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19/11/2018

Le massacre de la légion thébaine

     En commentant ce récit sur cette légion chrétienne, je risque de heurter certaines consciences sensibles. Je ne cherche pas à provoquer ni à blesser. Je souhaiterai que mes commentaires soient reçus, par ceux qui seraient en désaccord, comme la volonté de montrer jusqu’où peut conduire une foi profonde formée sur le modèle de Jésus-Christ et à laquelle je ne suis pas insensible, car l’Eglise…


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Fête de Saint Florent

(Evêque et confesseur 675)

Mis sur blogue le 7 novembre 2018

LE MASSACRE DE LA LEGION THEBAINE

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- LA FOI EN ACTE -

     En commentant le récit sur cette légion chrétienne, je risque de heurter certaines consciences sensibles. Je ne cherche pas à provoquer ni à blesser. Je souhaiterai que mes commentaires soient reçus, par ceux qui seraient en désaccord, comme la volonté de montrer jusqu’où peut conduire une foi profonde formée sur le modèle de Jésus-Christ et à laquelle je ne suis pas insensible, car l’Eglise les ayant portés sur les autels ils sont, à mon sens, dignes d’être suivis et imités avec l’aide de la grâce et autant qu’elle le permet. Je m’excuse pour la longueur de cet article, mais, pour en faciliter le suivi et sa compréhension, j’ai préféré le donner en totalité.

     Le massacre de la légion thébaine – six mille six cents hommes – qui eut lieu aux temps du tyrannique empereur Dioclétien, et que j’extraie de la « Fleur des Saints » du Père Ribadeneira. Ce récit nous est rapporté par Saint Eucher, évêque de Lyon, dans une lettre adressée à l’évêque Salvius.

     Pourquoi un tel massacre ? Parce que le prince Maximien avait ordonné à cette légion – qu’il avait fait venir spécialement d’Orient – d’aller avec d’autres troupes, enlever les chrétiens parmi lesquels, bien entendu, des hommes, des femmes et des enfants de tous âges, et de les conduire à la mort. Devant le refus motivé des chefs chrétiens de la légion, le tyran exerce une première contrainte, il fait décimer (un sur dix) la légion, ce qui provoque la mort de plus de 600 soldats chrétiens.

     « La fureur qu’elle excita dans l’esprit de ce prince fut si violente, qu’il commanda sur le champ qu’on décimât la légion, afin que ceux que le sort aurait épargné, épouvantés par le danger qu’ils venaient d’éviter, et par la vue de leurs compagnons égorgés à leurs yeux, se résolussent d’obéir ; mais ni ce triste spectacle, ni la crainte d’une pareille destinée, ne purent les ébranler. Ils s’écrièrent tous qu’on ne verrait jamais leurs mains souillés du meurtre de leurs frères, ni fumantes de leur sang innocent ; qu’ils détestaient le culte impie des idoles, qu’ils étaient des adorateurs du vrai Dieu, et qu’ils endureraient les dernières extrémités et la mort même, plutôt que de faire quelque chose contre la religion qu’ils professaient. »

     Observons bien que le refus d’obéissance est en rapport avec un ordre reçu, mais un ordre mauvais.  Le païen Maximien exigeait des soldats chrétiens « le meurtre de leurs frères ». Il est impossible pour un vrai chrétien d’obéir à un ordre mauvais ou injuste. Le fondement d’un tel refus étant « adorateurs du vrai Dieu, ils respecteraient la religion qu’ils professaient  ». Le premier massacre n’ayant en rien changé l’attitude des légionnaires, et leurs propos ayant été rapportés à Maximien, il exerce une nouvelle contrainte, et on décime une seconde fois.

« Cela ayant été rapporté à Maximien, il ordonna qu’on décimât la légion pour la seconde fois, et qu’on ne laissât pas ensuite de contraindre ceux qui resteraient à exécuter ses premiers ordres. La légion fut donc encore décimée ; mais le reste, sans s’étonner, persévéra toujours dans le même refus ; les officiers et les soldats s’exhortent mutuellement les uns les autres à demeurer fermes dans une si belle résolution. Mais celui qui leur inspirait le plus cette admirable fermeté, était saint Maurice, leur colonel, auquel se joignirent Exupère, maréchal de camp, et Candide, prévôt de la légion. Ces trois officiers ne cessaient de leur représenter la sainteté du serment qu’ils avaient fait à Jésus-Christ, la fidélité qu’ils lui devaient comme à leur véritable empereur ; qu’il était beau de mourir pour la défense de la loi de Dieu ; que l’exemple de leurs compagnons qu’ils voyaient étendus sur la poussière, comme autant de victimes sacrifiées à Dieu, les devait merveilleusement encourager ; que du haut du ciel, où ils venaient de monter, ils leur tendaient la main, et leur montraient des couronnes toutes pareilles à celles qu’ils apercevaient briller sur leurs têtes. Ces trois grands hommes n’eurent pas de peine à allumer dans le cœur de leurs soldats, ce feu divin dont ils brûlaient eux-mêmes. »

     Ils sont passifs, n’esquissent aucun geste pour se défendre ou pour protéger leurs frères d’armes exécutés sous leurs yeux. Cependant, il est dit qu’ils moururent pour « la défense de la loi de Dieu ». Ils ont donc parfaitement défendu la loi divine en n’intervenant pas. Ce qui suit illustre parfaitement leur foi et la fidélité du serment fait à Jésus-Christ lorsqu’un ordre de l’autorité temporelle entre en conflit avec un commandement de Dieu.

« Tous soupiraient après le martyre. Ainsi animés de ce beau feu. Ils firent présenter à Maximien un écrit conçu à peu près en ces termes : Seigneur, nous sommes vos soldats, il est vrai, mais nous sommes aussi les serviteurs du vrai Dieu, et nous nous faisons gloire de le confesser. Vous nous honorez de la milice ; mais nous devons à Dieu le don inestimable de l’innocence. Nous recevons de vous la solde comme une récompense due à nos travaux ; mais nous tenons de Dieu la vie, comme un don purement gratuit, et que nous ne pouvons jamais mériter. Il ne nous est donc plus permis d’obéir à notre empereur, dès que Dieu nous le défend : oui notre Dieu, et le vôtre, seigneur. Commandez-nous des choses justes, vous nous trouverez soumis, obéissants, prêts à tout entreprendre pour votre service et pour votre gloire : Montrez-nous l’ennemi ; et nous répondons de sa défaite, nos mains n’attendent que votre ordre pour se tremper dans le sang ; mais nous ne répandrons jamais celui de nos frères, de vos sujets. »

     Placés dans un état d’obéissance à l’égard de leur prince – bien que païen et sanguinaire – qui est leur autorité supérieure, ils sont aussi « serviteurs de Dieu » de qui ils tiennent les dons inestimables « de l’innocence et de la vie » ce qui leur fait dire « Commandez-nous des choses justes » justifiant ainsi leur désobéissance par l’ordre mauvais reçu, se dressant contre l’autorité souveraine de Dieu.

     Pensez-y militaires et forces de l’ordre catholiques et chrétiens lorsqu’on vous enverra contre vos frères - sans arme, sans défense, se tenant tranquille et loin de toute agitation et propagande révolutionnaire contre les autorités établies - n’ayant que le mauvais goût de vouloir louer, aimer, servir Dieu et, selon la mission reçue, de confesser leur foi devant les hommes, en dénonçant verbalement, ou par écrit, ce qui se dresse contre ses enseignements auxquels tout homme doit se soumettre, qu’elle que soit sa position sociale, s’il ne veut pas finir par ressembler à un animal mû uniquement par ses sens, et faire retour à l’animalité et à la barbarie d’où le christianisme l’a progressivement sorti.

     Ce qui suit peut paraître surprenant :

« Avons-nous pris les armes, pour en exterminer les Romains, ou pour les défendre ? Et n’est-ce pas pour la justice, pour la conservation de l’empire, pour y maintenir la tranquillité, que nous avons jusqu’à présent combattu ? Ca toujours été le prix aussi bien que le motif de tant de périls où nous nous exposons chaque jour ? »

     Pour la défense d’un empire païen, ils prirent les armes, mirent en péril leur vie. Pourquoi ne les prennent-ils pas pour protéger leurs frères en danger de mort ? Sommes-nous en présence d’une légion de chrétiens déficients mentaux ? Non ! L’Eglise les a inscrits dans le catalogue des saints : ils ont été portés sur les autels. Ils sont donc des exemples pour la foi que nous pouvons imiter.    

     Tout aussi surprenant et à méditer ce qui suit :

« Mais enfin, seigneur, si nous manquons à la fidélité que nous avons promise à Dieu, quelle assurance aurez-vous que nous garderons celle que nous vous avons jurée ? Un double serment nous lie envers Dieu, et envers notre empereur ; si nous violons le premier, le second nous doit peut coûter à rompre. Vous nous commandez d’égorger des chrétiens ; que n’employez-vous à ce grand exploit vos autres soldats ? Ils vous ont si bien servi, lorsque vous leur avez donné l’ordre de faire main basse sur nos compagnons. »

     Remarquons leur comportement à l’égard de leurs frères voués à une mort certaine. Qui doit faire ce sordide travail de tuer les chrétiens ? « Vos autres soldats ». Ils n’ignorent pas ce qui a déjà été fait « main basse sur leurs compagnons ». Inconscience ? Ils sont encore plus de 5000, de surcroît valeureux soldats, ne feraient-ils pas mieux de s’organiser pour se défendre ? Mourir pour mourir, autant que ce soit en combattant et en portant secours aux plus faibles plutôt que de se laisser massacrer, et ainsi ouvrir le chemin pour l’égorgement de leurs frères sans défense (hommes, femmes, vieillards, enfants et enfants à naître) par d’autres soldats païens ! Ils ne font rien pour se (et les) protéger, mais :

« Qu’attendez-vous pour en faire autant de nous ? Qui vous arrête ? Nous confessons un Dieu créateur de toutes choses, et un Jésus-Christ, son Fils, et Dieu comme son Père. Nous venons de voir nos chers compagnons expirer sous le fer meurtrier de vos bourreaux, et nous sommes tous couverts de leur sang. Nous avez-vous vu verser la moindre larme ? Avons-nous jeté le moindre soupir ? Vous a-t-on dit que nous déplorions leur mort prématurée ? Au contraire, nous l’avons accompagné de nos vœux, de mille marques de joie. Nous leur portons envie, nous les estimons heureux d’avoir été trouvés dignes de souffrir pour leur Dieu»

     Voilà qui donne à réfléchir et à méditer. Ils disent « nous venons de voir » et ils n’ont pas bougé, et de nouveau ce qui les détermine et souligne ce qu’est la foi bien comprise « être digne de souffrir pour Dieu »

« Au reste, qu’on n’appréhende rien de notre désespoir ; la crainte de la mort n’amènera point nos mains pour repousser celle qu’on voudra nous donner ; et notre empereur, quoique acharné à notre perte, ne nous sera pas moins respectable. Nous ne parerons point les coups qu’il nous fera porter, et nous ne nous servirons point de nos armes pour empêcher l’exécution de ses ordres, quelque injustes qu’ils soient. Nous aimons donc mieux mourir nous-mêmes que de faire le moindre mal à nos frères, et entre mourir innocents et vivre coupables, il n’y a pas à balancer aux choix. Enfin nous sommes chrétiens, nous ne pouvons nous résoudre à verser le sang des chrétiens. »

     C’est ce qu’ils firent :

« Maximien s’étant fait lire cet écrit, également fort et respectueux, et n’espérant plus de pouvoir vaincre la constance de ces généreux chrétiens, se résolut de les faire passer tous par le fil de l’épée. Nos saints voyant approcher les soldats l’épée nue, mirent bas les armes ; présentant la gorge aux bourreaux, ils recevaient le coup mortel sans pousser la moindre plainte. Ils auraient pu vendre bien cher leur vie ; et fort de leur nombre et de leur valeur, faire sentir aux soldats qui les massacraient, qu’il n’était pas si facile de la leur ôter. Mais se ressouvenant que Celui qu’ils adoraient, et pour l’amour duquel ils mourraient, semblable à un paisible agneau, n’avait pas ouvert la bouche pour se plaindre de l’injustice de ses ennemis ; ils se laissèrent déchirer comme d’innocentes brebis, qu’une bande de loups affamés ont assaillies dans un lieu écarté. La terre fut en un instant couverte de corps, ou morts ou mourants, et de longs ruisseaux de sang coulaient de tous côtés. »

    Les soldats ne se défendent pas et assument totalement l’injustice qu’on leur fait subir. Ils ont acquis la sainteté sans pour autant avoir tenté l’impossible pour se sauver eux-mêmes, leurs frères d’armes et les autres chrétiens de la mort.

     Moins de quarante ans plus tard, la Rome païenne et impériale se convertissait au christianisme. Le sang des martyrs, semence de chrétiens, avait fait son œuvre.

« Quel tyran, quelque altéré qu’il en fût, en a jamais fait rouler ainsi des torrents sur le sable ? Un seul arrêt a-t-il jamais puni tant de criminels à la fois ? Cependant, quoiqu’un crime commis par une multitude de coupables demeure presque toujours impuni, ici la multitude ne peut sauver même les innocents. C’est ainsi qu’un seul homme, abusant de sa puissance, fit périr d’une seule parole un peuple tout entier de saints. C’est ainsi que fut éteint dans son sang cette légion d’anges mortels ; mais il faut croire que dans le moment elle s’alla joindre aux légions des esprits célestes, pour louer et bénir le Dieu des armées. »

     Voilà comment ce sont comportés des chrétiens face à un tyran usant de violence pour forcer à commettre un acte contraire à la loi divine, sans faire valoir la légitime défense.

CONCLUSION

     On cherche à comprendre un tel comportement. Il ne se comprend que par la foi fondée solidement sur l’adhésion à l’exemple de leur Seigneur et Maître face à ses ennemis, et professée sans faille jusqu’à ses ultimes conséquences car « se ressouvenant que Celui qu’ils adoraient, et pour l’amour duquel ils mourraient, semblable à un paisible agneau, n’avait pas ouvert la bouche pour se plaindre de l’injustice de ses ennemis ». Foi qui demeura fidèle au serment les liant à Jésus-Christ par le baptême, et par lequel ils furent revêtus de Jésus-Christ en sa mort et sa résurrection pour marcher « en communion » et « en vérité » dans la lumière qu’est l’exemple laissé par Jésus-Christ. Lui qui pouvait faire appel à son Père qui lui enverrait plus de 12 légions d’anges pour le délivrer. (St Matthieu XXVI, 53)

« Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité. » (I Jean II, 6)

 « Car c’est à cela que vous avez été appelés, parce que le Christ aussi à souffert pour nous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces ; (…) lui qui injurié, ne rendait point d’injures, et, maltraité, ne faisait point de menaces, mais se livrait à celui qui le jugeait injustement. » (I Pierre II, 21-24)

     Devant cette foi des légionnaires chrétiens, pas seulement théorique mais en acte, la nôtre n’est-elle pas trop éreintée par la conjugaison et la diffusion mortelle des fausses doctrines et principes du protestantisme et ceux de ses progénitures, du faux humanisme de la Renaissance, des faux principes révolutionnaires de la judéo-maçonnerie, et du brigandage ecclésiastique que fut le Concile Vatican II, tous ces événements qui ont réduit cette foi à un simple confort psychique, ou l’ont stérilisée par le confort matériel, les plaisirs, les amusements et distractions en tous genres, un milieu ambiant naturaliste, les silences coupables et répétés devant le mal, les outrages faits à Notre-Seigneur, à sa Sainte Mère et aux saints par des monuments d’impiété ?

René Pellegrini

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