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27/07/2015

La persévérance dans la prière

Voulez-vous que toutes vos prières soient infailliblement efficaces ? Voulez-vous forcer Dieu à satisfaire tous vos désirs ? Je dis d’abord qu’il ne faut jamais se lasser de prier. Ceux qui se relâchent, après avoir prié quelque temps, manquent d’humilité ou de confiance ; et ainsi ils ne méritent pas qu’on les exauce. Il semble que vous prétendiez…


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Fête de Saint Pantaléon(1)

(Martyr 311)

 

LA PERSEVERANCE DANS LA PRIERE

 

     « Voulez-vous que toutes vos prières soient infailliblement efficaces ? Voulez-vous forcer Dieu à satisfaire tous vos désirs ? Je dis d’abord qu’il ne faut jamais se lasser de prier. Ceux qui se relâchent, après avoir prié quelque temps, manquent d’humilité ou de confiance ; et ainsi ils ne méritent pas qu’on les exauce. Il semble que vous prétendiez qu’on obéisse sur l’heure à votre prière, comme si c’était un commandement ; ne savez-vous pas que Dieu résiste aux superbes et qu’il n’a de complaisance que pour les humbles ? Quoi ? Votre orgueil ne saurait-il souffrir qu’on vous fasse revenir plus d’une fois pour la même chose ? C’est avoir bien peu de confiance en la bonté de Dieu que d’en désespérer si tôt, que de prendre les moindres délais pour des refus absolus.

     Quand on a véritablement conçu jusqu’où s’étend la bonté de Dieu, on ne se croit jamais rebuté, on ne saurait croire qu’il veuille nous ôter toute espérance. Pour moi, j’avoue que plus je vois que Dieu me fait demander une même grâce, plus je sens croître en moi l’espérance de l’obtenir ; je ne crois jamais que ma prière est rejetée, que quand je m’aperçois que j’ai cessé de prier ; lorsque, après un an de sollicitations, je me trouve autant de ferveur que j’en avais au commencement, je ne doute plus de l’accomplissement de mes désirs ; et bien loin de perdre courage après tant de délais, je crois avoir lieu de me réjouir, parce que je suis persuadé que je serai d’autant plus pleinement satisfait qu’on m’aura laissé prier plus longtemps. Si mes premières instances avaient été entièrement inutiles, je n’aurais pas si souvent réitéré les mêmes vœux, mon espérance ne se serait pas soutenu ; puisque mon assiduité n’a pas cessé, c’est une raison pour moi de croire que j’en serai payé libéralement.

     En effet, la conversion d’Augustin ne fut accordée à sainte Monique qu’après seize ans de larmes ; mais aussi ce fut une conversion entière, une conversion incomparablement plus parfaite qu’elle ne l’avait demandée. Tous ses désirs se terminaient à voir l’incontinence de ce jeune homme réduite dans les bornes du mariage, et elle eut le plaisir de lui voir embrasser les conseils les plus relevés de la chasteté évangélique. Elle avait seulement souhaité qu’il fût baptisé, qu’il fût chrétien, et elle le vit élevé au sacerdoce, à la dignité d’évêque.

     Enfin, elle ne demandait à Dieu que de le voir sortir de l’hérésie, et Dieu en fit la colonne de son Eglise et le fléau des hérétiques de son temps. Si, après un ou deux ans de prières, cette pieuse mère se fut rebutée, si, après dix ou douze ans, voyant que le mal croissait tous les jours, que ce malheureux fils s’engageait encore en de nouvelles erreurs, en de nouvelles débauches, qu’à l’impureté il avait ajouté l’avarice et l’ambition ; si alors elle eût tout abandonné par désespoir, quelle aurait été son illusion ! Quel tort n’aura-elle pas fait à son fils ? De quelle consolation ne se serait-elle pas privée elle-même ! De quel trésor n’aurait-elle pas frustré son siècle et tous les siècles à venir !

Extrait de : L’abandon confiant à la Providence divine

(Bienheureux Père de la Colombière) 

(1) Il était de la ville de Nicomédie (Izmit) province de Bithynie en Asie mineure. Après bien des tourments il fut décapité, aux jours de l’empereur Maximien.

René Pellegrini

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