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14/08/2015

Les moyens de Dieu pour le salut - 2

Quelle est cette foi qui, chez les Juifs, antérieurement à la circoncision, et chez les Gentils, jusqu’à l’Evangile, suffisait pour incorporer les hommes au second Adam ? Elle consistait essentiellement dans la croyance plus ou moins explicite d’un vrai Dieu, rédempteur du monde… 


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Fête de Saint Eusèbe

(Prêtre et confesseur 4e siècle)

 

CHAPITRE VII

 

LES MOYENS DE DIEU POUR LE SALUT – 2

 

     Quelle est cette foi qui, chez les Juifs, antérieurement à la circoncision, et chez les Gentils, jusqu’à l’Evangile, suffisait pour incorporer les hommes au second Adam ? Elle consistait essentiellement dans la croyance plus ou moins explicite d’un vrai Dieu, rédempteur du monde : croyance manifestée par un signe extérieur, sacrifice, bénédiction, prière (1). Or, qui pourrait prouver que cette foi imparfaite, Dieu ne l’avait pas conservée chez les païens au degré suffisant pour le salut ? En ce qui regarde l’existence d’un seul Dieu : « Jamais, dit saint Augustin, les nations ne sont tombés si bas dans l’idolâtrie qu’elles aient perdu la notion d’un seul vrai Dieu créateur de toutes choses. » (2).

     Quant au Dieu rédempteur, Notre-Seigneur n’est-il pas appelé le Désiré de toutes les nations(3) ? On ne désire pas ce qu’on ne connaît pas et ce dont on n’a pas besoin. Avec la conscience de leur chute, toutes les nations de l’ancien monde, les Gentils aussi bien que les Juifs, avaient donc la foi au Rédempteur futur.

     Sur cette consolante vérité, écoutons l’incomparable saint Thomas. Après avoir rappelé que Dieu veut le salut de tous les hommes, il ajoute :

« Or, la condition nécessaire du salut, c’est l’Incarnation du Verbe. Il a donc fallu que le mystère de l’Incarnation fût connu de quelque manière dans tous les temps et par tous les hommes. Cette connaissance, toutefois, a varié suivant les temps et les personnes. Avant de pécher, Adam eut la foi explicite du mystère de l’Incarnation, en tant que destiné à la consommation de la gloire éternelle, mais non en tant que destiné à la délivrance du péché par la passion du Rédempteur. Après le péché, le mystère fut cru d’une foi explicite, non-seulement quant à l’Incarnation du Verbe, mais encore quant à la passion et à la résurrection, qui devaient délivrer l’homme du péché et de la mort. Autrement les hommes n’auraient pas figuré d’avance la passion de Jésus-Christ par des sacrifices, soit avant, soit après Moïse. Les plus instruits connaissaient parfaitement la signification de ces sacrifices. Les autres, croyant ces sacrifices institués de Dieu lui-même, avaient par leur moyen une connaissance voilée du Rédempteur futur. Plus obscure dans les temps reculés, cette connaissance devint plus claire à mesure que le Messie approchait. »

«  S’agit-il des païens ? La révélation du mystère de l’Incarnation fut faite à un grand nombre. Témoin, entre autres, Job, qui dit : Je sais que mon Rédempteur est vivant. Témoin la sybille citée par saint Augustin. Témoin cet antique tombeau romain, découvert sous le règne de Constantin et de l’impératrice Irène, dans lequel on trouva un homme, ayant une lame d’or sur la poitrine avec cette inscription : Le Christ naîtra d’une vierge, et moi je crois en lui. O Soleil, tu me reverras sous le règne de Constantin et d’Irène. S’il en est qui furent sauvés sans cette révélation, ils ne le furent cependant pas sans la foi du Médiateur. Sans doute ils n’eurent pas la foi explicite, mais ils eurent la foi implicite en la divine Providence, croyant que Dieu était le libérateur

des hommes, par des moyens à lui connus et manifestés à ceux que son esprit avait daigné en instruire. » (4)

(A suivre…« Les moyens de Dieu pour le salut - 3 »…si Dieu veut)

- Les italiques sont dans le texte.

(1) Texte en latin (S,Th., 1e 2e, p. clxxiv, art.6, corp.)    

(2) Contre Fauste, Lib. XX, n.19

(3) Texte biblique en latin (Aggée II, 8)

(4) Texte en latin, avec deux textes bibliques en note : Actes IV, 12 et Job XXXV, 11 

René Pellegrini

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