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05/09/2018

Fonctions des dominations, principautés et puissances

     Les sept grands Princes angéliques tiennent une trop large place dans la création et dans le gouvernement du monde ; ils nous obtiennent trop de faveurs, nous rendent trop de services ; ils sont trop honorés de Dieu lui-même, pour que l’Eglise ait oublié de leur rendre un culte spécial de reconnaissance et de vénération…


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Fête de Saint Bertin

(Abbé 698)

 

CHAPITRE XI

 

FONCTIONS DES DOMINATIONS, PRINCIPAUTES ET PUISSANCES

 

création, culte des anges, chrétiens, Cité du bien, Dioclétien, dominations, Eglise, éternité, faveurs, généraux d’armée, gouvernement du monde, harmonie, hiérarchie, honneur, inspiration, intelligences, jeûnes, justice, magistrats, malfaiteurs, martyrs, milice céleste, monde catholique, nations, obstacles, officiers supérieurs, ordre sacré, paix, Pie IV, prières, princes, principautés, protection, puissances, reconnaissance, règne,  Reine du ciel, révélation, royaumes, saint augustin, sanctuaire, services, temple, traditions, trônes, vénération, vivre, volontés     Les sept grands Princes angéliques tiennent une trop large place dans la création et dans le gouvernement du monde ; ils nous obtiennent trop de faveurs, nous rendent trop de services ; ils sont trop honorés de Dieu lui-même, pour que l’Eglise ait oublié de leur rendre un culte spécial de reconnaissance et de vénération. Leur mémoire est célèbre dans les différentes parties du monde catholique ; mais nulle part elle n’est aussi vivante qu’en Sicile, à Naples, à Venise, à Rome et dans plusieurs villes d’Italie.

     Ces lieux, où semblent se conserver plus religieusement qu’ailleurs les antiques traditions, vous les montrent représentés en peinture, en sculpture et même en mosaïque. Palerme, capitale de la Sicile, possède une belle Eglise dédiée aux sept Anges, princes de la milice céleste. En 1516, leurs images, d’une haute antiquité, furent découvertes par l’archiprêtre de cette Eglise, le vénérable Antonio Duca. Souvent pressé par l’inspiration divine, ce saint homme vint à Rome, en 1527, pour propager le culte de ces anges, leur trouver et leur bâtir un sanctuaire.

     Après beaucoup de jeûnes et de prières, il mérita de connaître, par révélation, que les Thermes de Dioclétien devaient être le temple des sept Anges, assistants au trône de Dieu. Les raisons du choix divin étaient que ces Thermes fameux avaient été bâtis par des milliers d’anges terrestres, c’est-à-dire par quarante mille chrétiens condamnés à ce dur travail ; que leur construction gigantesque avait duré sept ans ; qu’entre tous ces martyrs, sept brillèrent d’un éclat plus vif : Ciriaque, Largus, Smaragdus, Sisinnius, Marcel et Thrason, qui encouragèrent les chrétiens et pourvoyaient à leurs nécessités.

     Cette révélation ayant été constatée, les souverains Pontifes Jules III et Pie IV ordonnèrent de purifier les Thermes et de les consacrer en l’honneur des sept Anges, assistants au trône de Dieu, ou de la Reine du ciel environnée de ces sept Anges. Michel-Ange fut chargé du travail. Avec les riches matériaux des Thermes voluptueux du plus grand ennemi des chrétiens, le célèbre architecte bâtit la splendide Eglise qu’on admire encore aujourd’hui. Ce fut le 5 août 1561 que Pie IV, en présence du sacré collège et de toute la cour romaine, la consacra solennellement à sainte Marie des Anges et l’honora d’un titre cardinalice (1). On voit que, dans sa maternelle sollicitude, l’Eglise catholique ne néglige rien pour nous faire connaître les anges, pour les honorer, pour nous rapprocher d’eux et nous assurer leur puissante protection. Rien de plus intelligent qu’une pareille conduite. Nous sommes de la famille des anges et nous devons vivre avec eux pendant toute l’éternité.

     Passons à la seconde hiérarchie. Nous l’avons déjà remarqué, il n’y a pas de saut dans la nature. Toutes les créations se touchent et s’enchaînent par des liens mystérieux, en sorte que les dernières productions d’un règne supérieur se confondent avec les productions les plus élevées du règne inférieur (2). La même loi régit le monde des intelligences, prototype du monde des corps. Ainsi, les Trônes, dernier ordre de la première hiérarchie angélique, touchent immédiatement à l’ordre le plus élevé de la seconde, les Dominations. Si les Trônes finissent la hiérarchie des Anges assistants, les Dominations commencent les hiérarchies des Anges administrateurs. Ces dernières, au nombre de deux, sont dans le gouvernement du monde et de la Cité du bien, ce que sont les dans les sociétés humaines les Chefs des grands corps de l’Etat, les Généraux d’armée, les Magistrats. La plus élevée se compose des Dominations, des Principautés et des Puissances.

     Indiquer et commander ce qu’il faut faire est le rôle des Dominations. Elles sont ainsi appelées, et avec raison, parce qu’elles dominent tous les ordres angéliques chargés d’exécuter les volontés du grand Roi : comme le généralissime d’une armée domine tous les chefs de corps placés sous ses ordres, et les fait manœuvrer suivant les intentions du prince dont il est le représentant (3).

     Pour continuer la comparaison, les Principautés, dont le nom signifie conducteurs suivant l’ordre sacré (4), représentent les généraux et les officiers supérieurs, qui commandent à leurs subordonnés les mouvements et les manœuvres, conformément aux prescriptions du généralissime. Princes des nations et des royaumes, ces puissants esprits les conduisent, chacun en ce qui le concerne, à l’exécution du plan divin. Dans ce ministère, le plus important de tous, ils sont secondés par les anges immédiatement soumis à leurs ordres. De là résulte la magnifique harmonie dont parle saint Augustin :

« Les corps inférieurs, dit le grand évêque, sont régis par les corps supérieurs, et les uns et les autres par les anges, et les mauvais anges par les bons (5). »

     Viennent enfin les Puissances. Revêtus, comme leur nom l’indique, d’une autorité spéciale, ces anges sont chargés d’ôter les obstacles à l’exécution des ordres divins, en éloignant les mauvais anges qui assiègent les nations, pour les détourner de leur fin. Dans l’ordre humain, leurs analogues sont les puissances publiques, chargées d’éloigner les malfaiteurs et d’ôter ainsi les obstacles au règne de la justice et de la paix. (6)

(A suivre…si Dieu veut)

(1) Voir, Andrea Victorelli, De Ministeriis angel. ; et Cornelius a Lapide, Apoc., I, 4.

(2) Somme Théologique, Ip., q. CVIII, article 6, corp.

Le Docteur angélique avait deviné le spectacle que présente aux yeux de tous, le curieux Aquarium du Jardin d’acclimatation, à Paris.

(3) Viguier, 85

(4) Et ideo Dion, dicit, c. IX, Viguier, 86

(5) Somme Théologique, idem.

(6) S.T, idem.

- C’est moi qui mets en gras dans le texte.

René Pellegrini

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