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16/02/2016

Les noms du Roi de la Cité du bien - 2 : Don

Il s’appelle DON. Tel est le nom propre, le vrai nom du Roi de la Cité du bien. Qui en dira les incompréhensibles richesses ? Le don est ce qu’on donne sans intention de retour : ce qui emporte l’idée de donation gratuite. Or, la raison d’une donation gratuite, c’est l’amour : nous ne donnons gratuitement une chose à quelqu’un que parce…


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Fête du Bienheureux Grégoire X

(Pape 1276)

 

CHAPITRE VIII

 

LES NOMS DU ROI DE LA CITE DU BIEN – 2 : DON

 

     Il s’appelle DON. Tel est le nom propre, le vrai nom du Roi de la Cité du bien. Qui en dira les incompréhensibles richesses ? Le don est ce qu’on donne sans intention de retour : ce qui emporte l’idée de donation gratuite. Or, la raison d’une donation gratuite, c’est l’amour : nous ne donnons gratuitement une chose à quelqu’un que parce que nous lui voulons du bien. Ainsi, la première chose que nous lui donnons, c’est notre amour. D’où il suit manifestement que l’amour est le premier don, puisque c’est par lui que nous donnons gratuitement tout le reste.

     Il suit encore que le Saint-Esprit, étant l’amour même, est le premier de tous les dons, la source de tous les dons, le don par excellence. A nul autre ne convient, comme à lui, ce nom adorable, et il lui convient tellement, qu’il est son nom personnel. Qu’on ne croit pas du reste, que ce nom implique dans le Saint-Esprit une infériorité quelconque à l’égard du Père et du Fils : le penser serait une hérésie, le dire un blasphème. Il indique seulement la relation d’origine du Saint-Esprit, dans ses rapports avec le Père et le Fils qui nous le donnent. Mais ce don est le Saint-Esprit lui-même, et le don est égal au donateur, éternel, infini, tout-puissant, Dieu, en un mot, comme lui (1).

     « Lors donc, dit saint Augustin, que nous entendons appeler le Saint-Esprit don de Dieu, nous devons nous souvenir que cette expression ressemble à cette autre de l’Ecriture, Notre corps de chair. De même que le corps de chair n’est autre que la chair ; ainsi le don du Saint-Esprit, c’est le Saint-Esprit lui-même. Il est don de Dieu seulement en tant qu’il nous est donné. Mais, parce que le Père et le Fils le donnent, que lui-même se donne, il n’est point inférieur à eux ; car il est donné comme le don d’un Dieu, et lui-même se donne comme Dieu. Nul, en effet, ne peut dire qu’il n’est pas maître de lui-même et parfaitement indépendant, puisqu’il est écrit de lui : L’esprit souffle où il veut. (2) L’apôtre ajoute : Toutes ces choses, c’est le seul et même esprit qui les fait, distribuent ses faveurs à chacun comme il l’entend. (3) En tout cela il ne faut donc voir ni infériorité dans celui qui est donné, ni supériorité dans ceux qui donnent, mais l’ineffable concorde du donné et des donateurs (4).

     Ainsi, amour donné, amour même, amour infini, amour vivant, amour principe, amour Dieu : tel est le Saint Esprit. Or, le propre de l’amour est de tendre à l’union. Le propre de l’amour infini est de tendre à l’union infinie. L’union infinie c’est l’unité. Faire, suivant le vœu du Verbe incarné, que tous les hommes soient un, un entre eux, un avec Dieu, d’une unité semblable à celle des trois personnes de l’auguste Trinité ; procurer, par cette unité universelle, la paix, le bonheur, la déification universelle : voilà l’unique pensée du Roi de la Cité du bien, le but suprême auquel se rapportent toutes les lois, tous les rouages de son gouvernement.

     O homme ! qui que tu sois, néant et poussière ; si tu considères ton dénuement, ton impuissance, ta triple nullité d’esprit, de cœur et de corps, quel amour irrésistible ne doit pas éveiller en toi ce titre adorable de don, sous lequel le Roi de la Cité du bien se présente à ta pensée ! Quelle énergique volonté de vivre sous ses lois ! Tu n’as rien et tu as besoin de tout ; le Saint-Esprit est le don qui renferme tous les dons : don de la foi qui éclaire, don de l’espérance qui console, don de la charité qui déifie, don de l’humilité, de la patience, de la sainteté ; don de la conversion et de la persévérance ; don de tous les biens de l’âme et du corps.

     Au nom de tes besoins, au nom de tes dangers, au nom de tes peines, au nom des besoins, des dangers et des peines de tes proches, de tes amis, de la société et de l’Eglise, sois le sujet fidèle du Roi de la Cité du bien. De toute la vivacité de ta foi invoque l’Esprit Dieu, don et donateur, qui désire lui-même ardemment se communiquer à toi. En lui seul tu trouveras tous les biens, unum bonum sunt omnia bona. Hors de lui tous les maux : indigence pour ton cœur, vanité pour ton esprit, malaise pour ta vie, terreurs pour ta mort, supplices pour l’éternité.

(A suivre… « Les noms du Roi de la Cité du bien - 3 : Onction »…si Dieu veut)

(1) Le texte est en latin. Somme Théologique, I pars, quest, XXXVIII, art. 2, corp. et art. 1 ad 3 ; et ad contra, 2. Saint Basile, lib, De Spir, Sancta.

(2) St Jean III, 8. Le texte ne donne pas la référence.

(3) I Corinthiens XII, 1-11 : Le texte ne donne pas la référence.

(4) Saint Augustin, de Trinitate, Livre XV, c, XVII, n° 36 (En latin) et Enchiridion, de Fide, spe et caritate, c. XXXVII, n° 11.

René Pellegrini

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