Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/12/2014

La Cité du bien et la Cité du mal - 2

Les deux esprits opposés, avec les forces dont ils disposent, ne sont pas demeurés oisifs dans les régions inaccessibles du monde supérieur. Leur présence dans le monde inférieur est permanente. S’ils restent invisibles en eux-mêmes, leurs œuvres sont palpables. Telle est leur influence, que chacun d’eux a fait un monde, ou, pour répéter le mot du grand docteur, une cité à son image.


PAGE ACCEUIL SITE03.jpg

Fête de Saint Damase

(Pape 384)

CHAPITRE VI

LA CITE DU BIEN ET LA CITE DU MAL - 2

 

     Les deux esprits opposés, avec les forces dont ils disposent, ne sont pas demeurés oisifs dans les régions inaccessibles du monde supérieur. Leur présence dans le monde inférieur est permanente. S’ils restent invisibles en eux-mêmes, leurs œuvres sont palpables. Telle est leur influence, que chacun d’eux a fait un monde, ou, pour répéter le mot du grand docteur, une cité à son image. Aussi visibles que la lumière, aussi anciennes que le monde, aussi étendues que le genre humain, aussi opposées entre elles que le jour et la nuit, ces deux cités accusent pour auteurs deux esprits essentiellement différents. Ces deux cités sont la Cité du bien et la Cité du mal. Pour les connaître, il faut avant tout les considérer en elles-mêmes.

     Développement de l’homme, composé d’un corps et d’une âme, toute société présente un côté palpable et un côté spirituel. Dans la Cité du bien, comme dans la Cité du mal, le palpable est visible, c’est la réunion des hommes dont elles se composent. Sous le nom de bons et méchants, ou, comme dit l’Ecriture d’enfants de Dieu et d’enfants des hommes, les citoyens de ces deux cités existent depuis l’origine des temps, ils se révèlent à chaque page de l’histoire. Nous les voyons, nous les coudoyons : nous comptons parmi les uns ou parmi les autres. Prouver ce fait serait superflu. Personne d’ailleurs ne le conteste, excepté le sauvage civilisé, assez abruti pour nier la distinction du bien et du mal ; mais la négation de la brute ne compte pas.

     Le côté invisible des deux cités, c’est l’esprit qui les anime. Nous entendons par là les fondateurs et les gouverneurs de l’une ou de l’autre, par conséquent, l’action réelle, permanente et universelle du monde supérieur sur le monde inférieur, du monde des esprits sur le monde des corps.

     Des deux cités, l’une s’appelle la Cité du bien. La raison en est que son fondateur et son roi, c’est l’Esprit du bien ; ses gouverneurs et ses gardiens, les bons anges ; ses citoyens, tous les hommes qui travaillent à leur déification, conformément au plan tracé par Dieu lui-même. Cette cité est l’ordre universel. Elle est l’ordre, parce qu’elle prend pour règle de ses volontés la volonté même de Dieu, ordre souverain. Elle est l’ordre, parce que sa pensée coordonnant le fini à l’infini, le présent à l’avenir, elle tend à l’éternité, objet de tous ses efforts et de toutes ses aspirations. Or, l’éternité, c’est l’ordre ou le repos immuable des êtres dans leur centre. Elle est l’ordre universel, parce que dans cette cité tout est à sa place : Dieu en haut et l’homme en bas.

     Cette cité est le Catholicisme. Immense et glorieuse famille, née avec le temps, composée des anges et des fidèles de tous les siècles et dont les membres aujourd’hui séparés, mais non désunis, forment l’Eglise de la terre, l’Eglise du Purgatoire, l’Eglise du Ciel, jusqu’au jour où, se confondant dans un embrassement fraternel, ces trois Eglises ne formeront plus qu’une Eglise éternellement triomphante.

     L’autre est la Cité du mal. On la nomme ainsi, parce que son fondateur et son roi, c’est l’Esprit du mal ; ses gouverneurs, les anges déchus ; ses citoyens, tous les hommes qui travaillent à leur prétendue déification, conformément aux règles données par Satan. Cette cité est le désordre, le désordre universel. Elle est le désordre, parce qu’elle se prend elle-même pour règle, sans tenir compte de la volonté de Dieu. Elle est le désordre, parce que, brisant dans sa pensée les rapports entre le fini et l’infini, entre le présent et l’avenir, elle se concentre dans les limites du temps, dont les jouissances forment l’unique objet de ses aspirations et de ses travaux. Elle est le désordre universel, parce que rien n’y est à sa place : l’homme en haut, Dieu en bas.

     Cette cité est le satanisme. Immense et hideuse famille, née de la révolte angélique, composée des démons et des méchants de tous les pays et de tous les siècles, toujours en fièvre de liberté, et toujours esclave, toujours cherchant le bonheur et toujours malheureuse, jusqu’au jour ou le dernier coup de tonnerre de la colère divine la fera rentrée violemment dans l’ordre, en la précipitant tout entière dans les abîmes brûlants de l’éternité. Là, pour n’avoir pas voulu glorifier l’éternel amour, elle glorifiera l’inexorable justice (1).

(A suivre…« La Cité du bien et la Cité du mal – 3 »…si Dieu veut)

(1) S. Aug., De Civ. Dei, Lib. XIX, c.XXVIII, et Lib. XI, c.XXXIII, où se trouve un portrait saisissant des deux cités.

René Pellegrini

Capture05.jpg

Les commentaires sont fermés.