Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/07/2016

Le Paraclet - 1

     Il s’appelle Paraclet, Paracletus. Attrayant à l’égard des autres, ce nom veut dire, avocat, exhortateur, consolateur. Quels noms pour un Roi (2) ! Quand l’Esprit du bien n’en aurait pas d’autres, ceux-là ne suffiraient-ils pas, pour appeler sous ses lois tous les peuples, toutes les tribus, tous les membres de la malheureuse famille humaine ?...


PAGE ACCEUIL SITE03.jpg

Fête de Saint Anaclet

(Pape et martyr  95) (1)

 

 CHAPITRE VIII

 

LES NOMS DU ROI DE LA CITE DU BIEN – 5 : PARACLET - 1

 

     Il s’appelle Paraclet, Paracletus. Attrayant à l’égard des autres, ce nom veut dire, avocat, exhortateur, consolateur. Quels noms pour un Roi (2) ! Quand l’Esprit du bien n’en aurait pas d’autres, ceux-là ne suffiraient-ils pas, pour appeler sous ses lois tous les peuples, toutes les tribus, tous les membres de la malheureuse famille humaine ?

     Avocat, et il plaide. Que plaide-t-il ? La cause à laquelle aboutissent toutes les causes, tous les procès, la cause des âmes, la cause des peuples, la cause de l’Eglise et du monde, la cause de laquelle dépend l’éternel bonheur ou l’éternel malheur. Où la plaide-t-il ? Il la plaide au double tribunal de la justice et de la miséricorde. De la justice, afin de la fléchir et de la désarmer ; de la miséricorde, afin d’en obtenir de larges effusions de grâces, de forces, de lumières, de secours de tout genre, soit pour préserver les citoyens de la Cité des attaques de l’ennemi, soit pour les guérir de leurs blessures. Tribunaux de la justice et de la miséricorde divine, cours souveraines, devant lesquelles il n’est personne, roi ou sujet, peuple ou particulier, qui, chaque jour, et à chaque heure, n’ait une cause actuellement pendante.

     Comment plaide-t-il ? Comme l’amour sait plaider. Toute son éloquence est dans ses soupirs. Le Saint-Esprit, écrit l’Apôtre, aide notre infirmité ; « car nous ne savons ni ce que nous devons demander ni comment nous devons le demander ; mais l’Esprit lui-même demande pour nous par des gémissements ineffables. » (Romains VIII, 26) Qu’elle est donc profonde, grand Dieu ! ma misère, la misère du genre humain ! Privé de tout et mendiant dans cette vallée de larmes, je ne connais pas mes véritables besoins, je les soupçonne à peine, je les sens encore moins. Si je les vois, j’ignore la manière d’en demander le soulagement. Quelle nécessité plus grande d’avoir un maître si habile qui m’apprenne à mendier ; charitable, qui mendie pour moi ; tout-puissant, qui mendie avec succès. Le Roi de la Cité du bien en personne me rend ce charitable office : il le rend à tous. Oui, il est de foi, le Saint-Esprit prie pour moi, se fait mendiant pour moi.

     « Que veux-je dire par là ? demande saint Augustin. Est-ce que le Saint-Esprit peut gémir, lui qui jouit de la souveraine félicité avec le Père et le Fils ? Assurément non. Le Saint-Esprit en lui-même et dans la bienheureuse Trinité ne gémit point ; mais il gémit en nous, parce qu’il nous apprend à gémir. Et certes, ce n’est pas peu de chose que le Saint-Esprit nous apprenne à gémir. En nous insinuant à l’oreille du cœur que nous sommes voyageurs dans la vallée des larmes, il nous apprend à soupirer pour l’éternelle patrie, et ce désir produit nos gémissements. Celui qui est bien, ou plutôt qui se croit bien dans cette terre d’exil, celui qui s’enivre de la joie des sens et qui, nageant dans l’abondance des biens temporels, se repaît d’une vaine félicité, celui-là ne fait entendre que la voix du corbeau ; car la voix du corbeau et criante et non gémissante.

     « Au contraire, celui qui sent le fardeau de la vie, qui se voit encore séparé de Dieu et privé de la béatitude infinie qui nous est promise, qu’il possède en espérance, mais qu’il ne possédera en réalité que le jour où le Seigneur viendra dans l’éclat de sa gloire, après être venu dans l’humilité ; celui qui connaît cela gémit ; et, tant qu’il gémit pour cela, il gémit bien : c’est le Saint-Esprit qui l’apprend à gémir et à imiter la colombe. Beaucoup, en effet, gémissent lorsqu’ils sont frappés de quelques adversités, ou en proie aux douleurs de la maladie, ou sous les verrous d’une prison, ou dans les chaînes de l’esclavage, ou sur les flots entr’ouverts pour les engloutir, ou dans les embûches dressées par leurs ennemis ; mais ils ne gémissent pas du gémissement de la colombe : ce n’est ni l’amour de Dieu qui les fait gémir, ni le Saint-Esprit qui gémit en eux. Aussi, quand ils sont délivrés de leurs maux, vous les entendez se réjouir à haute voix : ce qui montre qu’ils sont des corbeaux et non des colombes. » (3)

(A suivre…« Les noms du Roi de la Cité du Bien – 6 : Paraclet – 2 »…si Dieu veut)

- C’est moi qui mets en gras dans le texte.

(1) Les dates varient pour sa mort entre 86 et 96. Selon le catalogue dressé par le Pape Libère, en l’an 354, il serait mort en 95 lors de la persécution de Domitien.

(2) Le texte est en latin. Saint Augustin, in Joan., tract. VI, n° 2., oppo., t. III, 1737.

(3) « C’est pourquoi je vous déclare que personne, parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus ; et personne ne peut dire : Seigneur Jésus, si ce n’est par l’Esprit Saint. » (I Corinthiens XII, 3)

Capture05.jpg

Les commentaires sont fermés.