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08/03/2017

Place de la philosophie dans le domaine du savoir

     Dans l’article précédent nous avons démontré que la philosophie, s’efforçant de rechercher les causes ultimes, était une science. Cependant, d’autres disciplines méritent aussi ce titre : les mathématiques ou la physique par exemple. La question qui se pose maintenant est donc…


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Fête de Saint Jean de Dieu

(Fondateur de l’Ordre de la Charité 1550)

 

EXCELLENCE DE LA PHILOSOPHIE CHRETIENNE - 7

 

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PLACE DE LA PHILOSOPHIE DANS LE DOMAINE DU SAVOIR

     Cette question  nous amène à étudier ses rapports avec :

- Le savoir vulgaire ou vérités du sens commun.

- Le savoir scientifique des sciences particulières.

- Le savoir théologique révélé dans la Sainte Ecriture.

PAR RAPPORT AU SAVOIR VULGAIRE

     Si, dans celui-ci, on considère l’intelligence des principes immédiatement évidents, tels que les faits sensibles et les faits généraux, il est exact de dire que la philosophie est parfaitement en accord et en continuité avec la connaissance vulgaire tout en mettant ces principes à un état supérieur et scientifique. En effet, elle

     . les amène à un était moins imparfait,

     . les développe et justifie,

     . les contrôle dans leurs conclusions, sans toutefois arriver à les contredire, pas plus que les mathématiques supérieures ne doivent arriver à contredire les lois élémentaires parfaitement établies de l’arithmétique

PAR RAPPORT AU SAVOIR SCIENTIFIQUE

     Bien que ce savoir soit fondé sur une certitude raisonnée, la philosophie lui est supérieure de par la supériorité et l’universalité de son objet formel supra sensible qui dépasse toutes les sciences traitant d’objets sensibles et ne dépassant pas les limites de l’expérience.

     La philosophie qui donne des lumières sur leur objet commun à toutes les sciences possède un certain pouvoir d’organisation, d’appréciation et de jugement des résultats vis-à-vis des sciences particulières qui lui sont inférieures et indirectement subordonnées. Par conséquent :

     . Elle juge leurs affirmations et condamne celles qui se révèlent incompatibles avec ses plus certaines conclusions.

     . Elle les dirige et fournit à chacune d’elles ses principes premiers et lui délimite son domaine propre réprimant ainsi ses écarts, refusant par exemple toute autorité aux affirmations scientifiques sur l’impossibilité des miracles, l’irréalité des causes finales, etc.

     . Elle reste indépendante à l’égard des sciences particulières utilisant tout au plus comme des vérités, les vérités fournies par la recherche scientifique, seulement pour illustrer d’exemples ses affirmations et non pour les établir. En effet, la vérité d’une doctrine philosophique demeure indépendante (par son objet formel supérieur) de celle des théories scientifiques contemporaines, bien qu’elle puisse leur emprunter pour confirmer ses thèses.

PAR RAPPORT A LA THEOLOGIE

     Alors que la philosophie fait appel à la raison naturelle, la théologie, pour sa part, demeurant complètement indépendante de l’ordre naturel, demande ses principes à la seule lumière de la Révélation divine qui est évidemment bien supérieure à toute science humaine. Elles sont donc nettement distinctes, sans toutefois être isolées comme l’ont prétendu les rationalistes ainsi que les modernistes à la suite de Descartes.

     En effet, la lumière de la raison naturelle ou intelligence, et la lumière de la Révélation divine qu’étudie la théologie (θeoς λογος = theos logos, c’est—à-dire la science de Dieu) proviennent toutes deux d’une même source : la Sagesse divine. Elles ont donc des objets qui se recouvrent partiellement et des rapports réciproques qui s’explicitent de la manière suivante :

     * HARMONIE ENTRE LES DEUX SAGESSES qui en raison de leur origine commune, ne peuvent se contredire car il n’y a pas deux vérités comme l’ont soutenu plus ou moins ouvertement les averroïstes ou comme on dit de façon courante, mais il doit y avoir accord entre la raison (philosophie) et la foi (théologie)

     * SUPREMATIE DE LA THEOLOGIE au titre de sagesse supérieure qui exerce sur la philosophie une double influence

         - Une influence positive de direction qui, tout en restant en quelque sorte extérieure à la philosophie, l’empêche d’errer en lui donnant plus d’assurance pour affirmer certaines thèses dans des problèmes tels que, par exemple, la spéculation rationnelle sur la fin dernière des hommes, l’origine du monde et la dépendance corrélative de toutes les créatures par rapport à Dieu ou, en lui proposant des solutions auxquelles elle n’avait pas songé, lui apportant ses lumières puisées dans la Révélation divine qui permettent d’éclairer beaucoup plus profondément ses propres recherches dans certaines questions très subtiles, celles qui traitent de la personne, de la nature et de la quantité.

         - Une influence négative de sauvegarde car, sans avoir à intervenir dans le processus même de la réflexion philosophique, la théologie peut – se fondant sur la Raison divine et jouissant ainsi, au titre de sagesse suprême, d’une certitude plus grande – juger et déclarer fausse une conclusion philosophique ayant quelque rapport avec les données de la Révélation, si elle s’avère manifestement contraire ou incompatible avec ses affirmations les plus certaines et donc sûrement illégitime par le fait même car, comme déjà dit précédemment, la lumière de la raison naturelle et la lumière de la Révélation venant toutes deux de Dieu ne peuvent se contredire.

(A suivre…« Supériorité de la philosophie sur les sciences »…si Dieu veut) 

René Pellegrini

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