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12/12/2015

Le remède contre le modernisme - 2

     Dans la secte moderniste et conciliaire, saint Thomas d’Aquin n’est pas mis en doute sur la qualité de son enseignement. Ce qui fait problème, et constitue le problème fondamental, c’est de définir en quoi consiste cet enseignement philosophique comme le constatait le Cardinal Villeneuve à son époque… 


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Fête de Saint Epimaque et Saint Alexandre (1)

(Martyrs  vers 250-251)

 

LES 24 THESES THOMISTES - 4

 

LE REMEDE CONTRE LE MODERNISME - 2

 

     Dans la secte moderniste et conciliaire, saint Thomas d’Aquin n’est pas mis en doute sur la qualité de son enseignement. Ce qui fait problème, et constitue le problème fondamental, c’est de définir en quoi consiste cet enseignement philosophique comme le constatait le Cardinal Villeneuve à son époque :

     « Bien des auteurs, depuis Léon XIII, se sont efforcés non pas de se mettre d’accord avec saint Thomas, mais de le mettre, lui, d’accord avec leur propre enseignement. Dès lors on voulut tirer des écrits du Docteur commun les conséquences les plus opposées. D’où une incroyable confusion au sujet de sa doctrine, qui finissait par apparaître aux étudiants comme un amas de contradictions. Rien de plus injurieux que ce procédé pour celui dont Léon XIII a écrit : « La raison ne semble guère pouvoir s’élever plus haut. » On a été conduit dès lors à dire que tous les points sur lesquels les philosophes catholiques ne sont pas unanimes, deviennent douteux. Finalement on a conclu pour faire l’honneur à saint Thomas de n’être contredit par personne, qu’il fallait restreindre sa doctrine à ce sur quoi tous les penseurs catholiques s’entendent. Ce qui se réduit ou à peu près à ce qui a été défini par l’Eglise et qu’il faut tenir pour la foi.

     Mais réduire ainsi la doctrine thomiste à un ensemble amorphe et sans vertèbres logiques de banales vérités, de postulats non analysés, non organisés par la raison, c’est cultiver un traditionalisme (2) morne, sans substance et sans vie et aboutir, sinon d’une façon théorique et consciente, au moins en pratique, à un fidéisme (3) vécu in actu exercito. De là le peu d’intérêt vigilant, le peu de réaction que provoquent les thèses les plus invraisemblables, en tout cas les plus antithomistes de leur nature même.

     Une fois que le critère de la vérité se trouve pratiquement et de fait dans le nombre des auteurs cités pour et contre, cela dans le domaine où la raison peut et doit parvenir à l’évidence intrinsèque par recours aux principes premiers, c’est l’atrophie de la raison qui en résulte, son engourdissement, son abdication. L’homme en vient à se dispenser du regard de l’esprit ; toutes les assertions restent sur le même plan, celui d’une persuasion neutre, qui vient de la rumeur commune (….) On pourra mettre cette abdication sur le compte d’une louable humilité ; de fait elle engendre le scepticisme philosophique de quelques uns, le scepticisme vécu de beaucoup d’autres dans les milieux où règne un mysticisme de sensibilité et une creuse piété » (Revue de l’Université d’Ottawa, octobre/décembre 1936)

     Face à ces attitudes disparates sur l’enseignement de saint Thomas, au sein de l’Eglise catholique, le problème est donc : quel est l’enseignement philosophique indispensable pour mener le combat antimoderniste, l’enseignement philosophique de saint Thomas à prendre en considération ? Saint Pie X n’a pas laissé les catholiques dans le doute, le 27 juillet 1914 il approuva le décret de la Sacré Congrégation des études résumant les points fondamentaux des XXIV thèses thomistes.

      Cet ordre provenant du Magistère ordinaire (infaillible comme le Magistère extraordinaire) fut inséré dans le Code de Droit canonique promulgué en 1917 par Benoît XV, dans le canon 1366 § 2

     « Que les professeurs poursuivent les études de philosophie rationnelle et de théologie et l’instruction dans ces disciplines, en tout point selon la raison, la doctrine et les principes du Docteur Angélique et s’y tiennent saintement »

     C’est donc à l’étude des XXIV thèses de saint Thomas d’Aquin que l’Eglise convient les catholiques. 

(A suivre… « Les XXIV Thèses thomistes pour combattre l’esprit moderniste et révolutionnaire »…si Dieu veut)

René Pellegrini

(1)  Ayant refusé de sacrifier aux idoles ils furent chargés de fers et brûlés à la chaux, sous l’empire de Décius.

(2) Le traditionalisme dont il est fait mention est celui condamné par Grégoire XVI dont la doctrine était caractérisée par le rejet absolu de toute intervention de l’intelligence dans la doctrine catholique (opposition entre foi et raison). Il ne faut pas le confondre avec les traditionalistes dont parle saint Pie X, qui sont parfaitement orthodoxes, lorsqu’il dit dans sa Lettre Encyclique Notre charge apostolique – Lettre sur le Sillon « (….) car les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires ni novateurs, mais traditionalistes » (25 août 1910) 

(3) Le fidéisme est une doctrine religieuse condamnée par l’Eglise catholique. Elle prétend que la foi est le seul critérium de certitude. Elle dénie donc à la raison de parvenir, par la connaissance naturelle, à la certitude de l’existence de Dieu. Or la raison précède la foi et elle doit nous y conduire. Foi et raison viennent toutes les deux de Dieu.

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