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14/03/2018

La mort du juste - 6

     Ah ! aussi, quand les ministres de l’Eglise viennent enfin annoncer à cette âme que son heure est venue, et que l’éternité approche, quand ils viennent lui dire, au nom de l’Eglise qui les envoie : Partez, âme chrétienne : Proficiscere, anima christiana ; sortez enfin de cette terre où vous avez été si longtemps étrangère et captive ; le temps des épreuves et des tribulations est fini, voici enfin…


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Fête de Saint Lubin

(Evêque de Chartres † 537)

 

LA MORT DU PECHEUR, ET LA MORT DU JUSTE - 17

 

« Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur »

(Apocalypse XIV, 13)

SECONDE PARTIE

 

 

LA MORT DU JUSTE – 6

 

Abominable, action de grâce, agitations, âme chrétienne, âme fidèle, âme juste, attachements, bonheur, captivité, cendres, confiance, crainte, créatures, Eglise du ciel, épreuves, espérance, éternité, glorieux, horreurs, immortalité, Jésus-Christ, joie, juge, justice, larmes, lumière, malheureux, ministre de l’Eglise, misères, mort, occupation, orages, paix, péché, pécheur, pourriture, promesses, regrets, révélation, royaume, saints, scandales, sein de Dieu, Seigneur, séjour, semence, sérénité, tentations, tribulations, vanité     Ah ! aussi, quand les ministres de l’Eglise viennent enfin annoncer à cette âme que son heure est venue, et que l’éternité approche, quand ils viennent lui dire, au nom de l’Eglise qui les envoie : Partez, âme chrétienne : Proficiscere, anima christiana ; sortez enfin de cette terre où vous avez été si longtemps étrangère et captive ; le temps des épreuves et des tribulations est fini, voici enfin le juste Juge qui vient briser les liens de votre mortalité ; retournez dans le sein de Dieu d’où vous étiez sortie, quittez enfin un monde qui n’était pas digne de vous : Proficiscere, anima christiana ; le Seigneur s’est enfin laissé toucher par vos larmes, il vient enfin ouvrir la voie des Saints et les portes éternelles : Partez, âme fidèle ; allez vous réunir à l’Eglise du ciel qui vous attend : souvenez-vous seulement de vos frères que vous laissez sur la terre, encore exposés aux tentations et aux orages ; laissez-vous toucher au triste état de l’Eglise d’ici-bas, qui vous a engendrée en Jésus-Christ, et qui vous voit partir avec envie ; sollicitez la fin de sa captivité et sa réunion entière avec son Epoux, dont elle est encore séparée : Profisciscere, anima christiana. Ceux qui dorment dans le Seigneur ne périssent pas sans ressource ; nous ne vous perdons sur la terre que pour vous retrouver dans peu avec Jésus-Christ dans le royaume de ses Saints : le corps que vous allez laisser en proie aux vers et à la pourriture vous suivra bientôt immortel et glorieux ; pas un cheveu de votre tête ne périra ; il restera dans vos cendres une semence d’immortalité jusqu’au jour de la révélation, où vos os arides se ranimeront, et paraîtront plus brillants que la lumière. Quel bonheur pour vous d’être enfin quitte de toutes les misères qui nous affligent encore, de n’être plus exposée comme vos frères à perdre le Dieu que vous allez posséder ; de fermer enfin les yeux à tous les scandales qui nous contristent, à la vanité qui nous séduit, aux exemples qui nous entraînent, aux attachements qui nous partagent, aux agitations qui nous dissipent ! Quel bonheur de sortir enfin d’un lieu où tout nous lasse et tout nous souille, où nous sommes à charge à nous-mêmes, où nous ne vivons que pour rendre malheureux, et d’aller dans un séjour de paix, de joie, de sérénité, où l’on n’a plus d’autre occupation que de jouir du Dieu que l’on aime ! Proficiscere, anima christiana.

     Quelle nouvelle joie et d’immortalité alors pour cette âme juste ! Quel ordre heureux ! Avec quelle paix, quelle confiance, quelle action de grâce l’accepte-telle ! Elle lève au ciel, comme le vieillard Siméon, ses yeux mourants ; et regardant son Seigneur qui vient à elle : Brisez, ô mon Dieu, quand il vous plaira, lui dit-elle en secret, ces restes de mortalité, ces faibles liens qui me retiennent encore ! J’attends dans la paix et dans l’espérance l’effet de vos promesses éternelles. Ainsi, purifiée par les expiations d’une vie sainte et chrétienne, fortifiée par les derniers remèdes de l’Eglise, lavée dans le sang de l’Agneau, soutenue de l’espérance des promesses, consolée par l’onction secrète de l’esprit qui habite en elle, mûre pour l’éternité, elle ferme les yeux avec une sainte joie à toutes les créatures, elle s’endort tranquillement dans le Seigneur, et s’en retourne dans le sein de Dieu, d’où elle est sortie.

     Mes frères, les réflexions sont ici inutiles. Telle est la fin de ceux qui ont vécu dans la crainte du Seigneur : leur mort est précieuse devant Dieu comme leur vie. Telle est la fin déplorable de ceux qui l’ont oublié jusqu’à cette dernière heure : la mort des pécheurs est abominable aux yeux de Dieu comme leur vie. Si vous vivez dans le péché, vous mourrez dans les horreurs et dans les regrets inutiles du pécheur, et votre mort sera une mort éternelle. Si vous vivez dans la justice, vous mourrez dans la paix et dans la confiance du Juste, et votre mort ne sera qu’un passage à la bienheureuse immortalité.

Ainsi soit-il.

FIN

René Pellegrini

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