et estimable ! Dans l’une, vous comprendrez tout le malheur d’une âme qui a vécu dans l’oubli de Dieu ; dans l’autre, le bonheur de celle qui n’a vécu que pour le servir et pour lui plaire. En un mot, le spectacle de la mort du pêcheur vous fera souhaiter de vivre de la vie du Juste : et l’image de la mort du Juste vous inspirera une sainte horreur de la vie du pêcheur. Implorons, etc., Ave Maria.

(A suivre…« La mort du pécheur – 1 »…si Dieu veut)

P.S : Sermon extrait des Oeuvres du Père Massillon, Tome 1, 1846.

René Pellegrini

Capture05.jpg

Les commentaires sont fermés.