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23/10/2017

Les qualités des anges - 4

         Grâce à eux, les démons fascinent l’imagination par de trompeuses images, qui ôtent au mal sa laideur ou le revêtent de l’apparence du bien ; remuent toute la partie inférieure de l’âme et enflamment ainsi la concupiscence. Les bons anges, au contraire, écartent les nuages de l’erreur, les ténèbres des passions, ramènent les sens à leur pureté native  et produisent comme une seconde vue, au moyen de laquelle les choses se présentent...


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Fête de Saint Firmin

(Evêque d’Uzès et confesseur 553)

Mis sur blogue le 11 octobre 2017

CHAPITRE IX

LES QUALITES DES ANGES – 4

 

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     Moins ignorants ou moins obstinés dans l’erreur que nos rationalistes modernes, les païens, qui n’avaient pas encore inventé le système des lois immuables, proclament hautement et sans restriction le libre gouvernement de l’homme et du monde par les puissances angéliques. Outre les témoignages déjà cités, nous avons celui d’Apulée. Il est tellement explicite, qu’on dirait une page du livre de Job.

« S’il est, dit-il, indécent pour un roi de tout faire et de tout gouverner par lui-même, il l’est bien plus pour Dieu. Il faut donc croire, pour lui conserver toute sa majesté, qu’il est assis sur son trône sublime, et qu’il régit toutes les parties de l’univers par les puissances célestes. C’est en effet par leurs soins qu’il gouverne le monde inférieur. Pour cela il ne lui faut ni peine de calculs, choses dont l’ignorance ou la faiblesse de l’homme ont besoin. »

« Lors donc que le roi et le père des êtres, que nous ne pouvons voir que des yeux de l’âme, veut mettre en mouvement l’immense machine de l’univers, resplendissant d’étoiles, brillante de mille beautés, dirigée par ses lois, il fait, s’il est permis de le dire, ce qui se fait au moment d’une bataille. La trompette sonne. Animés par ses accents, les soldats s’agitent. L’un prend son glaive, l’autre son bouclier ; ceux-là leur cuirasse, leur casque, leurs bottes ; celui-ci harnache son cheval ; l’autre attache ses coursiers au quadrige. Chacun avec ardeur se prépare. Les vélites ferment les rangs, les chefs les inspectent, et les chevaliers en prennent le commandement. Chacun s’occupe de son office. Cependant toute l’armée obéit à un seul général, que le roi place à sa tête. »

« Il n’en est pas autrement du gouvernement des choses divines et humaines. Sous les ordres d’un seul chef, chacune connaît son devoir et l’accompli, bien qu’elle ne connaisse pas le ressort secret qui la fait agir, et que cette puissance échappe aux yeux du corps. Prenons un exemple dans un ordre moins élevé. Dans l’homme l’âme est invisible. Cependant il faudrait être fou, pour nier que tout ce que l’homme fait vient de ce principe invisible. C’est à lui que la vie humaine doit sa sûreté ; les champs, leur culture ; les fruits, leur usage ; les arts, leur exercice ; en un mot, tout ce qui fait l’homme (2) »

     Bossuet a donc été l’écho de la foi universelle, lorsqu’il a prononcé cette parole magistrale :

« La subordination des natures créées demande que ce monde sensible et inférieur soit régi par le supérieur et intelligible, et la nature corporelle par la nature spirituelle (3). »

     Que l’homme donc s’en souvienne. Comme le monde matériel est gouverné par les puissances angéliques, lui-même est placé sous l’action immédiate d’un ange bon ou mauvais. Pas une parole, pas une action, pas une minute dans son existence, qui ne soit influencée par l’une ou l’autre de ces puissantes créatures. Mais il est doux de penser que le pouvoir des princes de la Cité du bien surpasse celui des princes de la Cité du mal.

« En Dieu, dit l’ange de l’école (4), est la source première de toute supériorité. Plus elles approchent de Dieu, plus les créatures participent de lui, et plus elles sont parfaites. Or, la plus grande perfection, celle qui approche le plus de celle de Dieu, appartient aux êtres qui jouissent de Dieu lui-même : tels sont les bons anges. Les démons sont privés de cette perfection. Voilà pourquoi les bons anges leur sont supérieurs en puissance et les tiennent soumis à leur empire. De là vient, comme conséquence, que le dernier des bons anges commande au premier des démons, attendu que la force divine, à laquelle il participe, l’emporte sur la force de la nature angélique (5). »

(A suivre…« Le nombre des anges »…si Dieu veut)

René Pellegrini

(1) Une phrase en latin disant : « Des anges révèlent des choses dans les rêves » avec en exemple les chapitres I et II de St Matthieu. In Somme Théologique I pars. q. CVI, a. 2, corp. ; q. CXI, art. 3 et 4, corp., etc.

(2)  De mundo, lib. unus, p. 148.

(3)  Sermon pour la fête des SS. Anges, p, 402, t. XVI, édit Lebel.

(4) Ange de l’Ecole, c’est-à-dire Saint Thomas d’Aquin, désigné aussi sous les noms de Docteur angélique, Docteur commun, ou encore l’Aquinate.

(5) Texte en latin, Somme théologique I pars. q. CIX, art. 4 corp., et ad 3.

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