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06/10/2014

Conséquences de cette division - 8

 


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Fête de Saint Bruno

(Fondateur de l’Ordre des Chartreux 1101)

 

CHAPITRE V

 

CONSEQUENCES DE CETTE DIVISION – 8

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     A ce compte, ne semble-t-il pas que c’est l’homme, et non la femme, qui devrait avoir la préférence dans la haine de Satan ? Car enfin, ce n’est pas la femme, mais l’homme-Dieu qui a détruit l’empire du démon. Sans doute, le vainqueur du Dragon est le fils de la femme ; mais il est vrai aussi que sans la femme, sans Marie, ce vainqueur n’aurait pas existé, et que Satan continuerait paisiblement d’être, ce qu’il fut autrefois, le Dieu et le roi de ce monde. L’observation est d’autant plus juste, que le vainqueur de Satan n’est pas venu de l’homme, mais de la femme, sans aucune participation de l’homme.

     C’est donc à juste titre que le Dragon s’en prend de sa défaite, non à l’homme, mais à la femme. C’est donc à juste titre que Dieu même lui annonça que la femme, et non pas l’homme, lui écraserait la tête. C’est donc à juste titre que l’Eglise fait hommage à Marie de ses victoires, et qu’elle lui redit de tous les points du globe : Réjouissez-vous, Marie ; vous seule avez détruit toutes les hérésies d’un bout de la terre à l’autre (2). C’est donc à juste titre que la femme est l’objet préféré de la haine de Satan : Persecutus est mulierem. C’est donc à juste titre, enfin, qu’à tous les triomphes de Marie correspondent les rugissements du Dragon, et que ces rugissements deviennent d’autant plus affreux, que le triomphe est plus éclatant.

     Comme ces idées à la fois si rationnelles et si mystérieuses, si sublimes et si simples, expliquent à merveille la lutte acharnée, inouïe, dont nous sommes aujourd’hui témoins ! Pour soulever tant de fureurs, qu’à fait l’Eglise ? Ne le demandons pas. En proclamant le dogme de l’Immaculée Conception, elle a glorifié l’éternelle ennemie de Satan d’une gloire jusqu’alors inconnue. Or, en élevant jusqu’aux dernières limites le triomphe de Marie, elle a fait tomber sur le dragon le dernier éclat de la foudre dont il fut menacé il y a six mille ans. C’est vraiment aujourd’hui que le pied virginal de la femme pèse de tout son poids sur la tête du serpent. Que Pie IX souffre des angoisses inouïes : il les a méritées.

     Persécutée dans Eve, sa mère, et dans toutes les femmes, ses sœurs, avec une rage dont l’histoire peut à peine retracer le tableau, Marie fut persécutée dans sa personne. De la crèche à la croix, quelle fut sa vie ? Femme des douleurs, comme son Fils fut l’homme des douleurs, à elle appartient le droit exclusif de répéter de génération en génération : « Vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur comparable à la mienne (3) ! » A nulle autre, par conséquent, ne convient, comme à elle, le titre de reine des martyrs.

     Marie meurt, et la persécution ne s’arrête pas devant sa tombe. En effet, comme Marie avait vécu dans Eve, sa mère et sa figure, elle vit dans l’Eglise, sa fille et son prolongement. Nous disons sa fille ; car le sang divin qui a enfanté l’Eglise est le sang de Marie (4). Nous disons son prolongement ; comme Marie, l’Eglise est vierge et mère tout ensemble. Vierge, jamais l’erreur ne l’a souillée ; mère, elle enfante autant de Christs qu’elle enfante de chrétiens : Christianus alter Christus (5). Marie fut l’épouse du Saint-Esprit ; l’Eglise a le même privilège. C’est lui qui la protège, qui la nourrit, qui en prend soin et qui la rend mère d’innombrables enfant (6).

   Ainsi, la femme, objet de la haine éternelle du Dragon, c’est Eve, c’est Marie, c’est l’Eglise, ou plutôt c’est Marie toujours vivante dans Eve et dans l’Eglise. Femme par excellence, en qui un privilège sans exemple réunit les gloires les plus incompatibles de la femme, l’intégrité de la vierge et la fécondité de la mère ; femme de la Genèse et de l’Apocalypse, placée au commencement et à la fin de toutes choses : soyez bénie ! Votre existence nous donne le dernier mot de la grande lutte que, sans vous, nul ne saurait comprendre ; de même que votre mission, immortelle comme votre existence, explique l’immortalité de la haine infernale dont vous êtes l’objet et nous avec vous : Persecutus est mulierem quae peperit masculim (7).

(A suivre…« La cité du bien et la cité du mal »…si Dieu veut)

(1)  Cette préférence de haine, dit Camerarius, se remarque jusque dans l’ordre purement physique. L’opinion est que les serpents, cruellement ennemis de l’homme, le sont encore plus de la femme ; qu’ils l’attaquent plus souvent et que plus souvent ils la tuent de leurs morsures. Un fait évident le confirme, c’est que dans une foule d’homme, s’il y a une seule femme, c’est elle que le serpent cherche à mordre. (Medit. Hist., pars I, cap. IX, p. 31)

(2)  En latin, en note. Brev. Rom., Offic., B.M. Virg.

(3)  Lamentations I,12.

(4) Cornelius a Lapide, in Apocalypse XII, 1

(5) En traduisant : Le chrétien est un autre Christ.

(6) Cornelius a Lapide, in Genèse III, 14; et in Apocalypse XIII, 1

(7) Seule la référence biblique est donnée. C’est moi qui traduis : « Il poursuivit la femme qui avait enfanté l'enfant mâle. » (Apocalypse XIII, 1)

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