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13/10/2015

La mort du pécheur - 5

     Et voilà ce que le pécheur mourant trouve encore dans le souvenir du passé : des crimes qui dureront éternellement, les faiblesses de l’enfance, les dissolutions de la jeunesse, les passions et les scandales d’un âge plus avancé ; que sais-je ? Peut-être encore les dérèglements honteux d’une vieillesse licencieuse. Ah ! Mes frères, durant la santé nous ne voyons de notre conscience que la surface : nous ne rappelons de notre vie qu’un souvenir vague et confus ; nous ne voyons de nos passions que celle…


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Fête de Saint Edouard le Confesseur

 

(Roi d’Angleterre  1066)

 

LA MORT DU PECHEUR, ET LA MORT DU JUSTE - 6

« Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur »

(Apocalypse XIV, 13)

PREMIERE PARTIE

 

LA MORT DU PECHEUR – 5

 

     Et voilà ce que le pécheur mourant trouve encore dans le souvenir du passé : des crimes qui dureront éternellement, les faiblesses de l’enfance, les dissolutions de la jeunesse, les passions et les scandales d’un âge plus avancé ; que sais-je ? Peut-être encore les dérèglements honteux d’une vieillesse licencieuse. Ah ! Mes frères, durant la santé nous ne voyons de notre conscience que la surface : nous ne rappelons de notre vie qu’un souvenir vague et confus ; nous ne voyons de nos passions que celle qui actuellement nous captive : une habitude d’une vie entière ne nous paraît qu’un crime seul ; mais au lit de la mort, les ténèbres répandues sur la conscience du pécheur se dissipent. Plus il approfondit son cœur, plus de nouvelles souillures se manifestent ; plus il creuse dans cet abîme, plus s’offrent à lui de nouveaux monstres. Il se perd dans ce chaos : il ne sait par où s’y prendre pour commencer à l’éclaircir ; il lui faudrait une vie entière, hélas ! et le temps passe : et à peine reste-t-il quelques moments, et il faut précipiter une confession à laquelle le plus grand loisir pourrait à peine suffire, et qui ne doit précéder que d’un moment le jugement redoutable de la justice de Dieu. Hélas ! on se plaint souvent durant la vie qu’on a la mémoire infidèle, qu’on oublie tout : il faut qu’un confesseur supplée à notre inattention, et nous aide à nous juger et à nous connaître nous-mêmes. Mais dans ce dernier moment, le pécheur mourant n’aura pas besoin de ce secours ; la justice de Dieu, qui l’avait livré durant la santé à toute la profondeur de ses ténèbres, l’éclairera alors dans sa colère. Tout ce qui environne le lit de sa mort fait revivre dans son souvenir quelque nouveau crime : des domestiques qu’il a scandalisés, des enfants qu’il a négligés, une épouse qu’il a contristée par des passions étrangères ; des ministres de l’Eglise qu’il a méprisés ; les images criminelles de ses passions encore peinte sur ces murs ; les biens dont il a abusé, le luxe qui l’entoure, dont les pauvres et ses créanciers ont souffert ; l’orgueil de ses édifices, que le bien de la veuve et de l’orphelin, que la misère publique a peut-être élevés ; tout enfin, le ciel et la terre, dit Job, s’élèvent contre lui, et lui rappellent l’histoire affreuse de ses passions et de ses crimes : Revelabunt coeli iniquitatem ejus, et terra consurget adversus eum(Job XX, 27) (1)

   Voilà comme le souvenir du passé forme une des plus terribles situations du pécheur mourant, parce qu’il n’y trouve que des peines perdues, des plaisirs qui n’ont duré qu’un instant, et des crimes qui vont durer éternellement.

(A suivre…« La mort du pécheur – 6 : Ses surprises »…si Dieu veut)

(1) « Les cieux révéleront son iniquité, et la terre s’élèvera contre lui. » 

René Pellegrini

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