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18/01/2018

La mort du juste - 5

Je n’ajoute pas les changements qui se font au lit de la mort, si désespérants pour le pécheur, ne changeant rien dans l’âme fidèle. Sa raison s’éteint, il est vrai ; mais depuis longtemps elle l’avait captivée sous le joug de la foi, et éteint ses vaines lumières devant la lumière de Dieu et la profondeur…


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Fête de Sainte Bertille de Thuringe

(Epouse de Walbert du Hainaut  † 687)

 Mis sur blogue le 3 janvier 2018

LA MORT DU PECHEUR, ET LA MORT DU JUSTE - 15

 

« Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur »

(Apocalypse XIV, 13)

SECONDE PARTIE

 

LA MORT DU JUSTE – 5

 

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     Rien ne change donc pour cette âme au lit de la mort. Son corps se détruit, toutes les créatures s’évanouissent, la lumière se retire, toute la nature retombe dans le néant, et au milieu de tous ces changements elle seule ne change pas, elle seule est toujours la même. Que la foi, mes Frères, rend le fidèle grand au lit de la mort ! Que le spectacle de l’âme juste en ce dernier moment est digne de Dieu, des anges et des hommes ! C’est alors que le fidèle paraît maître du monde et de toutes les créatures : c’est alors que cette âme, participant déjà à la grandeur et à l’immutabilité du Dieu auquel elle va se réunir, est élevée au-dessus de tout : dans le monde, sans y prendre part ; dans un corps mortel, sans y être attachée ; au milieu de ses proches et de ses amis, sans les voir et sans les connaître ; parmi les larmes et les gémissements des siens, sans les entendre ; au milieu des embarras et des mouvements que sa mort fait naître à ses yeux, sans rien perdre de sa tranquillité : Elle est libre parmi les morts (Psaumes LXXXVII, 6), elle est déjà immobile dans le sein de Dieu, au milieu de la destruction de toutes choses. Qu’il est grand, encore une fois, d’avoir vécu dans l’observance de la loi du Seigneur, et de mourir dans sa crainte ! Que l’élévation de la foi se fait bien sentir en ce dernier moment dans l’âme fidèle ! C’est le moment de sa gloire et de ses triomphes, c’est le point auquel se réunit tout l’éclat de sa vie et de ses vertus. Qu’il est beau de voir alors le Juste marcher d’un pas tranquille et majestueux vers l’éternité ! Et que ce prophète infidèle avait bien raison autrefois, en voyant Israël entrer dans la terre de promesse, le triomphe de sa marche et la confiance de ses cantiques, de s’écrier : Que mon âme meure de la mort des Justes, et que ma fin leur soit semblable (Nombres XXIII, 10) ! 

     Et voilà, mes Frères, ce qui achève en dernier lieu de remplir l’âme fidèle, au lit de la mort, de joie et de consolation : la pensée de l’avenir, Securitas de aeternitate. Le pécheur durant la santé voit l’avenir d’un œil tranquille ; mais dans ce dernier moment, le voyant de plus près, sa tranquillité se change en saisissement et en terreur. L’âme juste, au contraire, durant les jours de sa vie mortelle, n’osait regarder d’un œil fixe la profondeur des jugements de Dieu ; elle opérait son salut avec crainte et tremblement ; elle frémissait à la seule pensée de cet avenir terrible, où les Justes mêmes seront à peine sauvés, s’ils sont jugés sans miséricorde : mais au lit de la mort, ah ! Le Dieu de paix, qui se montre à elle, calme ses agitations ; ses frayeurs cessent tout d’un coup, et se changent en une douce espérance. Elle perce déjà avec des yeux mourants le nuage de la mortalité qui l’environne encore, et voit, comme Etienne, le sein de la gloire et le Fils de l’Homme à la droite de son Père, tout prêt à le recevoir ; cette patrie immortelle, après laquelle elle avait tant soupiré, et où elle avait toujours habité en esprit ; cette sainte Sion, que le Dieu de ses pères remplit de sa gloire et de sa présence, où il enivre ses élus d’un torrent de délices, et leur fait goûter tous les jours les biens incompréhensibles qu’il a préparés à ceux qui l’aiment ; cette cité du peuple de Dieu, le séjour des saints, la demeure des Justes et des prophètes, où elle retrouvera ses frères que la charité lui avait unis sur la terre, et avec lesquels elle bénira éternellement les miséricordes du Seigneur, et chantera avec eux les louanges de sa grâce.

(A suivre… « La mort du juste – 6 »…si Dieu veut) 

René Pellegrini

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