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09/02/2015

La Cité du bien et la Cité du mal - 4

Demander pourquoi Dieu a permis cette terrible puissance ? Pourquoi dans de telles limites plutôt que dans telles autres ? Questions impertinentes. Qui est l’homme pour demander à Dieu raison de sa conduite, et lui dire : Pourquoi avez-vous fait cela ? S’il ose, malheur à lui, car il est écrit


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Fête de Sainte Apolline

(Vierge et martyre Vers 248-249)

 

CHAPITRE VI

 

LA CITE DU BIEN ET LA CITE DU MAL - 4

 

     Demander pourquoi Dieu a permis cette terrible puissance ? Pourquoi dans de telles limites plutôt que dans telles autres ? Questions impertinentes. Qui est l’homme pour demander à Dieu raison de sa conduite, et lui dire : Pourquoi avez-vous fait cela ? S’il ose, malheur à lui, car il est écrit : « Le scrutateur de la majesté sera écrasé par la gloire. » (1) Deux fois malheur s’il osait ajouter : « Puisque je ne comprends pas, je refuse de croire. Posée en principe, une pareille prétention est le suicide de l’intelligence. L’intelligence vit de vérité, toute vérité renferme un mystère. Prétendre n’admettre que ce que l’on comprend, c’est se condamner à n’admettre rien. N’admettre rien est plus que l’abrutissement, c’est le néant.

     Toutefois, lorsqu’elles sont étudiées sans parti pris, la puissance du démon et la coupable obéissance de l’homme à ses inspirations perverses dépouillent une partie de leur mystérieuse obscurité. On voit d’abord qu’elles constituent un désordre purement passager et plus apparent que réel ; on voit ensuite qu’elles n’ont rien de contraire aux perfections divines.

     Désordre passager. La lutte de l’Esprit du mal contre l’Esprit du bien a pour limites la durée du temps. Comparé à l’éternité qui le précède et à l’éternité qui le suit, le temps est moins qu’un jour. Afin de raisonner juste de l’ordre providentiel, il faut donc unir le temps à l’éternité ; de même que, pour juger sainement d’une chose, on la considère, non dans un point isolé, mais dans l’ensemble. Selon cette règle de sagesse, le désordre qui se mesure à la durée du temps, est relativement à l’ordre providentiel, dans sa généralité, ce qu’est un nuage fugitif sur l’horizon resplendissant de lumière.

     Désordre plus apparent que réel. Le but principal de la Création et de l’Incarnation, comme de toutes les œuvres extérieures de Dieu, c’est sa gloire (2). Le but secondaire, c’est le salut de l’homme. La gloire de Dieu, c’est la manifestation de ses attributs : la puissance, la sagesse, la justice, la bonté. Que la lutte du bien et du mal existe ou non ; qu’elle soit favorable à l’homme ou défavorable ; que l’homme se perde ou se sauve, Dieu n’aura pas moins atteint son but essentiel. L’enfer ne chante pas la gloire de Dieu avec moins d’éloquence que le ciel. Si l’un proclame la bonté, l’autre proclame la justice ; et la justice n’est pas un attribut moins glorieux à Dieu que la bonté. (3)

(A suivre… « La Cité du bien et la Cité du mal – 5 »…si Dieu veut)

(1) (Proverbes XXV, 27)

(2) « Le Seigneur a opéré toutes choses pour lui-même, l’impie même pour le jours mauvais » (Proverbes XVI, 4)

« C’est à cause de moi, à cause de moi que je ferai que mon nom ne soit pas blasphémé, et je ne donnerai pas ma gloire à un autre. » (Isaïe XLVIII, 11)

Les deux textes sont en latin.

(3) Somme Théologique, question 63, article 7, solution 2 : Le texte est en latin avec le commentaire suivant de Mgr Gaume : « Sans doute Dieu a vu de toute éternité la chute des anges et de l’homme, mais cette vision n’a nui en rien à la liberté des anges et de l’homme. Les anges et l’homme sont tombés, non parce que Dieu l’a voulu, mais Dieu l’a vu parce qu’ils sont tombés. Autrement, il serait l’auteur du mal, il serait le mal. Que la vision éternelle de Dieu ne nuise pas à la liberté de l’homme, il est facile de le montrer. Je vois un homme qui se promène. Ma vue ne lui impose pas nulle nécessité de se promener. Nonobstant ma vue, il peut cesser de se promener. Ainsi, la prescience  ou plutôt la vue de Dieu n’impose aucune nécessité aux actes libres. Malgré cette vue, je suis libre de cesser les actes que je fais et même de faire le contraire. En un mot, Dieu a voulu que les anges et les hommes fussent libres, afin qu’ils fussent capable de mérite et de démérite. Nous sentons tous que nous sommes libres. Donc, la prescience de Dieu n’a gêné en rien la liberté des anges ou d’Adam et ne gêne en rien la nôtre. »

René Pellegrini 

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