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17/01/2017

La mort du juste - 1

     Je sais que la mort a toujours quelque chose de terrible pour les âmes même les plus justes. Les jugements de Dieu, dont elles ne craignent toujours les secrets impénétrables ; les ténèbres de leur propre conscience, où elles se figurent toujours des souillures cachées et…


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Fête de Saint Rigobert

 (Archevêque de Reims vers 740-743)

Mis sur blogue le 4 janvier 2017

LA MORT DU PECHEUR, ET LA MORT DU JUSTE - 11

« Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur »

(Apocalypse XIV, 13)

SECONDE PARTIE

 

LA MORT DU JUSTE – 1

 

âme fidèle,amour,avenir,confusion,conscience,consolation,contrainte,corps terrestre,crime,dernière heure,désespoir,dissolution,espérance,éternité,félicité,foi,gloire,grâce,honte,horreur,immortalité,jeûne,joie sainte,joug de jésus-christ,jugements de dieu,juste,justice,larme,malheureux,mérite,œuvres chrétiennes,paix,passé,pécheur,peines,pénitence,plaisirs,privations,satisfaction,souffrances,souillures,souvenir,ténèbres,tombeau,trésor,tristesse,vérité,vie mortelle,violences,voluptés     Je sais que la mort a toujours quelque chose de terrible pour les âmes même les plus justes. Les jugements de Dieu, dont elles ne craignent toujours les secrets impénétrables ; les ténèbres de leur propre conscience, où elles se figurent toujours des souillures cachées et connues de Dieu seul ; la vivacité de leur foi et de leur amour, qui grossit toujours à leurs yeux les fautes les plus légères ; enfin la dissolution toute seule du corps terrestre, et l’horreur naturelle du tombeau : tout cela laisse toujours à la mort je ne sais quoi d’affreux pour la nature, qui fait que les plus justes même, comme dit saint Paul, voudraient, à la vérité, être revêtus de l’immortalité qui leur est promise, mais sans être dépouillés de la mortalité qui les environne.

     Il n’en est pas moins vrai cependant que la grâce surmonte en eux cette horreur de la mort qui leur vient de la nature ; et que, dans ce moment, soit qu’ils rappellent le passé, dit saint Bernard, soit qu’ils considèrent ce qui se passe à leurs yeux, soit qu’ils se tournent du côté de l’avenir, ils trouvent dans le souvenir du passé la fin de leurs peines, Requies de labore ; dans tout ce qui se passe à leurs yeux, une nouveauté qui les remplit d’une joie sainte, Gaudium de novitate ; dans la pensée de l’avenir, l’assurance de l’éternité qui les transporte, Securitas de aeternitate : de sorte que les mêmes situations qui forment le désespoir du pécheur mourant deviennent alors une source abondante de consolations pour l’âme fidèle.

     Je dis, soit qu’ils rappellent le passé. Et ici, mes Frères, représentez-vous au lit de la mort un ami fidèle, qui depuis longtemps se préparait à ce dernier moment, amassait par la pratique des œuvres chrétiennes un trésor de justice, pour ne pas aller paraître vide devant son juge, et vivait de la foi, pour mourir dans la paix et dans la consolation de l’espérance : représentez-vous cette âme arrivée enfin à cette dernière heure qu’elle n’avait jamais perdue de vue, et à laquelle elle avait toujours rapporté toutes les peines, toutes les privations, toutes les violences, tous les événements de sa vie mortelle. Je dis que rien n’est plus consolant pour elle que le souvenir du passé, de ses souffrances, de ses macérations, de ses renoncements, de toutes les situations qu’elle a éprouvées : Requies de labore.

     Oui, mes frères, il vous paraît affreux maintenant de souffrir pour Dieu. Les plus légères violences que la religion exige vous paraissent accablantes ; un jeûne seul vous abat et vous rebute ; la seule approche des jours de pénitence vous jette dans l’ennui et dans la tristesse ; vous regardez comme malheureux ceux qui portent le joug de Jésus-Christ, et qui renoncent au monde et à tous ses plaisirs pour lui plaire. Mais, au lit de la mort, la pensée la plus consolante pour une âme fidèle, c’est le souvenir des violences qu’elle s’est faite pour son Dieu. Elle comprend alors tout le mérite de la pénitence, et combien les hommes sont insensés de disputer à Dieu un instant de contrainte, qui doit être payé d’une félicité sans fin et sans mesure. Car ce qui la console, c’est qu’elle n’a sacrifié que des plaisirs d’un instant, et dont il ne lui resterait alors que la confusion et la honte ; c’est que tout ce qu’elle aurait souffert pour le monde serait perdu pour elle dans ce dernier moment : au lieu que tout ce qu’elle a souffert pour Dieu, une larme, une violence, un goût mortifié, une vivacité réprimée, une vaine satisfaction sacrifiée, tout cela ne sera jamais oublié, et durera autant que Dieu même. Ce qui le console, c’est que de toutes les joies et les voluptés humaines, hélas ! Il n’en reste pas plus, au lit de la mort, au pécheur qui les a toujours goûtées, qu’au Juste qui s’en est toujours abstenu ; que les plaisirs sont également passés pour tous les deux : mais que l’un portera éternellement le crime de s’y être livré ; et l’autre, la gloire d’avoir su les vaincre.

(A suivre…« La mort du Juste – 2 »…si Dieu veut) 

René Pellegrini

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