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10/05/2015

La Cité du bien et la Cité du mal - 7

La tentation d’Adam est le type de toutes les autres. Lorsque nous y succombons, nous donnons volontairement prise sur nous à notre ennemi. Dieu n’y est pour rien, si ce n’est pour l’outrage qu’il reçoit de notre injuste préférence (1). Que dis-je ? Dans le mal que l’homme se fait à lui-même en se livrant au démon…


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Fête de Saint Antonin

                            (Archevêque de Florence et confesseur 1459)

 

CHAPITRE VI

 

LA CITE DU BIEN ET LA CITE DU MAL - 7

 

     La tentation d’Adam est le type de toutes les autres. Lorsque nous y succombons, nous donnons volontairement prise sur nous à notre ennemi. Dieu n’y est pour rien, si ce n’est pour l’outrage qu’il reçoit de notre injuste préférence (1). Que dis-je ? Dans le mal que l’homme se fait à lui-même en se livrant au démon, Dieu intervient pour le prévenir et pour le réparer.

     Il le prévient. Afin de mettre Adam et ses fils à l’abri des séductions du tentateur, il les pourvoit de tous les moyens de résistance, et leur annonce clairement les suites inévitables de leur infidélité : si vous désobéissez, vous mourrez, morte moriemini. Adam brave cette menace, ses descendants l’imitent. Le déluge vient venger Dieu outragé, et l’homme s’obstine dans sa révolte. A peine la catastrophe passée, les descendants de Noé tournent le dos au Seigneur et de gaieté de cœur se livrent au culte du démon. Malgré de nouvelles menaces et de nouveaux châtiments, Satan devient le dieu et le roi de ce monde. Ce que firent les pécheurs d’autrefois, nous le voyons faire par les pécheurs d’aujourd’hui. A qui doivent-ils s’en prendre de la formidable puissance du démon et de leur déplorable esclavage ? 

     Je vois un père plein de tendresse et d’expérience qui dit à son fils aîné : Ne me quitte pas. Si tu t’éloignes de moi, tu tomberas dans un abîme au fond duquel est un monstre prêt à te dévorer. Le fils désobéit, tombe dans l’abîme et devient la proie du monstre. L’exemple du frère aîné ne rend pas les autres enfants plus sages et ils tombent dans l’abîme où le monstre les dévore. Est-ce à leur père que ces enfants peuvent imputer leur malheur ? Dans ce père, voyons Dieu ; dans ces enfants indociles, voyons Adam, voyons toutes les générations de pécheurs qui se sont succédées depuis la chute originelle. Blasphème donc que de rendre Dieu responsable de nos chutes et de la puissance tyrannique du démon sur le monde coupable. 

     Il le répare. L’homme s’est à peine vendu, que, pour le racheter, Dieu donne son propre Fils. Régénérant l’homme par son sang, ce Fils adorable devient un second Adam, souche d’un nouveau genre humain, restauré dans tous ses droits perdus. Comme il suffit d’être fils du premier Adam pour être esclave du démon, il suffit, pour cesser de l’être, de devenir fils du second Adam (2). Ainsi, dans la puissance laissée au démon par la sagesse infinie, il ne faut voir que deux choses : la première, une condition de l’épreuve, nécessaire à la conquête du royaume éternel ; la seconde, la grandeur de la récompense, qui sera le fruit d’une victoire si chèrement achetée. Reste à savoir comment on devient fils du second Adam, et si tous peuvent le devenir.

(A suivre… « La Cité du bien et la Cité du mal – 8 »…si Dieu veut)

 - C’est moi qui mets en gras dans le texte.

(1)  Dieu n’est pas l’auteur du mal qui souille, mais du mal qui punit. Cet axiome traduit saint Thomas : Deus est auctor mali poenae, non autem mali culpae. I.p. q.XLVIII, art. 6, corp. 

(2)  Le verset est en latin « Et comme tous meurent en Adam, tous revivront aussi dans le Christ » I Corinthiens XV, 22

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