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03/02/2015

La mort du pêcheur - 2

Car, mes frères, que peut offrir le passé à un pêcheur qui, étendu dans le lit de la mort, commence à ne plus compter sur la vie, et lit sur le visage de tous ceux qui l’environnent la terrible nouvelle que tout est fini pour lui ? Que voit-il dans cette longue suite de jours qu’il a passés sur terre ? Hélas ! il voit des peines inutiles ; des plaisirs qui n’ont duré qu’un instant ; des crimes qui vont durer éternellement...


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Fête de Saint Blaise de Sébaste

(Evêque et martyr 316 ?)  (1)

 

LA MORT DU PECHEUR, ET LA MORT DU JUSTE - 3

 

 « Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur »

(Apocalypse XIV, 13)

PREMIERE PARTIE

 

LA MORT DU PECHEUR – 2

 

     Car, mes frères, que peut offrir le passé à un pêcheur qui, étendu dans le lit de la mort, commence à ne plus compter sur la vie, et lit sur le visage de tous ceux qui l’environnent la terrible nouvelle que tout est fini pour lui ? Que voit-il dans cette longue suite de jours qu’il a passés sur terre ? Hélas ! il voit des peines inutiles ; des plaisirs qui n’ont duré qu’un instant ; des crimes qui vont durer éternellement.

     Des peines inutiles : toute sa vie passée en un clin d’œil s’offre à lui, et il n’y voit qu’une contrainte et une agitation éternelle et inutile. IL rappelle tout ce qu’il a souffert pour un monde qui lui échappe, pour une fortune qui s’évanouit, pour une vaine réputation qui ne l’accompagne pas devant Dieu, pour des amis qu’il perd, pour des maîtres qui vont l’oublier, pour un nom qui ne sera écrit que sur les cendres de son tombeau. Quel regret alors pour cet infortuné, de voir qu’il a travaillé toute sa vie, et qu’il n’a rien fait pour lui ! Quel regret de s’être fait tant de violences, et de n’en être pas plus avancé pour le ciel ; de s’être toujours cru trop faible pour le service de Dieu, et d’avoir eu la force et la constance d’être le martyr de la vanité et d’un monde qui va périr ! Ah ! c’est alors que le pêcheur, accablé, effrayé de son aveuglement et sa méprise, ne trouvant plus qu’un grand vide dans une vie que le monde seul a tout occupé ; voyant qu’il n’a pas encore commencé à vivre après une longue suite d’années qu’il a vécu ; laissant peut-être les histoires remplies de ses actions, les monuments publics chargés des événements de sa vie, le monde plein du bruit de son nom, et ne laissant rien qui mérite d’être écrit dans le livre de l’éternité, et qui puisse le suivre devant Dieu ; c’est alors qu’il commence, mais trop tard, à se tenir à lui-même un langage que nous avons souvent entendu : Je n’ai donc vécu que pour la vanité ! Que n’ai-je fait pour mon Dieu tout ce que j’ai fait pour mes maîtres ! Hélas ! Fallait-il tant d’agitations et de peines pour se perdre ? Que ne reçois-je du moins ma consolation en ce monde ! J’aurais du moins joui du présent, de cet instant qui m’échappe ; et je n’aurais pas tout perdu. Mais ma vie a toujours été pleine d’agitations, d’assujettissements, de fatigues, de contraintes ; et tout cela pour me préparer un malheur éternel. Quelle folie d’avoir plus souffert pour me perdre qu’il n’en eût fallu souffrir pour me sauver ; et d’avoir regardé la vie des gens de bien comme une vie triste et insoutenable ; puisqu’ils n’ont rien fait de si difficile pour Dieu que je ne l’aie fait au centuple pour le monde, qui n’est rien, et de qui, par conséquent, je n’ai rien à espérer !

« Nous avons donc erré hors de la voie de la vérité, et la lumière de la justice n’a pas luit pour nous, et le soleil de l’intelligence ne s’est pas levé pour nous. Nous nous sommes lassés dans la voie de l’iniquité et de la perdition, et nous avons marché dans des voies difficiles ; mais la voie du Seigneur, nous l’avons ignorée. » (Sagesse V, 6-7)

(A suivre…« La mort du pécheur – 3 »…si Dieu veut)

René Pellegrini

(1) Après avoir subi de cruels tourments par le Président Agricole, celui-ci le fit décapiter. Mort en 320, selon l’histoire de l’Eglise de Rohrbacher.

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