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09/08/2017

La mort du juste - 3

Levez-vous, âme fidèle, lui dit alors en secret son Seigneur et son Dieu : Elevare, consurge, Jerusalem : (Isaïe LI, 17). Vous qui avez bu toute l’amertume de mon calice, oubliez enfin vos larmes et vos peines passées…


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Fête de Saint Hathmar

(Premier évêque de Paderborn en Westphalie  815)

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LA MORT DU PECHEUR, ET LA MORT DU JUSTE - 13

« Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur »

(Apocalypse XIV, 13)

SECONDE PARTIE

 

LA MORT DU JUSTE – 3

 

Ame fidèle, amertume, Babylone, calice, captivité, changement, choix, cité sainte, confiance, consolation, créatures, dernière heure, désespoir, désirs, deuil, Dieu, Eglise du ciel, exil, foi, folie, frayeur, fumée, gloire, héritage, Heureux, insensés, Jérusalem, incirconcis, joie, juge, justice, larmes, mondain, mortalité, nouveauté, paix, passé, pécheurs, pensée, raison, repos, sages, scandales, Seigneur, séparations, Souffrances, surprise, travail, tristesse, vanité       Levez-vous, âme fidèle, lui dit alors en secret son Seigneur et son Dieu : Elevare, consurge, Jerusalem : (Isaïe LI, 17). Vous qui avez bu toute l’amertume de mon calice, oubliez enfin vos larmes et vos peines passées : Quae bilisti calice musque ad fundum : (Isaïe LI, 17). Le temps des pleurs et des souffrances est enfin passé pour vous : Non adjicies ut bibas illum ultra (Isaïe LI, 22). Dépouillez-vous donc, fille de Jérusalem, de ce vêtement de deuil et de tristesse dont vous avez été jusqu’ici environnée ; laissez-là les tristes dépouilles de votre mortalité, revêtez-vous de vos habits de gloire et de magnificence, entre dans la joie de votre Seigneur, cité sainte, dans laquelle j’ai pour toujours choisi ma demeure : Induere vestimentis gloriae tuae, Jérusalem, civitas Sancti (Isaïe LII, 1). Brisez enfin les liens de votre captivité, sortez du milieu de Babylone, où vous gémissez depuis si longtemps des rigueurs et de la durée de votre exil : Solve vinculla colli tui, captiva filia Sion (Isaïe LII). Les incirconcis n’habiteront plus au milieu de vous, les scandales des pécheurs n’affligeront plus votre foi ; il est temps enfin que je reprenne ce qui m’appartient, que je rentre dans mon héritage ; que je vous retire du milieu d’un monde auquel vous n’apparteniez pas, et qui n’était pas digne de vous ; et que je vous réunisse à l’Eglise du ciel, dont vous étiez une portion pure et immortelle : Non adjiciet ultra partranseat per te incircumcisus et immundus (Isaïe LII, 4).

     Première consolation de l’âme juste au lit de la mort, le souvenir du passé : Requies de labore (1). Mais tout ce qui se passe à ses yeux : le monde qui s’enfuit ; toutes les créatures qui disparaissent ; tout ce fantôme de vanité, qui s’évanouit ; ce changement, cette nouveauté est encore pour elle une source de mille nouvelles consolations : Gaudium de novitate (2)

     En effet, nous venons de voir que ce qui fait le désespoir du pécheur mourant, lorsqu’il considère tout ce qui se passe à ses yeux, sont ses surprises, ses séparations, ses changements ; et voilà précisément toute la consolation de l’âme fidèle dans ce dernier moment. Rien ne la surprend, elle ne se sépare de rien, rien ne change à ses yeux.

     Rien ne la surprend. Ah ! Le jour du Seigneur ne la surprend point : elle l’attendait, elle le désirait. La pensée de cette dernière heure entrait dans toutes ses actions, était de tous ses projets, réglait tous ses désirs, animait toute la conduite de sa vie. Chaque heure, chaque moment lui avait paru celui où le juste juge allait lui demander ce compte terrible  ou les justices elles-mêmes seront jugées. C’est ainsi qu’elle avait vécue, préparant sans cesse, son âme à cette dernière heure : c’est ainsi qu’elle meurt tranquille, consolée, sans surprise, sans frayeur, dans la paix de son Seigneur, ne voyant pas alors la mort de plus près qu’elle l’avait toujours vue ; ne mourant pas plus alors à elle-même qu’elle mourrait chaque jour ; et ne trouvant rien de différent entre le jour de sa mort et les jours ordinaires de sa vie mortelle.

     D’ailleurs, ce qui fait la surprise et le désespoir du pécheur au lit de la mort, c’est de voir que le monde, en qui il avait mis toute sa confiance, n’est rien, n’est qu’un songe qui s’évanouit et qui lui échappe. Mais l’âme fidèle, en ce dernier moment, ah ! elle voit le monde des mêmes yeux qu’elle l’avait toujours vu ; comme une figure qui passe, comme une fumée qui ne trompe que de loin, et qui de près n’a rien de réel  ni de solide. Elle sent alors une joie sainte d’avoir toujours jugé du monde comme il en fallait juger ; de n’avoir pas pris le change, de ne s’être pas attachée à ce qui devait lui échapper en un instant, et de n’avoir mis sa confiance qu’en Dieu seul, qui demeure toujours pour récompenser éternellement ceux qui espèrent en lui. Qu’il est doux alors pour une âme fidèle de pouvoir se dire à elle-même : J’ai choisi le meilleur parti ; j’avais bien raison de ne m’attacher qu’à Dieu seul, puisqu’il ne devait me rester que lui seul ! On regardait mon choix comme une folie, le monde s’en moquait, et on trouvait bizarre et singulier de ne pas se conformer à lui ; mais enfin ce dernier moment répond à tout. C’est la mort qui décide de quel côté sont les sages ou les insensés, et lequel des deux avait raison, ou le mondain ou le fidèle.

(A suivre… « La mort du juste - 4 »…si Dieu veut)

René Pellegrini

-  Dans ces versets l’âme du juste, au moment de la mort, est comparée à la cité sainte, Jérusalem oppressée par ses ennemis et ensuite délivrée.

(1) Le repos du travail

(2) La joie de la nouveauté

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