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06/09/2017

Supériorité et infériorité de la philosophie

     L’étude précédente sur les rapports que la philosophie entretient avec les autres sciences et la théologie a permis de constater sa supériorité sur les sciences qui sont également spéculatives et pratiques, et son infériorité sur la théologie...


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Fête de Saint Humbert

(Fondateur de l’Abbaye de Maroilles en Hainaut vers 680)

 

EXCELLENCE DE LA PHILOSOPHIE CHRETIENNE - 8

 

SUPERIORITE ET INFERIORITE DE LA PHILOSOPHIE

 

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SUPERIORITE DE LA PHILOSOPHIE SUR LES SCIENCES

     Cette supériorité s’observe à un double point de vue :

     .SPECULATIF : c’est-à-dire qui met en évidence la dignité de son objet qui est :

        - plus grand et plus beau, puisqu’elle embrasse Dieu, l’âme et le monde.

        - plus vaste puisqu’elle atteint toutes les matières que les autres sciences sont obligées de se partager.

        - plus élevé puisqu’elle recherche les principes premiers par la lumière de l’intelligence, au premier degré d’abstraction (celui des sciences physiques et expérimentales) et au troisième degré d’abstraction (celui de la métaphysique). La métaphysique qui selon son étymologie grecque (META = après, au-delà, et PHYSIS = nature) concerne ce qui se situe au-delà de l’ordre naturel pour, par abstraction, en percer ses secrets plus profondément que ne le font les sciences expérimentales. Son domaine est donc le surnaturel ou ce qui relève du spirituel.

     En effet, jamais les sciences expérimentales (1er degré d’abstraction) et mathématiques (2e degré d’abstraction) ne sauraient, sans sortir de leur propre domaine, atteindre Dieu, l’âme et les premiers principes du monde qui relèvent de la métaphysique, c’est-à-dire du troisième degré d’abstraction dans l’ordre de la connaissance.

     La Bible, bien loin d’être un obstacle à la sagesse que peut apporter la connaissance et la science, y invite son lecteur.

« Que ton cœur pénètre dans la doctrine, et tes oreilles dans les paroles de la science. »

(Proverbes XXIII, 12)

     Mais elle invite les scientifiques à l’humilité et à ne pas se satisfaire des causes efficientes qui sont insuffisantes dans les sciences, mais à rechercher la vraie science qui n’est pas la diffusion de théories devant être enseignées comme des faits, mais la connaissance qu’apporte la considération des causes finales. Pour cela, si elle ne veut pas devenir une science sans conscience, il lui faut allier la sagesse à la science en considérant les choses expérimentées et étudiées, sans faire abstraction de Jésus-Christ car, comme le souligne St Paul :

« En qui (Jésus) sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science. » (Colossiens II, 3)         

  .PRATIQUE : c’est-à-dire ce qui met en évidence l’excellence de la fin qu’elle vise qui est d’exciter à :

         - la pratique de la vertu

         - la fuite du mal

     Cette fin excellente pouvant être atteinte par la preuve qu’apporte la philosophie de l’immortalité de l’âme de par sa nature spirituelle, de l’existence de Dieu, autant de connaissances qui, bien prises en compte, permettent à l’homme de se diriger vers sa fin dernière dans l’ordre naturel.

     Considérée à ce double point de vue (spéculatif et pratique) la philosophie en dirigeant l’homme vers sa fin ultime, montre son incontestable supériorité sur les autres sciences qu’elles soient physiques ou mathématiques qui ne visent qu’un bien et une fin temporels.

     Ainsi, soutenir que la connaissance scientifique est la maîtresse des opérations rationnelles c’est ouvrir la voie à l’atrophie de l’intelligence, car c’est vouloir l’enfermer dans le domaine des phénomènes, c’est-à-dire ce qui tombe sous les sens humains (vue, ouïe, odorat, toucher, goût) ce qui est le propre d’une démarche matérialiste, naturaliste et athée. C’est vouloir méconnaître que la vraie philosophie tout comme la vraie science s’appuient sur des principes communs à savoir le principe d’identité, le principe de non contradiction, le principe de causalité, le principe de finalité et le principe de substance. De ces principes se dégagent des lois dérivées telles que : les mêmes causes produisent les mêmes effets, le tout est plus grand que la partie qui, eux-mêmes justifient, l’induction.

     Les sciences expérimentales ne s’occupant que des phénomènes reproductibles sont insuffisantes pour appréhender toute la réalité, car bien des objets d’étude sont indémontrables, par exemple le principe d’indétermination de Heisenberg pour les particules quantiques. La science moderne rationaliste et matérialiste, en fractionnant la science en une collection de disciplines, à mutilé la vraie science entendue comme connaissance du monde réel sous son aspect spéculatif et pratique. Son erreur c’est qu’elle a regardé l’ensemble des choses, ou la création, sans prendre en compte leur Créateur, en s’appuyant sur une théorie évolutionniste qui, de plus en plus, bat de l’aile et doit faire face à ses multiples contradictions. Ce rationalisme que, déjà au XVIIe siècle,   Bossuet fustigeait en ces termes :

 « Les rationalistes fuient le mystère pour se précipiter dans l’incohérence »

INFERIORITE DE LA PHILOSOPHIE SUR LA THEOLOGIE

     Traitant de la philosophie qu’il appelle « science sacrée » dans ses relations avec la philosophie, Saint Thomas d’Aquin déclare dans sa Somme Théologique (Prima Pars, question 1, article 5, solutions 2, sur Dieu)

« La science sacrée, dit-on, emprunte aux sciences philosophiques : c’est vrai ; mais ce n’est pas qu’elles lui soient nécessaires, c’est uniquement en vue d’éclaircir et de manifester davantage ce qu’elle-même enseigne. La preuve, c’est que ses principes ne lui viennent d’aucune autre science, mais de Dieu immédiatement, par révélation ; d’où il suit que ses emprunts n’ont rien d’une science inférieure, mais qu’au contraire elle use des autres sciences comme d’inférieures et de servantes. »

     Pour justifier sa proposition d’utilisation d’une science inférieure telle que la philosophie pour « éclairer et manifester davantage ce que la théologie enseigne elle-même » saint Thomas utilise l’exemple suivant :

« C’est le cas des sciences dites architectoniques, sciences maîtresses, qui utilisent leurs inférieures, comme fait la politique pour l’art militaire. »

     Il donne ensuite la raison fondamentale de cette manière de procéder en précisant :

« Du reste, que la science sacrée utilise les autres sciences même de cette façon-là, le motif n’en est point son défaut ou son insuffisance, mais la faiblesse de notre esprit, qu’il faut mener comme par la main, à partir des connaissances naturelles, objet des autres sciences, jusqu’aux choses surnaturelles objet de celle-ci (la théologie) »

     Fort de l’enseignement de ce grand philosophe chrétien que le Pape Léon XIII appelait « Docteur angélique » dans son Encyclique Aeterni Patris, du 4 août 1879, on conclura sur ce sujet en soulignant que la théologie manifeste sa supériorité sur la philosophie de quatre manières :

     * SON OBJET qui traite principalement de choses qui par leur dignité, leur élévation, dépassent la simple raison humaine, par exemple les mystères surnaturels.

     * SON PRINCIPE DE CONNAISSANCE qui n’est autre que la lumière divine contenue dans l’Ecriture Sainte, alors que la philosophie ne s’appuie que sur la raison naturelle.

     * SON MOTIF DE CERTITUDE qui n’est autre que la véracité du témoignage de Dieu, alors que la philosophie ne s’appuie que sur la véracité de la raison humaine.

     * SA FIN qui est la plus haute qui soit : mener l’âme humaine à la béatitude surnaturelle et éternelle, alors que la philosophie ne se propose que de mener à une béatitude seulement naturelle et temporelle.

(A suivre…« Utilité de la philosophie »…si Dieu veut) 

René Pellegrini

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