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05/12/2014

La mort du pêcheur - 1

Nous avons beau éloigner de nous l’image de la mort, chaque jour nous la rapproche. La jeunesse s’éteint, les années se précipitent ; et, semblables, dit l’Ecriture, aux eaux qui coulent dans la mer et qui ne remontent plus vers leur source, nous nous rendons rapidement dans l’abîme de l’éternité, où, engloutis pour toujours, nous ne revenons plus sur nos pas repaître encore sur la terre 


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Fête de Saint Sabas

(Abbé 531)  

 

LA MORT DU PECHEUR, ET LA MORT DU JUSTE - 2 

 

 « Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur »

(Apocalypse XIV, 13)

PREMIERE PARTIE

  

LA MORT DU PECHEUR – 1 

     Nous avons beau éloigner de nous l’image de la mort, chaque jour nous la rapproche. La jeunesse s’éteint, les années se précipitent ; et, semblables, dit l’Ecriture, aux eaux qui coulent dans la mer et qui ne remontent plus vers leur source, nous nous rendons rapidement dans l’abîme de l’éternité, où, engloutis pour toujours, nous ne revenons plus sur nos pas repaître encore sur la terre :

« Nous mourons tous, et nous nous écoulons sur la terre comme les eaux qui ne reviennent point (…) » (II Rois XIV, 14) (1)

     Je sais que nous parlons tous les jours de la brièveté et de l’incertitude de la vie. La mort de nos proches, de nos sujets, de nos amis, de nos maîtres, souvent soudaine, toujours inopinée, nous fournit mille réflexions sur la fragilité de tout ce qui passe. Nous redisons sans cesse que le monde n’est rien, que la vie est un songe, et qu’il est bien insensé de tant s’agiter pour ce qui doit durer si peu. Mais ce n’est là qu’un langage, ce n’est pas un sentiment ; ce sont des discours qu’on donne à l’usage, et c’est l’usage qui fait qu’en même temps on les oublie.

     Or, mes Frères, faîtes-vous ici-bas une destinée à votre gré, prolongez-y vos jours dans votre esprit au-delà même de vos espérances ; je veux vous laisser jouir de cette douce illusion. Mais enfin il faudra tenir la voie qu’en tenue tous vos pères ; vous verrez enfin arriver ce jour auquel nul autre ne succédera plus ; et ce jour sera pour vous le jour de votre éternité : heureuse, si vous mourrez dans le Seigneur ; malheureuse, si vous mourrez dans votre péché. C’est l’une de ces deux destinées qui vous attend : il n’y aura que la droite ou la gauche, les boucs ou les brebis, dans la décision finale du sort de tous les hommes. Souffrez donc que je vous rappelle au lit de votre mort, et que je vous y expose le double spectacle de cette dernière heure, si terrible pour le pécheur et si consolante pour le Juste.

     Je dis terrible pour le pécheur, lequel, endormi par de vaines espérances de conversion, arrive enfin à ce dernier moment, plein de désirs, vide de bonnes œuvres, ayant à peine connu Dieu, et ne pouvant lui offrir que ses crimes et le chagrin de voir finir des jours qu’il avaient crus éternels. Or, mes Frères, je dis que rien n’est plus affreux que la situation de cet infortuné dans les derniers moments de sa vie, et que, de quelque côté qu’il tourne son esprit, soit qu’il rappelle le passé, soit qu’il considère tout ce qui se passe à ses yeux, soit enfin qu’il perce jusque dans cet avenir formidable auquel il touche ; tous ces objets, les seuls alors qui puissent l’occuper et se présenter à lui, ne lui offrent plus rien que d’accablant, de désespérant, et de capable de réveiller en lui les images les plus sombres et les plus funestes.

(A suivre…« La mort du pêcheur - 2 »…si Dieu veut)

(1) Le verset est en latin dans le texte. Dans les Bibles protestantes, il faut lire : II Samuel XIV, 14.

René Pellegrini

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