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10/04/2015

La Cité du bien et la Cité du mal - 6

Eh bien ! Cet être si fragile, si combattu, si exposé à périr que l’épaisseur d’un cheveu, une simple mauvaise pensée, le sépare de l’abîme, luttera pendant soixante ans sans tomber ; ou, s’il tombe quelquefois, il se relève, reprend courage et malgré la nature, malgré l’enfer, malgré lui-même, demeure victorieux dans le dernier combat…


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Fête de Saint Macaire

(Patriarche d’Antioche 1012)

 

CHAPITRE VI

 

LA CITE DU BIEN ET LA CITE DU MAL - 6

 

     Eh bien ! Cet être si fragile, si combattu, si exposé à périr que l’épaisseur d’un cheveu, une simple mauvaise pensée, le sépare de l’abîme, luttera pendant soixante ans sans tomber ; ou, s’il tombe quelquefois, il se relève, reprend courage et malgré la nature, malgré l’enfer, malgré lui-même, demeure victorieux dans le dernier combat. Repousser l’ennemi n’est qu’une partie de sa gloire. Voyez ce fils de la poussière et de la corruption, prenant l’offensive, et, s’élevant par l’héroïsme de ses vertus, jusqu’à la ressemblance de Dieu ; puis, portant la guerre au cœur même de l’empire ennemi, renversant les citadelles de Satan, lui arrachant ses victimes, plantant l’étendard de la croix sur les ruines de ses temples, guérissant ce qu’il avait perdu et, au prix de son sang, joyeusement versé, faisant fleurir l’humilité, la charité, la virginité dans des millions de cœurs, jusqu’alors esclaves de l’orgueil, de l’égoïsme et de la volupté.

     Ce spectacle d’un héroïsme que les anges admirent et dont ils seraient jaloux, si la jalousie trouvait accès dans le ciel, n’aurait jamais eu lieu sans la lutte. Grâce à elle, tous les siècles l’ont vu, tous le verront, et, au jour des manifestations suprêmes, les nations assemblées accueilleront par d’immenses acclamations ce magnifique triomphe de la grâce, que Dieu lui-même couronnera d’une gloire éternelle, en faisant asseoir le vainqueur sur son propre trône (1).

     D’ailleurs, il faut bien remarquer que ce n’est pas Dieu qui a donné au démon son terrible empire sur l’homme, c’est l’homme lui-même. La puissance du démon lui vient de l’excellence de sa nature. Ange, le péché ne lui a rien fait perdre de ses dons naturels, de sa force, ni de son intelligence, ni de son activité prodigieuse. L’empire naturel qu’il a sur nous, il l’exerce avec plus ou moins d’étendue, suivant les conseils divins, et trop souvent suivant la permission que nous-mêmes avons l’imprudence de lui donner. Dans le premier cas, la puissance du démon, comme on le voit par l’exemple de Job et des apôtres (2), est contrebalancée par celle de la grâce, en sorte que la victoire nous est toujours possible et le combat même toujours avantageux.

« Dieu est fidèle, dit saint Paul, et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; il vous fera même profiter de la tentation, afin que vous puissiez persévérer (3). » (I Corinthiens X, 13)

     Dans le second cas, l’homme doit s’en prendre à lui seul de la puissance tyrannique du démon. Ainsi, Adam connaissait beaucoup mieux que nous le monde angélique (3). Au moment de la tentation, il savait parfaitement qu’elle était la redoutable puissance de Lucifer et à quel tyran il se vendait en désobéissant à Dieu. Il possédait d’ailleurs tous les moyens de rester fidèle et en connaissait les motifs. Afin de l’honorer à l’égal des anges, Dieu lui avait donné le libre arbitre. Le Créateur, dont la sagesse avait attaché la béatitude surnaturelle des esprits angéliques à un effort méritoire, était-il obligé de créer l’homme impeccable ou de le couronner sans combat ? Or, malgré les lumières de sa raison, malgré le cri de sa conscience, malgré le secours de la grâce, Adam désobéit à Dieu pour obéir au démon, et il devint son esclave. Dans tout cela, Dieu n’est pour rien. La puissance tyrannique du démon sur le premier homme et le fait du premier homme.

(A suivre…« La Cité du bien et la Cité du mal – 7 »…si Dieu veut)

(1)  « Celui qui aura vaincu, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône ; comme moi j’ai vaincu aussi, et me suis assis avec mon Père sur son trône. » (Apocalypse III, 21)

(2)  « Le Seigneur répondit donc à Satan : « Voilà que tout ce qu’il a est en ta main ; seulement n’étends pas sur lui ta main ». Et Satan sortit de la présence du Seigneur. » (Job I, 12)

  « Le Seigneur dit encore : « Simon, Simon, voilà que Satan vous a demandé pour vous cribler comme le froment. » (St Luc XXII, 31)

René Pellegrini

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