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22/11/2017

Puissance et acte : Nature, espèces et exemples

     Dans les deux articles précédents sur la Thèse 1 nous avons vu que dans le changement - le passage de la puissance à l’acte - la puissance suggérait l’idée de mobile et l’acte celle de moteur. Nous sommes ainsi amenés peu à peu à comprendre la portée de l’axiome qui est la première thèse approuvée par la Sacrée Congrégation…


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Fête de Saint Deusdedit

(Pape 618)

 

ONTOLOGIE

THESE 1

PUISSANCE ET ACTE : NATURE, ESPECES ET EXEMPLES

Mis sur blogue le 8 novembre 2017

acte pur,aristote,bergson,biologie,changement,chimie,créature,descartes,devenir,élan vital,enfant,esprit,essences,évolution,feu,germe,hegel,héraclite,hydrogène,idéologies révolutionnaires,imperfection,intelligence,intuition,jeune homme,leibniz,marbre,mécanique,mobilisme,molécules,mouvement,ordre naturel,oxygène,parménide,paysage,peintre,philosophes modernes,philosophies,physique,principe de contradiction,puissance,qualité,sculpteur,socrate,statues,substances,toile,univers,vertu infuse,vivants,zénon     Dans les deux articles précédents sur la Thèse 1 nous avons vu que dans le changement - le passage de la puissance à l’acte - la puissance suggérait l’idée de mobile et l’acte celle de moteur. Nous sommes ainsi amenés peu à peu à comprendre la portée de l’axiome qui est la première thèse approuvée par la Sacrée Congrégation…

« La puissance et l’acte divisent l’être de telle sorte que ce qui est ou bien soit acte pur ou bien soit nécessairement composé de puissance et d’acte comme principes premiers et intrinsèques. »

     Cependant cette thèse fut combattue bien avant Aristote par :

     - Parménide et Zénon qui soutenaient que l’être est ou n’est pas. Ils rejetaient par conséquent l’être en marche, en mouvement et le devenir. Pour eux, le mouvement était une illusion.

     - Héraclite pour sa part ne voyait rien de stable et de permanent et concluait que tout devient et change. Pour lui, l’être n’existait pas.

     Nous savons que les philosophes modernes ont fait repris à leur compte ces anciennes philosophies. Pour eux, le changement est la seule réalité.

     - Les disciples de Descartes et Leibniz pour qui tout ce qui existe est pleinement en acte.

     - Pour Hegel et Bergson, ils ont renouvelé l’évolution universelle. Hegel, en étendant à l’être total la marche de l’esprit humain, qui progresse, selon lui, en unissant même les contradictions, par ex : Socrate est blanc, est la blancheur, conçoit le Dieu-univers comme un immense devenir. Quant à Bergson, en rejetant l’intelligence et ses concepts immobiles de substance et toutes les essences, il ne voit par intuition que qualité, élan vital et devenir : c’est le mobilisme universel.

     Quand on sait que des idéologies révolutionnaires se sont construites sur la négation des notions de puissance et d’acte, et du principe de contradiction, il s’agit donc d’une grave question. Elle sera traitée en trois paragraphes : 1 – La puissance ; 2 – L’acte ; 3 – Leurs rapports. Pour cet article : Nature et existence de la puissance.

NATURE DE LA PUISSANCE :

     La puissance proprement dite est une capacité réelle de produire un acte ou de le recevoir

     1 - C’est une capacité, une aptitude. En cela elle ressemble à la puissance logique et idéale, appelée d’une manière impropre et très univoque du nom de puissance, car elle se réduit plutôt à la simple possibilité.

     2 - C’est une capacité réelle. C’est, en effet, quelque chose qui existe déjà (la chaleur) dans un sujet réel (le feu) : voilà dans quel sens l’Ecole la qualifiée de « subjective ». Il faut donc voir en elle une réalité, tandis que la possibilité « objective », la possibilité de réalisation, par exemple : un cercle non existant, reste de nature purement idéale.

     3 - C’est une capacité de produire ou de recevoir un acte ; en cela, la puissance s’oppose à l’acte, car la puissance implique par elle-même imperfection ou absence d’un degré d’être à la réalisation duquel elle tend.

DEUX ESPECES DE PUISSANCE :

1En elle-même, la puissance « subjective » ou du sujet est active ou passive. La première est une aptitude à faire quelque chose, et telle est l’intelligence de l’homme ; la seconde, une aptitude à recevoir, et en ce sens nous disons que le marbre, le bois ou la toile ont la puissance passive de recevoir des figures (statues ou un paysage) moyennant l’intervention active d’un agent (sculpteur, peintre)

     L’une et l’autre peuvent être prochaines ou éloignées, selon qu’elles sont réductibles à l’acte sur-le-champ et immédiatement, ou seulement par degrés progressifs. Ainsi l’enfant est en puissance éloignée de devenir mathématicien ou ingénieur, tandis que le jeune homme instruit est en puissance plus prochaine.

2 - Au point de vue théologique, la puissance est d’ordre naturel ou surnaturel. La première est celle qui ne dépasse pas les forces ou les lois de la nature ; la seconde, appelée aussi vertu infuse, est la faculté d’agir ou de pâtir dans un ordre supérieur à celui des forces et des lois de la nature.

REMARQUE

     Il y a donc des puissances dans et pour des agents naturels. Toute créature est douée d’une puissance ou aptitude à se plier aux volontés du pouvoir divin, qui est inépuisable comme ce pouvoir lui-même.

EXISTENCE DE LA PUISSANCE

     Cette existence a été niée chez les anciens par les Eléates (Zénon), chez les modernes par les Cartésiens, l’école de Leibniz et quelques autres (Herbart, Fouillée) ; à leur avis, tout ce qui existe est pleinement en acte : l’évolution des êtres est impossible. On leur opposera la thèse suivante :

IL ESISTE DANS LES ÊTRES PHYSIQUES UN ETAT DE PUISSANCE,

SOIT ACTIVE, SOIT MÊME PUREMENT PASSIVE.

Preuve

- Elle est fournie par les faits les plus ordinaires de l’expérience externe ou interne. En effet, tout révèle dans le monde une multitude innombrable d’actions et de réactions mutuelles, produisant des évolutions de tout genre : de nouvelles générations apparaissent, et passent soit du non-être à l’être, soit de telle manière d’être à telle autre ; par exemple : Je pense, je me souviens, je souffre, j’agis au dehors…Or ces productions, ne sont pas des créations nouvelles : ce sont des évolutions dans un même sujet,  c’est-à-dire des passages de la puissance à l’acte. Il existe donc dans les êtres créés un état de puissance, soit active, soit même purement passive.

- D’innombrable phénomènes scientifiques, empruntés à la mécanique, à la physique, à la chimie, à la biologie, viennent à l’appui de cette assertion : ainsi la substance du sel était contenue en puissance dans les molécules du chlore, et du sodium, de même que celle de l’eau dans les gaz hydrogène et oxygène. C’est aussi un fait acquis à la science que le germe ne contient pas en miniature l’organisme complet de l’animal ou de la plante : celui-ci n’y est qu’à l’état de puissance, et, pour ainsi parler, comme sous une forme spirituelle.

- Ce qui confirme cette thèse, c’est le caractère absurde de l’opinion opposée. Nier l’état de potentialité, c’est prétendre que la puissance de construire, d’écrire, etc., disparaît quand elle ne s’exerce point : c’est-à-dire que l’homme endormi est aveugle, et que le professeur en vacances est un ignorant. De la sorte, tout mouvement comme tout progrès deviendraient impossibles : à plus forte raison, la naissance ou la mort des vivants.

(A suivre…si Dieu veut)

René Pellegrini

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