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23/10/2018

Fonctions des Vertus, Archanges et Anges

     La troisième hiérarchie angélique est formée des Vertus, des Archanges et des Anges. Dans les soldats qui composent les différents corps d’armée, dont chaque régiment à sa destination particulière, dans les administrations subalternes à la juridiction restreinte, nous trouvons l’image des trois derniers ordres angéliques et l’idée de leurs fonctions...


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Fête du Bienheureux Jean Massias

(Frère Lai de l’Ordre de Saint Dominique 1645)

CHAPITRE XI

Mis sur blogue le 3 octobre 2018

FONCTIONS DES VERTUS, ARCHANGES ET ANGES

- DANS L’ORDRE MATERIEL ET VISIBLE -

adoration, arbres, archanges, astres, berceau, Cité du bien, communautés, création matérielle, créature, diocèses, échelle de Jacob, empire, esprits célestes, famille, fleurs, foi universelle, foudre, fruits, gloire de Dieu, gouvernement, gouverneurs, grâces, harmonie, hasard, hiérarchie angélique, intelligence, intermédiaires, invisible, lumières, ministères, ministres, miracles, missions, monarque, monde matériel, monde spirituel, monde supérieur, mouvement, nature matérielle, neige, ordre naturel, paganisme, plantes, pluie, provinces, serviteurs, tempêtes, univers, vent, vertus     La troisième hiérarchie angélique est formée des Vertus, des Archanges et des Anges. Dans les soldats qui composent les différents corps d’armée, dont chaque régiment à sa destination particulière, dans les administrations subalternes à la juridiction restreinte, nous trouvons l’image des trois derniers ordres angéliques et l’idée de leurs fonctions. 

     Les Vertus, dont le nom veut dire force, exercent leur empire sur la création matérielle, président immédiatement au maintien des lois qu’ils régissent et y conservent l’ordre que nous admirons. Quand la gloire de Dieu l’exige, les Vertus suspendent les lois de la nature et opèrent des miracles. C’est ainsi que les agents invisibles, dont nous sommes environnés, révèlent leur présence, et montrent que le monde matériel est soumis au monde spirituel, comme le corps est soumis à l’âme. (1)

   Tous les ministères des ordres angéliques se rapportent à la gloire de Dieu et à la déification de l’homme, en d’autres termes, au gouvernement de la Cité du bien. Les hommes, sujets de cette glorieuse Cité, sont l’objet particulier de la sollicitude des anges. Entre eux et nous existe un commerce continuel, figuré par l’échelle de Jacob. Descendre les degrés de cette échelle mystérieuse et venir, dans les occasions solennelles, remplir auprès de l’homme des missions importantes, présider au gouvernement des provinces, des diocèses, des communautés, telle est la double fonction des Archanges, dont le nom veut dire Ange supérieur, ou Prince des anges proprement dits. (2)

     Au-dessous de cet ordre est celui des Anges. Ange signifie envoyé. Tous les esprits célestes étant les notificateurs des pensées divines, le nom d’ange leur est commun. A cette fonction les anges supérieurs ajoutent certaines prérogatives, d’où ils tirent leur nom propre. Les anges du dernier ordre de la dernière hiérarchie, n’ajoutant rien à la fonction commune d’envoyés et de notificateurs, retiennent simplement le nom d’anges. En rapport plus immédiat et plus habituel avec l’homme, ils veillent à la garde de sa double vie et lui apportent, à chaque heure, à chaque instant, les lumières, les forces, les grâces dont il a besoin, depuis le berceau jusqu’à la tombe. (3)

     Si nous résumons cette rapide esquisse, quel immense horizon s’ouvre devant nous ! Quel imposant spectacle se déroule à nos yeux ! Il est donc vrai qu’au lieu de n’être rien, le monde supérieur est tout ; que le réel, c’est l’invisible ; que le monde matériel vit sous l’action permanente du monde spirituel ; que Dieu gouverne l’univers par ses anges, librement, sans nécessité, sans contrainte, comme un roi gouverne son royaume par ses ministres, et un père, sa famille, par ses serviteurs. Il est vrai encore que l’action de ces esprits administrateurs atteint chaque partie de l’ensemble, en sorte que ni l’homme ni aucune créature, n’est abandonnée au hasard, laissée à ses propres forces, ou livrée sans défense aux attaques des puissances ennemies. (4)

     Princes et gouverneurs de la grande Cité du bien, à laquelle se rapporte tout le système de la création, les anges, dans l’ordre naturel, président au mouvement des astres, à la conservation des éléments et à l’accomplissement de tous les phénomènes naturels, qui nous réjouissent ou qui nous effrayent. Entre eux est partagée l’administration de ce vaste empire. Les uns ont soin des corps célestes, les autres, de la terre et de ses éléments ; les autres, de ses productions, les arbres, les plantes, les fleurs et les fruits. Aux autres est confié le gouvernement des vents, des mers, des fleuves, des fontaines ; aux autres, la conservation des animaux. Pas une créature visible, si grande ou si petite qu’elle soit, qui n’ait une puissance angélique chargée de veiller sur elle. (5)

     L’homme animal, nous le savons, animalis homo, nie cette action angélique ; mais sa négation ne prouve qu’une chose, c’est qu’il est animal. Pour l’homme qui a l’intelligence, cette action est évidente. Partout où la nature matérielle laisse apercevoir de l’ordre, de l’harmonie, du mouvement, un but ; là, on reconnaît aussitôt une pensée, une intelligence, une cause motrice. Or, rien dans la nature matérielle, ne se fait sans ordre, sans harmonie, sans mouvement, sans but.

     Quel est le principe de toutes ces choses ? Il n’est pas, il ne peut pas être dans la matière, inerte et aveugle de sa nature. A coup sûr, le vent ne sait ni où ni quand il doit souffler ; ni avec quelle violence ; ni quelles tempêtes il doit soulever ; ni quels nuages il doit amonceler. La pluie, la neige, la foudre elle-même savent-elles où elles doivent se former, où elles doivent tomber ; la direction qu’elles doivent tenir, le but qu’elles doivent atteindre ; le jour et l’heure où elles doivent accomplir  leur mission ? Il en est de même des autres créatures matérielles, si improprement décorées du nom d’agents.

     Où donc est le principe de l’ordre, de l’harmonie et du mouvement ? A moins d’admettre es effets sans cause, il faut nécessairement le chercher en dehors de la création matérielle, dans une nature intelligente, essentiellement active, supérieure et étrangère à la matière. C’est là, en effet, et là seulement, que le place la vraie philosophie. En parlant du Créateur, principe de tout mouvement et de toute harmonie, le prophète nous dit : Les créatures font sa parole, c’est-à-dire exécutent ses volontés, faciunt Verbum ejus (6) Mais comment la parole créatrice est-elle mise en contact universel et permanent avec le monde inférieur, jusqu’au dernier des êtres dont il se compose ? De la même manière que la parole d’un monarque avec les parties les plus éloignées et les plus obscures de son empire, par des intermédiaires.

     Les intermédiaires de Dieu sont les esprits célestes, qui fecit angelos suos spiritus. (7) Cette vérité est de foi universelle. Sous tous les climats, à toutes les époques, le paganisme lui-même le proclame, et la théologie catholique la manifeste dans toute sa splendeur. Savoir que toutes les parties de l’univers vivent sous la direction des anges : quelle source inépuisable de lumières et d’admiration pour l’esprit, de respect et d’adoration pour le cœur !

(A suivre…si Dieu veut)

(1) Somme Théologique (S.T), Ip, ques. CVIII, art. 6, corp.

(2 et 3) Viguier, 86

(4) S.T, Ip, ques. VII, art. 2, corp. ; ques. LIV, art. 5, corp.; LVIII, art. 2, corp.

(5) Texte latin. St Augustin, Lib. LXXXIII, Ques. LIX.

(6) « feu, grêle, neige, glace, vents des tempêtes, qui exécutez sa parole. » (Psaumes CXLVIII, 8.) Référence biblique non donnée.

(7) « qui fait de ses anges des vents » (Hébreux I, 7). Référence biblique non donnée.

René Pellegrini

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