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30/11/2015

Le Roi de la Cité du bien

L’ordre visible n’est que le reflet de l’ordre invisible. Dans les gouvernements de la terre, l’ordre se compose essentiellement d’une autorité suprême et d’autorités subalternes, chargées d’exécuter les volontés de la première. Nulle société ne peut se concevoir sans ces deux éléments : de même en est-il de la Cité du bien et de la Cité du mal. Dans l’une comme dans l’autre, le gouvernement se compose d’un roi, et de ministres de puissance inégale soumis à ses ordres. Or, ainsi que nous l’avons indiqué, le Roi de la Cité du bien, c’est le SAINT-ESPRIT…


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Fête de Saint André (1)

(Apôtre de Jésus-Christ et martyr 62)

 

CHAPITRE VIII

 

LE ROI DE LA CITE DU BIEN 

 

   Articulation de ce chapitre :

     - Le Saint-Esprit, roi de la Cité du bien : Pourquoi ?

     - Réponse de la théologie.

     - Différents noms du roi de la Cité du Bien : Saint-Esprit, Don, Onction, Doigt de Dieu, Paraclet.

     - Explication détaillée de chacun de ces noms.

     L’ordre visible n’est que le reflet de l’ordre invisible. Dans les gouvernements de la terre, l’ordre se compose essentiellement d’une autorité suprême et d’autorités subalternes, chargées d’exécuter les volontés de la première. Nulle société ne peut se concevoir sans ces deux éléments : de même en est-il de la Cité du bien et de la Cité du mal. Dans l’une comme dans l’autre, le gouvernement se compose d’un roi, et de ministres de puissance inégale soumis à ses ordres. Or, ainsi que nous l’avons indiqué, le Roi de la Cité du bien, c’est le SAINT-ESPRIT.

     Pourquoi attribue-t-on au Saint-Esprit, et non au Fils ou au Père, la glorieuse royauté de la Cité du bien ? La théologie catholique répond :

« Quoique toutes les œuvres extérieures de la Sainte Trinité, opera ad extra, soient communes aux trois personnes, cependant, par appropriation, la langue divine attribue au Saint-Esprit les œuvres, où l’amour de Dieu se manifeste avec un éclat plus marqué. Ainsi, la puissance est attribuée au Père, la sagesse au Fils, la bonté au Saint-Esprit. Toutefois, dans ces trois personnes, la puissance, la sagesse, la bonté est une et indivisible : comme est une et indivisible, la divinité, l’essence et la nature (2)

     La Cité du bien étant la plus magnifique création de l’amour de Dieu, c’est à juste titre que la royauté en est attribuée au Saint-Esprit, amour consubstantiel du Fils et du Père. Le fondement ou, comme parle l’Ecriture, la pierre angulaire de cette Cité, est le Verbe incarné. Or, le Verbe incarné est l’œuvre du Saint-Esprit. Avec sa profondeur ordinaire, l’Ange de l’école montre l’exactitude de ce langage.

« La conception du corps de Jésus-Christ, dit le grand docteur, est sans doute l’œuvre de toute la Trinité. Néanmoins, elle est attribuée au Saint-Esprit, et cela pour trois raisons. La première parce que cela convient à la cause de l’Incarnation, envisagée du côté de Dieu. En effet, le Saint-Esprit est l’amour du Père et du Fils. Or, c’est un effet de l’immense amour de Dieu, que le Verbe se soit revêtu de chair dans le sein d’une Vierge. De là, le mot de saint Jean :

« Dieu a aimé le monde, au point de lui donner son Fils Unique. »

« La seconde, parce que cela convient à la cause de l’Incarnation, envisagée du côté de la nature humaine. On comprend par-là que la nature humaine a été prise par le Verbe et unie à sa personne divine, sans aucun mérite de sa part ; mais uniquement par un effet de la grâce qui est attribuée au Saint-Esprit, suivant le mot de l’Apôtre :

« Les grâces sont diverses, mais elles viennent du même Esprit. »

« La troisième, parce que cela convient au but de l’incarnation. En effet, le but de l’Incarnation était que l’homme qui allait être conçu fut saint et Fils de Dieu. Or, la sainteté et la filiation divine sont attribuées au Saint-Esprit. D’abord, c’est par lui que les hommes deviennent fils de Dieu, comme l’enseigne l’apôtre saint Paul aux Galates :

« Parce que vous êtes fils de Dieu, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans vos cœurs, criant : Salut, Père. » (Galates IV, 6) (3)

Ensuite, il est l’Esprit de sanctification, comme le même apôtre l’écrit aux Romains. Ainsi, de même que c’est par le Saint-Esprit que les autres hommes sont sanctifiés spirituellement, afin d’être les fils adoptifs de Dieu ; de même le Christ, l’homme par excellence, le nouvel Adam, a été conçu dans la sainteté, par le Saint-Esprit, afin d’être le Fils naturel de Dieu.

    « Tel est l’enseignement de l’Apôtre. En parlant de Notre-Seigneur, il dit : « Qui a été prédestiné Fils de Dieu en puissance ; puis, il ajoute immédiatement : Suivant l’Esprit sanctificateur ; (Romains I, 4) (4) c’est-à-dire parce qu’il a été conçu du Saint-Esprit. Enfin l’archange, annonçant l’effet de cette promesse : Le Saint-Esprit surviendra en vous, conclut : C’est pourquoi l’être saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. » (St Luc I, 35) (5)

     Roi de la Cité du bien, parce qu’il en a formé la base vivante, le Saint-Esprit l’est encore parce qu’il en est l’âme et la vie. En circulant dans toutes les parties de ce grand corps, comme le sang circule dans nos veines et la lumière dans l’air, sa charité l’inspire, sa sagesse le régit, sa beauté l’embellit, sa puissance le protège (3). Afin de connaître la nature et le mode de ces communications divines, en d’autres termes, le gouvernement du roi de la Cité du bien, approchons avec un respect mêlé d’amour du trône où il est assis, et voyons quel en est en lui-même ce divin Roi. Le connaître est tout ce qu’il y a de plus capable de nous faire désirer de vivre sous son empire.

(A suivre…« Les noms du Roi de la Cité du bien - 1 »…si Dieu veut)

(1) Il était le frère aîné de Saint Pierre. Ayant refusé de sacrifier aux faux dieux, le Proconsul Egée le fit fouetter. Il consomma son martyr en étant attaché à une croix avec des cordes.

(2) Le texte est aussi en latin. Conc. Vaur., c.1, an 1368.

(3 et 4) Les références bibliques n’étaient pas données, seulement les textes)

(5) Somme Théologique, p. III, q. XXXII, art. 1, corp. – La référence biblique n’était pas donnée, seulement le texte.

René Pellegrini

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