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11/03/2015

La Cité du bien et la Cité du mal - 5

Quant au salut de l’homme, Dieu le rend toujours possible, et l’obtient bien plus glorieusement par la guerre que par la paix. Dans l’ordre actuel, un seul juste qui se sauve, dit quelque par saint Augustin, procure plus de gloire à Dieu que ne peuvent lui en ôter mille pécheurs qui se perdent... 


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Fête de Saint Euloge(1)

(Prêtre de Cordoue, martyr 859)

 

CHAPITRE VI

 

LA CITE DU BIEN ET LA CITE DU MAL - 5

 

     Quant au salut de l’homme, Dieu le rend toujours possible, et l’obtient bien plus glorieusement par la guerre que par la paix. Dans l’ordre actuel, un seul juste qui se sauve, dit quelque par saint Augustin, procure plus de gloire à Dieu que ne peuvent lui en ôter mille pécheurs qui se perdent. Pour se perdre, il suffit à l’homme de s’abandonner à ses penchants corrompus ; tandis que, pour se sauver, il faut les vaincre. Un instant de réflexion montre tout ce qui revient de gloire à Dieu dans une pareille victoire.

     Qu’est-ce que l’homme et quels sont ces ennemis ? L’homme est un roseau, et un roseau naturellement incliné vers le mal. La nature entière, révoltée contre lui, semble liguée pour l’écraser. Autour de lui, des myriades d’animaux malfaisants ou incommodes, à la dent meurtrière, ou au venin plus meurtrier encore, attentent nuit et jour à son repos, à ses biens et à sa vie. Au-dessus de lui, le ciel qui l’éclaire, l’air qu’il respire, devenus tour à tour glace ou brasier, mettent la conservation de ses jours au prix de soins fatigants et de précautions continuelles. En perspective lui apparaît, au terme de sa douloureuse carrière, la tombe avec ses tristes mystères de décomposition. En attendant, la maladie sous toutes ses formes, avec son innombrable cortège de douleurs plus vives les unes que les autres, l’assiège dès le berceau et le pousse incessamment à l’irritation, au murmure, quelquefois au blasphème et même au désespoir.

     Au lieu d’alléger son fardeau, les compagnons de ses périls et de ses labeurs ne servent trop souvent qu’à l’aggraver. La moitié du genre humain semble crée pour tourmenter l’autre. Condamner à cultiver une terre hérissée d’épines, il mange un pain presque toujours arrosé de sueurs ou de larmes. Comme le forçat, il traîne péniblement, sur le difficile chemin de la vie, la longue chaîne de ses espérances trompées. Aujourd’hui, riche et entouré ; demain, pauvre et délaissé. Son existence physique n’est qu’une succession continuelle de mécomptes, de servitudes humiliantes, de travaux et de douleurs, par conséquent de tentations terribles.

     Pendant qu’au dehors tout lutte contre lui, il est obligé de soutenir au-dedans une guerre plus redoutable encore. Enveloppé d’ennemis invisibles, acharnés, infatigables, d’une malice et d’une puissance dont les limites lui sont inconnues, pour comble de danger il porte en lui-même des intelligences nuit et jour attentives à le livrer. Des pièges de toute nature sont tendus à chacun de ses sens, et le bien même lui devient même une occasion de chute : tel est l’homme

(A suivre…« La Cité du bien et la Cité du mal - 6 »…si Dieu veut)

(1) Cordoue (Espagne) était la ville des Maures. Ayant refusé de louer Mahomet, il fut décapité.

René Pellegrini

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