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04/04/2015

La mort du pécheur - 3

Oui, mes Frères, c’est dans ce dernier moment que toute votre vie s’offrira à vous, sous des idées bien différentes de celles que vous en avez aujourd’hui. Vous comptez maintenant les services rendus à l’état, les places que vous avez occupées, les actions où vous vous êtes distingués ; les plaies qui rendent encore témoignage à votre valeur…


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Fête de Saint Isidore

(Archevêque de Séville 636)

 

LA MORT DU PECHEUR, ET LA MORT DU JUSTE - 4

 

 « Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur »

(Apocalypse XIV, 13)

PREMIERE PARTIE

  

LA MORT DU PECHEUR – 3

 

     Oui, mes Frères, c’est dans ce dernier moment que toute votre vie s’offrira à vous, sous des idées bien différentes de celles que vous en avez aujourd’hui. Vous comptez maintenant les services rendus à l’état, les places que vous avez occupées, les actions où vous vous êtes distingués ; les plaies qui rendent encore témoignage à votre valeur, le nombre de vos campagnes, la distinction de vos commandements ; tout cela vous paraît réel. Les applaudissements publics qui l’accompagnent, les récompenses qui le suivent, la renommée qui le publie, les distinctions qui y sont attachées ; tout cela ne vous rappelle vos jours passés que comme des jours pleins, occupés, marqués chacun par des actions mémorables, et par des événements dignes d’être conservés à la postérité. Vous vous distinguez même dans votre esprit de ces hommes oiseux de votre rang, qui ont toujours mené une vie obscure, lâche, inutile, et déshonoré leur nom par l’oisiveté et par les mœurs efféminées, qui les ont laissés dans la poussière. Mais au lit de la mort, mais dans ce dernier moment où le monde s’enfuit et l’éternité approche, vos yeux s’ouvriront ; la scène changera, l’illusion qui vous grossit ces objets se dissipera ; vous verrez tout au naturel, et ce qui vous paraissait si grand, comme vous ne l’aviez fait que pour le monde, pour la gloire, pour la fortune, ne vous paraîtra plus rien ; Apericet oculos suos, dit Job, et nihil inveniet (Job XXVII, 19) (1). Vous ne trouverez plus rien de réel dans votre vie que ce que vous aurez fait pour Dieu ; rien de louable que les œuvres de la foi et de la piété ; rien de grand que ce qui sera digne de l’éternité : et un verre d’eau froide donné au nom de Jésus-Christ, et une seule larme répandue en sa présence, et la plus légère violence soufferte pour lui ; tout cela vous paraîtra plus précieux, plus estimable, que toutes ces merveilles que le monde admire et qui périront avec le monde.

     Ce n’est pas que le pécheur mourant ne trouve dans sa vie passée que des peines perdues : il y trouve encore le souvenir de ses plaisirs ; mais c’est ce souvenir qui le consterne et qui l’accable. Des plaisirs qui n’ont duré qu’un instant ! Il voit qu’il a sacrifié son âme et son éternité à un moment fugitif de volupté et d’ivresse. Hélas ! La vie lui avait paru trop longue pour être tout entière consacrée à Dieu ; il n’osait prendre de bonne heure le parti de la vertu, de peur de n’en pouvoir soutenir l’ennui, les longueurs et les suites ; il regardait les années qui étaient encore devant lui comme un espace immense qu’il eût fallu traverser en portant la croix, en vivant séparé du monde, dans les pratique des œuvres chrétiennes : cette seule pensée avait toujours suspendu tous ses bons désirs ; et il attendait, pour revenir à Dieu, le dernier âge, comme celui où la persévérance est plus sûre. Quelle surprise, dans cette dernière heure, de trouver que ce qui lui avait paru si long n’a duré qu’un moment ; que son enfance et sa vieillesse se touchent de si près, qu’elles ne forment presque qu’un seul jour ; et que du sein de sa mère il n’a fait, pour ainsi dire, qu’un pas vers le tombeau !

(A suivre… « La mort du pécheur - 4 »…si Dieu veut)

(1) « Un riche, lorsqu’il s’endormira, n’emportera rien avec lui ; il ouvrira ses yeux, et il ne trouvera rien. »

René Pellegrini

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