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10/01/2015

La Cité du bien et la Cité du mal - 3

On le voit, comme il n’y a pas trois esprits, il n’y a pas trois cités, il n’y en a que deux ; et ces deux cités embrassent le monde inférieur et le monde supérieur, le temps et l’éternité. De là, pour chaque créature intelligente, ange ou homme, l’impitoyable alternative d’appartenir à l’une ou à l’autre, en deçà et au-delà du tombeau


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Fête de Saint Guillaume

(Archevêque de Bourges 1209)

CHAPITRE VI

 

LA CITE DU BIEN ET LA CITE DU MAL – 3

     On le voit, comme il n’y a pas trois esprits, il n’y a pas trois cités, il n’y en a que deux ; et ces deux cités embrassent le monde inférieur et le monde supérieur, le temps et l’éternité. De là, pour chaque créature intelligente, ange ou homme, l’impitoyable alternative d’appartenir à l’une ou à l’autre, en deçà et au-delà du tombeau.

« Quoi qu’il fasse, nous crient d’une voix infatigable, la raison, l’expérience et la foi, l’homme vit nécessairement sous l’empire du Saint-Esprit, ou sous l’empire de Satan. Bon gré, mal gré, il est citoyen de la Cité du bien, ou citoyen de la Cité du mal (1) »

     Libre de se donner un maître, il n’est pas libre de n’en point avoir. S’il se soustrait à l’action du Saint-Esprit, il ne devient pas indépendant, il tombe, dans une proportion analogue à sa défection, sous l’action de Satan. Ce qui est vrai de l’individu est vrai de la famille, de la nation, de l’humanité elle-même.

     Connaître à fond ces deux cités, demeure de la vie à la mort, vestibule du Ciel et vestibule de l’Enfer, est donc pour l’homme d’un intérêt suprême. Les connaître à fond, c’est les connaître dans leurs œuvres et dans leur but. Nous initier à cette connaissance décisive, et si rare de nos jours, sera l’objet des chapitres suivants. Mais, avant de l’aborder, il est un point qui doit être éclairci.

     Deux cités se partagent le monde, et la plus étendue est la Cité du mal. D’après les statistiques les plus récentes, la terre serait peuplée de douze cents millions d’habitants. (2) Sur ce nombre, on compte à peine deux cents millions de catholiques. Tout le reste, extérieurement (3) du moins, vit et meurt sous la domination du mauvais Esprit. Rien ne prouve que cette proportion n’a pas toujours été ce qu’elle est aujourd’hui. Avant l’Incarnation du Verbe, elle était même beaucoup plus forte en faveur de Satan.

     Pierre de scandale pour le faible, cheval de bataille pour l’impie, quel est ce mystère ? Et comment le concilier avec l’idée de Dieu et les enseignements de la foi ? Afin de ne laisser aucune inquiétude dans les esprits, il nous semble nécessaire d’aplanir dès maintenant cette difficulté, que grandirait encore la suite de notre travail. Tout ce que nous prétendons, et tout ce qu’on est en droit de nous demander, c’est, non d’expliquer ce qui est inexplicable, mais de montrer que le partage du genre humain entre le bon et le mauvais Esprit ne présente aucune contradiction avec les attributs de Dieu et les doctrines révélées. Or, pour faire évanouir la difficulté, cela suffit.

     Que la formidable puissance du démon sur l’homme et sur les créatures soit un mystère, nous en convenons. Mais qu’est-ce que cela prouve ? Au dedans de nous, autour de nous, dans la nature aussi bien que dans la religion, tout n’est-il pas mystère ? Nous ne comprenons le tout de rien, a dit Montaigne, et nous ne le comprendrons jamais. Œuvres de Dieu, par tous les points la nature et la religion touchent à l’infini. Comprendre l’infini est aussi possible à l’homme, que de mettre l’Océan dans une coquille de noix. Mais le mystère du fait n’ôte rien à la certitude du fait. L’incrédule même le plus intrépide le confesse. Chacune de ses respirations est un acte de foi à d’incompréhensibles mystères. L’instant où il cesserait d’y croire, il cesserait de vivre.

(A suivre…« La Cité du bien et la Cité du mal – 4 »…si Dieu veut)

(1) Le texte est mis en note, en latin. Const. Apostol. Lib. IV, c. XXVI. De là, le mot de saint Hilaire : « Où, n’est pas le Saint-Esprit, là est le Diable. Ubi non est Spiritus Dei, ibi Diabolus. »

(2) Livre écrit au XIXe siècle. Soit environ 20 % de la population de cette époque. Aujourd’hui, environ 17% de la population mondiale. (C’est moi qui mets cette note).

(3) En italique dans le texte.

René Pellegrini

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