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11/01/2016

Les noms du Roi de la Cité du Bien - 1 : Saint-Esprit

Connaître un être, c’est savoir son nom. Qui nous dira les noms propres du Roi de la Cité du bien ? Lui seul ; car l’Être infini peut seul se nommer. Or, il s’appelle : Saint-Esprit. Don, Onction, Doigt de Dieu, Paraclet. Que la plus vaste intelligence créée prenne ces noms divins dans leur signification la plus haute, et se souvienne que, malgré tous ses efforts…


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Fête de Saint Théodose le Cénobiarque

(Abbé et Confesseur  529)

CHAPITRE VIII

 

LES NOMS DU ROI DE LA CITE DU BIEN – 1 : SAINT-ESPRIT

 

   Connaître un être, c’est savoir son nom. Qui nous dira les noms propres du Roi de la Cité du bien ? Lui seul ; car l’Être infini peut seul se nommer. Or, il s’appelle : Saint-Esprit. Don, Onction, Doigt de Dieu, Paraclet. Que la plus vaste intelligence créée prenne ces noms divins dans leur signification la plus haute, et se souvienne que, malgré tous ses efforts, elle restera toujours infiniment au-dessus des sublimes réalités qu’ils expriment. Tel est son devoir en étudiant l’INEFFABLE.

     Il s’appelle Saint-Esprit, Spiritus sanctus

     Esprit. Les deux autres personnes divines, le Père et le Fils, sont aussi des Esprits saints. Tous les anges du ciel et toutes les âmes bienheureuses le sont également. Pourquoi donc attribuer à un seul le nom commun à plusieurs ?

« Il est vrai, répond Saint Thomas, la Trinité, dans sa nature et dans ses personnes, est Saint-Esprit. Néanmoins, comme la première personne à un nom propre, qui est celui de Père ; et la seconde, celui de Fils, on a laissé à la troisième le nom de Saint-Esprit, pour la distinguer des deux autres et pour faire entendre la nature de ses opérations. Ce nom la distingue : car il désigne la personne divine qui procède par voie d’amour. Il indique la nature de ses opérations : car, dans les choses corporelles, le mot Esprit signifie une certaine impulsion. De là vient que nous appelons esprit, le souffle et le vent. Or, le propre de l’amour est de pousser la volonté de celui qui aime vers l’objet aimé, et la sainteté s’attribue aux choses qui tendent à Dieu. C’est donc avec une grande justesse de langage, qu’on appelle Saint-Esprit, la troisième personne de la Trinité, qui procède par voie d’amour, amour par lequel nous aimons Dieu (1). »

    Il est vrai encore que les anges et les âmes béatifiées sont des esprits saints ; mais, étant de pures créatures, ils ne sont saints que par grâce, tandis que le Saint-Esprit est saint par nature et la sainteté même. C’est donc encore très justement qu’on l’appelle par excellence le Saint-Esprit. Comme celui du Père et du Fils, le nom du Saint-Esprit vient, nom pas des hommes, mais de Dieu lui-même. Nous en devons la connaissance à l’Ecriture qui le répète plus de trois cents fois, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament.

     Saint. Saint veut dire pur, exempt de mélange (2). Le Roi de la Cité du bien est appelé saint, parce qu’il est l’être proprement dit ; l’être pur de tout mélange et la source de toute pureté. Ce qu’est l’Océan à la pluie qui féconde la terre, et aux rosées qui la rafraîchissent, le Saint-Esprit l’est à la sainteté, et plus encore. Il n’en est pas seulement le réservoir inépuisable, il en est le principe éternel et éternellement fécond.

     Or, c’est une vérité de l’ordre moral comme de l’ordre matériel, que la cause du mal, par conséquent, de la honte et de la douleur, c’est le mélange, le dualisme, ou, pour dire le mot, l’im-pureté. En se communiquant aux créatures, que fait l’Esprit de sainteté ? Il élimine les éléments étrangers qui les déshonorent et les font souffrir. Plus cette communication est abondance, plus les créatures se simplifient. Plus elles se simplifient, plus elles se perfectionnent ; car plus elles se rapprochent de leur pureté native, et de la pureté ineffable de leur Créateur et de leur modèle. Mais plus elles se perfectionnent, plus elles deviennent belles et heureuses. De ces notions, fondées sur l’essence même des choses, il résulte que la sainteté est le principe unique de la beauté et du bonheur. Puisque le Roi de la Cité du bien est la sainteté même, on peut juger s’il est glorieux, s’il est doux de vivre sous ses lois.

     Les créatures matérielles elles-mêmes nous révèlent quelques-unes des richesses renfermées dans ce nom mystérieux du Saint-Esprit. On peut dire que de tous les éléments le souffle ou le vent est le plus nécessaire. C’est par lui que vit tout ce qui respire. Il est le plus fort ; nous l’avons vu déraciner, en moins de sept minutes, cent mille pieds d’arbres séculaires sur une distance de trois lieues (3). Chaque jour les navigateurs le voient mettre à nu les abîmes de la mer, en soulevant jusqu’aux nues la pesante masse de leurs eaux. Il est le plus caressant ; qui n’a pas appelé avec ardeur son action bienfaisante au milieu des brûlantes chaleurs de l’été, et ne l’a pas sentie avec délices ? Il est le plus indépendant, le plus utile, le plus mystérieux. Le vent est le principe toujours actif qui purifie nos villes, nos campagnes et nos demeures : nul ne peut l’enchaîner. Il est le véhicule de la parole, et par elle le lien nécessaire de la société.

     Dans un ordre plus élevé, c’est-à-dire plus réel, le Saint-Esprit est tout cela. Il est vie, il est force, il est douceur, il est purificateur, il est lien universel. En lui tout est un ; et, bien qu’habitant le ciel, la terre et le purgatoire, l’immense Cité dont il est roi ne forme qu’un même corps, obéissant à la même impulsion. De là vient que saint Cyprien l’appelle l’âme du monde.

     « Ce divin Esprit, dit le glorieux martyr, âme de tout ce qui est, rempli tellement les êtres de son abondance, que les créatures inintelligentes, en reçoivent, chacune dans son genre, et l’existence et les moyens d’agir conformément à leur nature. Ce n’est pas qu’il soit lui-même substantiellement l’âme de chacune d’elles, et qu’il demeure substantiellement en elles ; mais, distributeur magnifique de sa plénitude, il communique à chaque créature et lui rend propres ses divines influences : semblable au soleil, qui donne la chaleur et la vie à toute la nature sans diminution ni épuisement (4). »

(A suivre… « Les noms du Roi de la Cité du bien – 2 : Don »…si Dieu veut)

- Les italiques sont dans le texte

(1) Somme théologique, I pars, q. XXXVI, art. 1, corp.

(2) En grec άγιoς (agios), quasi sine terra, dit S. Thomas, Iia, IIae, q. LXXXI, art.8, corp.

(3) Fuans (Doubs), 11 juillet 1855.

(4) le texte est en français et latin. (Sermon de Pentecôte)

René Pellegrini

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