Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/06/2015

La mort du pécheur - 4

Ce n’est pas encore ce qu’il trouve de plus amer dans le souvenir de ses plaisirs. Ils ont disparu comme un songe ; mais lui, qui s’en était fait autrefois honneur, en est maintenant couvert de honte et de confusion… 


PAGE ACCEUIL SITE03.jpg

Fête de Sainte Clotilde

(Reine de France, épouse de Clovis Vers 545-548)

 

LA MORT DU PECHEUR, ET LA MORT DU JUSTE - 5

« Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur »

(Apocalypse XIV, 13)

PREMIERE PARTIE

 

LA MORT DU PECHEUR - 4

 

     Ce n’est pas encore ce qu’il trouve de plus amer dans le souvenir de ses plaisirs. Ils ont disparu comme un songe ; mais lui, qui s’en était fait autrefois honneur, en est maintenant couvert de honte et de confusion : tant d’emportements honteux, tant de faiblesse et d’abandonnement ! Lui qui s’était piqué de raison, d’élévation, de fierté devant les hommes, ô mon Dieu, il se trouve alors le plus faible, le plus méprisable de tous les pécheurs ! Une vie sage peut-être en apparence, et cependant toute dans l’infamie des sens et de la puérilité des passions ! Une vie glorieuse peut-être devant les hommes, et cependant aux yeux de Dieu la plus honteuse, la plus digne de mépris et d’opprobre ! Une vie que le succès avait peut-être toujours accompagnée, et cependant en secret la plus insensée, la plus frivole, la plus vide de réflexions et de sagesse ! Enfin des plaisirs qui ont été même la source de tous ses chagrins, qui ont empoisonné toute la douceur de sa vie, qui ont changé ses plus beaux jours en des jours de fureur et de tristesse ; des plaisirs qu’il a toujours fallu acheter bien cher, et dont il n’a presque jamais senti que le désagrément et l’amertume : voilà à quoi se réduit cette vaine félicité. Ce sont ses passions qui l’ont fait vivre malheureux ; et il n’y a eu de tranquille dans toute sa vie que les moments ou son cœur en a été libre. Les jours de mes plaisirs se sont enfuis, se dit alors à lui-même le pécheur, mais dans des dispositions bien différentes de celles de Job ; ces jours, qui ont fait tous les malheurs de ma vie, qui ont troublé mon repos, et changé même pour moi le calme de la nuit en des pensées noires et inquiètes : Dies mei transierunt, cogitationes meae dissipatae sunt, torquentes cor meum (Job, XVII, 11) (1) et cependant, grand Dieu, vous punirez encore les chagrins de ma vie infortunée ! Vous écrivez contre moi dans le livre de votre colère toutes les amertumes de mes passions, et vous préparez à des plaisirs qui ont toujours fait tous mes malheurs, un malheur sans fin et sans mesure ! Scribis contra me amaritudines et consumere me vis peccatis adulescentiae meae (Job, XIII, 26) (2) !

(A suivre…« La mort du pécheur – 5 »…si Dieu veut)

(1) « Mes jours sont passées, mes pensées se sont dissipées en tourmentant mon cœur »

(2) « Car vous écrirez contre moi des sentences très rigoureuses, et vous voulez me consumer pour les péchés de ma jeunesse. »

René Pellegrini

Capture05.jpg

Les commentaires sont fermés.