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20/08/2018

Les bienfaits de la Royauté du Christ - 3 : La paix

     Dans l’article précédent sur la concorde, il a été précisé que la paix ajoute « à l’union des appétits (…) l’accord de chaque individu avec lui-même ». Se pose alors et s’approfondit, pour le Christ-Roi, la question : La paix est-elle identique à la concorde ? Après l’exposé de trois difficultés, Saint Thomas d’Aquin, selon son habitude, apporte à chacune d’elles la solution et conclut…


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Fête de Saint Myron

(Evêque de Crète  vers 350)

Mis sur blogue le 8 août 2018

LA ROYAUTE UNIVERSELLE DE JESUS-CHRIST – 38

 

LES BIENFAITS DE LA ROYAUTE DU CHRIST – 3

- LA PAIX -

 

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DIIFICULTE 1 :

     Réponse affirmative, semble-t-il, puisque nous parlons de « la paix qui convient aux hommes » et que Saint Augustin la définit : « L’union des cœurs (concordia) dans l’ordre. » (Cité de Dieu, Livre XIX, chapitre XIII)

SOLUTION 1 -  Saint Augustin parle ici de la paix entre plusieurs et il l’appelle « concorde », mais qui doit être « dans l’ordre », c’est-à-dire l’accord de deux hommes d’une manière convenable à tous deux. Si l’un, en donnant son consentement, n’est pas libre, mais comme poussé par quelque crainte, pareille concorde n’est pas une paix véritable : « l’ordre » qui aurait dû présider au contrat a été troublé par ce qui a causé la crainte chez l’un des contractants. C’est pourquoi Saint Augustin avait commencé par dire : « La paix c’est la tranquillité dans l’ordre » ; c’est-à-dire l’apaisement de toute agitation, de tout mouvement sensitif ou volontaire, dans l’individu.

DIFFICULTE 2

     Une certaine unité des volontés, c’est la concorde, mais aussi la paix, puisque, selon Denys : « Elle unit tous les êtres et produit l’unité des sentiments. »

SOLUTION 2 – De ce qu’un individu est en parfait accord avec quelqu’un, il ne s’ensuit pas qu’il le soit avec lui-même, à moins que tous ces mouvements intérieurs ne s’accordent entre eux.

DIFFICULTE 3  

     Lorsqu’une même chose est contraire à deux autres, celles-ci ne font qu’un. Or, c’est le cas de la concorde et de la paix. On pourrait donc la confondre avec la concorde, selon le mot de Saint Paul :

« Notre Dieu n’est pas un Dieu de dissension, mais un Dieu de paix. » (I Corinthiens XIV, 33)

SOLUTION 3 – Des méchants peuvent s’accorder pour faire le mal, mais il est écrit :

« Il n’y a point de paix pour les méchants. » (I Corinthiens XIV, 33)

     A la paix s’oppose un double désordre : dans le même homme, entre plusieurs hommes. Le second seul, ou discorde, est opposé à la concorde.

CONCLUSION :

     « La paix, c’est d’abord la concorde, mais c’est quelque chose de plus. Partout où règne la paix, règne la concorde ; mais la réciproque n’est pas vraie, si l’on entend la paix selon sa véritable acception. En effet, la concorde, proprement dite, implique une relation à autrui : c’est le consentement des volontés de plusieurs personnes. Mais il arrive que, dans la même personne, des tendances opposées se manifestent : soit entre les deux appétits, sensitif et raisonnable : « La chair ayant des désirs contraires à ceux de l’esprit (…) » (Galates V, 17) ; soit dans le même appétit par rapport à divers objets qu’il ne peut atteindre à la fois. A l’encontre de ces mouvements en sens contraire, c’est le rôle de la paix d’établir l’union, car, le cœur humain n’a point de paix lorsque, ayant quelque chose qu’il désire, il désire encore autre chose qu’en même temps il ne peut avoir. Mais cette union-là est étrangère à la concorde, qui unifie les vouloirs de plusieurs hommes, tandis que la paix va plus loin et unifie ceux (les vouloirs) d’un seul et même individu. »

     La Révolution, depuis plus de deux siècles, a perturbé le sens de tous les mots importants. C’est aussi sur ce terrain que se joue le combat de la foi et de la vérité, car le mot paix est très fréquent dans la bouche des hommes politiques, des religieux et des gens en général.  On a même créé une organisation pour la paix : l’O.N.U - grimace du diable et substitut du Royaume de Dieu sur la terre -  attelage mal assorti, offrant le spectacle le plus affligeant qui soit. Il ne faut pas être dupe de ce mot, de son utilisation et de son application de nos jours.

     En effet, il existe de fausse paix qui font des ravages : celle de l’O.N.U, celle de la paix chimique ou psychiatrique et même la paix familiale qui refuse de défendre la vérité de Dieu et de l’Eglise contre l’erreur pour ne pas indisposer des membres de la famille, ou perdre des ‘’amis’’, amenant parfois ce genre de propos : « Depuis que je ne défends plus la vérité, j’ai trouvé la paix ! ». Curieuse et triste paix qui consiste à renoncer au combat de la foi et de la Vérité évangélique. Comportements fréquents chez les Catholiques libéraux qui refusent de prendre parti, bien que souvent leurs actes témoignent qu’ils ont déjà choisi leur camp depuis longtemps, tout en voulant donner des leçons de charité chrétienne.

     La vraie paix c’est Notre-Seigneur qui nous la donne, celle qui est conforme à la Vérité :

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas comme le monde la donne que je vous la donne. » (St Jean XIV, 27)

     Cette paix n’est pas celle des compromis, des promesses et des traités sans fond et sans solidité qu’offre le monde, c’est celle de la Vérité ; mais son chemin passe par la croix du Prince de la paix. N’imitons pas Pilate et sa fausse paix avec Hérode contre Jésus-Christ, qui l’amena au suicide.

     Rappelons-nous, aussi, ce que disait le Cardinal Pie « L’amour de la vérité passe avant tout, même avant l’amour de la paix. » (Dom Besse, Le Cardinal Pie, Editions du Chiré, 2014, page 27)

(A suivre...si Dieu veut)

René Pellegrini

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