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20/05/2016

Le doigt de Dieu - 2

Elevez vos regards sur une création plus magnifique ; contemplez les ordres et les hiérarchies, de beauté et de puissance inégale, du monde angélique, elles vous diront encore…


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Fête de Saint Bernardin de Sienne

(Confesseur de l’Ordre de Saint François  1444)

 

 CHAPITRE VIII

 

LES NOMS DU ROI DE LA CITE DU BIEN – 4 A : DOIGT DE DIEU - 2

 

     Elevez vos regards sur une création plus magnifique ; contemplez les ordres et les hiérarchies, de beauté et de puissance inégale, du monde angélique, elles vous diront encore : c’est un seul et même Esprit qui nous a faites : Haec autem omnia operatur unus atque idem Spiritus.

     Abaissez votre vue sur le ciel de la terre, l’Eglise, mère et modèle de toutes les sociétés civilisées. D’où lui viennent les dons intérieurs et extérieurs, qui par leur brillante variété font sa puissance et sa gloire ? Une voix répond :

« Il y a diversité de dons, mais il n’y a qu’un même Esprit ; diversité de ministères, mais il n’y a qu’un même Esprit ; diversité d’opérations, mais il n’y a qu’un même Dieu qui opère tout en tous. L’un possède le don de parler avec sagesse ; l’autre, avec science. Un autre, le don de la foi ; un autre, le don de guérison ; un autre, le don des miracles ; un autre, le don de prophétie ; un autre, le don de parler diverses langues ; un autre, le don d’interpréter. Or, c’est un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses : Haec autem omnia operatur unus atque idem Spiritus. » (1)

     En travaillant, chacun dans sa sphère, tous nos doigts tendent au même but, la perfection de l’ouvrage qu’ils ont entrepris. De même tous les doigts de Dieu, toutes les merveilles du Saint-Esprit, tendent à un but unique : réaliser dans la Cité du bien la plus parfaite concorde, la plus complète unité qui se puisse concevoir, l’unité même du corps humain et la concorde de ses membres. Comme notre corps, qui est un, est composé de plusieurs membres, et que tous les membres du corps, bien que nombreux, ne sont tous qu’un seul corps : de même dans la Cité du bien, qui est le royaume du Saint-Esprit et le corps du Verbe incarné. Comme tous les membres du corps travaillent les uns pour les autres, et qu’aucun ne peut souffrir, sans que tous les autres souffrent ; ni recevoir de l’honneur, sans que les autres s’en réjouissent : ainsi en est-il parmi les membres de la grande Cité, dont l’Esprit d’amour est l’artisan, le roi, l’âme et le lien (2). Quel magnifique idéal ! Et cet idéal, imparfaitement réalisé sur la terre, le sera complètement dans l’éternité.

     Sous quel titre plus en rapport avec nos besoins pouvons-nous invoquer le Saint-Esprit, que celui de doigt de Dieu ? Puissance, bonté, instrument de miracles, Esprit-Saint, doigt de Dieu, mêlez-vous activement de nos affaires et des affaires du monde actuel. Jugez votre propre cause ; réparez, relevez les remparts de votre Cité ; dissipez les armées qui l’assiègent ; faites taire les blasphémateurs qui l’outragent et vous avec elle. Que l’éclat de vos œuvres déconcerte vos ennemis, dessille les yeux des aveugles, réveille les indifférents, amollisse les endurcis, force les modernes magiciens à s’avouer vaincus, afin que le champ des âmes, rendu aux ministres de la vérité, reçoive enfin la culture qui seule peut remplacer, par des fruits de vie, les fruits de mort dont l’odeur infecte va solliciter jusqu’au ciel de redoutables catastrophes. Doigt divin, gravez profondément dans notre cœur la loi royale de la Cité du bien : la foi puissante, l’espérance immuable, l’immortelle charité ; donnez à chacun de nous l’armure impénétrable dont nous avons besoin, pour repousser les traits enflammés d’un ennemi plus audacieux que jamais.

(A suivre…« Les noms du roi de la Cité du bien - 5 : Paraclet »…si Dieu veut)

(1) Le texte biblique est donné aussi en latin. (Saint Augustin, Quaes. Evang. Lib. II, q. XVII, opp., t.III, 1624)

(2) Saint Augustin, Quaes. Evang. Lib. II, etc.

René Pellegrini

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