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19/09/2018

Rapports de l'acte et de la puissance

     La comparaison entre l’acte et la puissance permet de découvrir quatre axiomes importants qui peuvent se grouper selon quatre points de vue...


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Fête de Saint Théodore de Cantorbéry

(Evêque 690)

 

ONTOLOGIE

 

THESE 1

 

RAPPORTS DE L’ACTE ET DE LA PUISSANCE

 

Nature de ces rapports 

Absurde, accident, acte pur, acquérir, apparence, Averroès, averroïsme, Bergson, changement, contradictoires, créatures, critique contemporaine, devenir, Dieu, eau, effort, être immuable, être subsistant, froid, genre, Héraclite, Hégéliens, idée, imparfait, influence, inintelligible, Je suis celui qui suis, Le Roy, liquide, matérialistes, mouvement, ontologie, opération, parfait, penser, perdre, perfection, philosophes, philosophies,  préexistence, principe de causalité, progrès, puissance, réalité, Renan, révolutionnaires, support, substance, théologies progressistes, théories évolutionnistes     La comparaison entre l’acte et la puissance permet de découvrir quatre axiomes importants qui peuvent se grouper selon quatre points de vue (1) détaillées.

I – Perfection de l’acte et de la puissance.

     a) L’acte est meilleur que la puissance.

     b) Une chose est d’autant plus parfaite qu’elle est en acte, et d’autant moins

         parfaite qu’elle est davantage en puissance.

     c) Ainsi, l’acte pur, c’est-à-dire Dieu, étant sans mélange d’acte et de puissance, est donc absolument parfait.

     d) Mais, dans les créatures, il n’y a pas d’acte sans puissance.

     e) Ainsi, dans les créatures, mélange d’acte et de puissance, l’acte est la perfection de la puissance, car l’acte est ce qui achève toute chose commencée

     f) Aussi, la perfection suprême d’une chose, c’est son opération ou acte.

II – Les oppositions et convenances de l’acte et de la puissance.

       a) L’acte et la puissance sont choses contradictoires car rien ne peut, sous le même rapport, être à la fois parfait et imparfait.

       b) Ainsi, un même objet n’est pas en même temps, et au même point de vue à l’état d’acte et de puissance :

      Exemple : personne ne se trouve simultanément en acte et en puissance de penser une même idée.

      c) Aussi, il n’y a pas de milieu entre la puissance et l’acte. Tout effort réel d’une puissance, si rudimentaire soit-il, est déjà un acte. (2)

     d) L’acte et la puissance appartienne à un même genre : celui de substance ou d’accident. La substance existe par elle-même, l’accident par la substance.

     e) Exemple : la substance « eau ». La substance est support des accidents car l’eau peut exister à l’état liquide, solide (glace) ou gazeux (vapeur d’eau). Cependant, sous ces trois états différents (accidents) elle demeure toujours de l’eau (substance)

III – Passage de la puissance à l’acte.

         a) Une puissance incapable de passer à l’acte serait sans raison d’être. La puissance est faite uniquement en vue de l’acte auquel elle est tend tout entière.

         b) La puissance ne peut par elle-même passer à l’acte. Elle n’effectue ce passage que sous l’influence d’un autre principe déjà en acte. En effet, la puissance consiste en un défaut d’acte ; elle ne pourrait donc s’actuer que par le moyen d’un acte dont, par hypothèse, elle est dépourvue. De là la formule aristotélicienne du principe de causalité : « Tout ce qui est mû reçoit son mouvement d’un autre » (ou d’une autre partie de lui-même déjà en acte).

        c) Tout ce qui passe de la puissance à l’acte subi un changement ; tout changement consiste, en effet, en ce que le sujet reçoit quelque chose qui lui manquait auparavant, ou en ce qu’il perd quelque chose dont il jouissait antérieurement.

       d) L’être immuable, et celui-là seul, est acte pur ; au contraire, tout être susceptible de changement est un composé d’acte et de puissance. L’être immuable, il ne peut donc ni perdre, ni acquérir : c’est le contraire qui s’observe chez les êtres sujets au changement.

IV – Antériorité de l’acte ou de la puissance.

       a) Dans les êtres susceptibles de changement, la puissance est antérieure à l’acte. Si une chose change, en effet, c’est parce qu’il préexistait en elle une puissance de changer.

       b) En soi et ontologiquement l’acte précède la puissance. Aucune puissance, en effet, ne passerait à l’acte, sans la préexistence d’un acte

      c) Voilà pourquoi l’acte est antérieur à la puissance, le parfait à l’imparfait (3) suivant l’axiome moderne : « l’union inconditionnelle du divers est impossible. » (4)  

     Ils sont donc dans l’erreur les philosophes qui, considérant le changement ou mouvement comme la seule réalité, ou comme une apparence, ne conservent que la puissance et rejettent l’acte, tels que Héraclite, des Hégéliens, Renan, Bergson, Le Roy, etc., pour qui :

« Le grand progrès de la critique contemporaine a été de substituer la catégorie du devenir à celle de l’être » (5)  

     Ce qui est absurde, car la puissance est inintelligible sans l’acte a quoi elle tend, ou sans l’acte qui la meut.

     Méfiez-vous de ces philosophies et des emprunts théologiques qui leurs sont faites, car elles dissolvent Dieu dans un éternel mouvement, dans un devenir perpétuel, (6) du genre « Dieu devient ceci ou cela » car il ne devient pas, mais « IL EST : JE SUIS CELUI QUI SUIS » (Exode III, 14). Etant Acte pur, immuable, Être subsistant par Lui-même et possédant toutes les perfections, il ne peut donc ni perdre, ni acquérir, comme cela s’observe chez les êtres sujets au changement.

(A suivre…si Dieu veut)

René Pellegrini

- Article rédigé en m’appuyant sur le Cours de Philosophie scolastique de Désiré Barbedette, 1933, Tome II, Editions Berche et Pagis.

(1) Farges, Théorie fondamentale, p.360-369) et Somme Théologique III, q.1, a.3, ad 3

(2) Farges , Théorie fondamentale, p. 115-119 

(3) Balmès, Philosophie fondamentale, T. I, c.1, n.10 

(4) Garrigou-Lagrange, Dieu, 1914, p. 243,261 ; - Le primat de l’être sur le devenir  (Revue thomiste, 1930, p. 301) 

(5) Renan, Averroès et l’averroïsme, 1893, préf. 7

(6) Le devenir : fondement des théories évolutionnistes et matérialistes, et des 

      théologies progressistes et révolutionnaires.

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