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19/09/2015

Les moyens de Dieu pour le salut - 3

De plus, on trouve, à toutes les époques et sous tous les climats, l’usage des sacrifices, des purifications, des adorations, des prières, conservés chez les peuples païens comme chez les Juifs. Qui pourrait affirmer qu’aucun de ces actes, manifestation d’une foi quelconque, n’avait dans aucune circonstance un rapport plus ou moins compris, avec l’expiation du péché en général…


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Fête de Saint Janvier (1)

(Evêque et martyr 305)

 

CHAPITRE VII

 

LES MOYENS DE DIEU POUR LE SALUT – 3

     De plus, on trouve, à toutes les époques et sous tous les climats, l’usage des sacrifices, des purifications, des adorations, des prières, conservés chez les peuples païens comme chez les Juifs. Qui pourrait affirmer qu’aucun de ces actes, manifestation d’une foi quelconque, n’avait dans aucune circonstance un rapport plus ou moins compris, avec l’expiation du péché en général, et du péché originel en particulier ? N’est-il pas écrit du centurion Corneille encore païen, que ses prières et ses aumônes étaient agréables à Dieu (2) ? Parlant aux païens de son temps, ensevelis dans la plus grossière idolâtrie, Tertullien ne leur dit-il pas :

« Dans la prospérités vous arrêtez vos regards au Capitole ; mais dans l’adversité, vous les élevez vers le ciel, où vous savez que réside le vrai Dieu ? »

     Fallait-il même d’une nécessité invariablement absolue, que l’enfant fut né pour bénéficier de la foi de ses parents ? « Il est vrai, répond un grand théologien, on ne lit nulle part que des sacrifices aient été offerts ou reçus, pour les enfants encore dans le sein maternel. Ainsi, en vertu d’un ordre providentiel, légalement établi, nul enfant, avant de naître, n’a jamais obtenu par des sacrifices extérieurs la rémission du péché originel. Plusieurs ont reçu cette grâce par un privilège spécial, comme Jérémie et saint Jean-Baptiste. Toutefois, on ne doit désapprouver ni les prières, ni les vœux, ni les bonnes œuvres extérieures des parents, pour leurs enfants nés ou à naître, et qui se trouvent en danger de mort ; car Dieu n’a pas enchaîné sa toute-puissance aux sacrements. Ils peuvent donc prier, afin qu’il daigne dans son infinie miséricorde les conduire au baptême, ou leur remettre le péché originel. Alors Dieu, qui est infiniment bon, pourra les sauver. Ce sera, non en vertu d’une loi, mais uniquement par grâce. Aussi, à moins d’une révélation, il ne faut pas affirmer qu’ils sont sauvés, et leur corps ne doit pas être enseveli en terre sainte (3). »

     Jusqu’où s’étendait et jusqu’où s’étend encore cette possibilité du salut pour les enfants en question, comme pour les autres, par les prières, les bonnes œuvres, les sacrifices, la foi, en un mot, des parents même idolâtres ? Ici encore qui peut répondre ? Tous ces doutes et d’autres encore qui peuvent, sans blesser l’enseignement catholique, être résolus dans le sens de la miséricorde, permettent de diminuer, peut-être infiniment plus qu’on ne pense, le nombre de sujets, et surtout les victimes éternelles du Mauvais Esprit. Si elle en avait besoin, cela seul suffirait pour justifier, aux yeux de tout homme impartial, l’infinie sagesse et l’infinie bonté de l’éternel amateur des âmes, surtout des âmes des enfants (4)

     Quant aux adultes, nés dans l’ancien paganisme ? Egyptiens, Assyriens, Perses, Grecs, Romains, Gaulois, tous avaient, pour se soustraire à l’empire de Satan, la connaissance essentielle de la loi primitive (5) ; la grâce pour l’accomplir ou pour se repentir de l’avoir violée, enfin, le baptême de désir : ce qui suffit au salut. Ecoutons encore saint Thomas. Prenant l’exemple le plus décisif, celui d’un sauvage né au milieu des forêts, et qui n’a jamais entendu parler du baptême, le grand docteur enseigne une doctrine suivie de toute l’école. Il dit que :

« Si, au moment où sa raison s’éveille, ce sauvage se porte vers une fin honnête, Dieu lui donne la grâce, et le péché originel est effacé. S’il ne persévère pas, il lui reste le repentir, en sorte que, dans l’une et dans l’autre hypothèse, ce pauvre sauvage, le dernier des êtres humains, ne sera pas damné, si ce n’est par sa faute (6). »

(A suivre…« Les moyens de Dieu pour le salut – 4 »…si Dieu veut)

- Les italiques sont dans le texte.

(1) Ayant refusé d’adorer de faux dieux, il fut décapité pendant la persécution de Dioclétien et Maximien.

(2) Le texte biblique, avec référence,  est en latin.

« Corneille, ta prière a été exaucée, et tes aumônes ont été en souvenir devant Dieu. » (Actes X, 31)

(3) Le texte de Viguier est aussi en latin, C. XV, ­p. 457-458

(4) Les deux textes, avec références, sont en latin :

« Mais vous êtes indulgents avec tous, parce que tout est à vous, Seigneur, qui aimez les âmes. » (Sagesse XI,27)

« (…) Laissez ces petits enfants venir à moi, et ne les empêchez point ; car à de tels est le royaume de Dieu. » (St Marc X, 14)

(5) Opinions de quelques théologiens sur le salut des enfants morts sans baptême (Cajetan, Gerson, Knoll) 

(6) Textes en français et latin, cités par Viguier, Institutiones, c. XVI, p. 483

René Pellegrini

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