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19/12/2018

Pour la honte des libertins : Seconde injustice

     La seconde injustice du libertin à l’égard de la sainteté ne consiste plus à la désavouer, mais à la décréditer, à la rendre odieuse, en lui imputant des défauts prétendus, et en les employant contre elle pour la noircir…


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Fête de Sainte Grégoire

(Evêque d’Auxerre, et confesseur 528)

 

LA SAINTETE – 4

 

« Mirabilis Deus Sanctis in Suis. »

« Dieu est admirable dans ses Saints. » 

(Psaume LXVII, 36)  

POUR LA HONTE DES LIBERTINS : SECONDE INJUSTICE 

 

affranchir, attachement, aversion, aveugles, bienheureux, censure, chutes, combattre, confusion, conviction, crimes, culte de Dieu, défauts, désordre, Eglise, faiblesses, fragilités, gloire, grâce, haine, humilier, ignorance, imperfection, impie, impiété, injustice, intentions, irrépréhensible, libertinage, malignité, mépris, mérites, misères, modèles, mœurs, obéir à Dieu, parfaits, passion, péché, préventions, qualités, relever, sainteté chrétienne, salut, sanctification, service de Dieu, suppositions, trône de Dieu, vertus chrétiennes, vices     La seconde injustice du libertin à l’égard de la sainteté ne consiste plus à la désavouer, mais à la décréditer, à la rendre odieuse, en lui imputant des défauts prétendus, et en les employant contre elle pour la noircir. Car, comme remarque le savant chancelier Gerson, homme entre tous les autres très pénétrant et très éclairé dans la science des mœurs, la sainteté chrétienne n’est point responsable des imperfections de ceux qui la pratiquent. Si celui qui s’adonne au culte de Dieu a encore ses faiblesses et ses passions, il les a parce qu’il est homme, et non parce qu’il est pieux. Bien loin que la piété les fomente et les autorise, elle est la première à les lui reprocher, et elle ne cesse jamais de les combattre. Si elle n’en triomphe pas toujours, et si les passions l’emportent quelquefois sur elle, tel est notre désordre, et non le sien. Il y a plus, et est-il juste d’exiger de la vraie piété, parce qu’elle est en elle-même parfaite et divine, que d’abord elle nous rende des hommes parfaits ? Comme elle ne présume point de pouvoir faire dans cette vie des saints impeccables, aussi ne doit-on pas s’en prendre à elle si ceux qui s’engagent à suivre ses voies sont encore sujets aux fragilités humaines. Relever l’homme de ses chutes, l’humilier dans la vue de ses misères, lui faire trouver dans ses passions mêmes la matière et le fonds de ses mérites, c’est à quoi elle travaille, de quoi elle répond, et non pas d’affranchir l’homme de tout péché, ce qui ne convient qu’à l’état des bienheureux.

     Or, voici maintenant l’autre effet de la malignité du monde. Un homme, pour obéir à Dieu, et en vue de son salut, prend-il le parti de la piété ? Dès là on ne lui pardonne plus rien, et l’on est déterminé à lui faire des crimes de tout ; dès là il ne lui est plus permis d’avoir ni passion, ni imperfection ; on veut qu’il soit irrépréhensible ; et s’il ne l’est pas, on en accuse la piété même. Malignité, ajoute saint Jérôme, la plus inique. Car enfin si la piété doit être exposée à la censure du monde, au moins la censure du monde doit-elle être équitable ; et s’il ne veut pas lui faire grâce, au moins doit-il lui faire justice. Pourquoi donc ces préventions contre elle ? Pourquoi ces suppositions, en lui imputant comme propre ce qu’elle rejette elle-même comme condamnable ? Pourquoi cette aversion secrète envers ceux qui l’ont embrassée ? Pourquoi se penchant à les railler, à les abaisser, à empoisonner leurs actions les plus innocentes et leurs plus droites intentions, à diminuer les bonnes qualités, à exagérer les mauvaises, si quelquefois ils ont font paraître ? Est-ce ainsi que nous en usons avec le reste des hommes ? Et l’attachement au service de Dieu a-t-il quelque chose qui doive attirer le mépris et la haine ? Je pourrais m’en tenir là pour la confusion de l’impie ; mais l’Eglise va plus loin. Elle lui oppose dans la personne des saints, et pour une conviction plus entière, surtout plus sensible, des hommes tels que les concevait saint Paul, et tels en effet qu’ils ont paru selon l’idée de cet apôtre, édifiant le monde, et servant de modèles au monde ; des hommes irrépréhensibles, au sens même que le monde les veut, et que le libertin les demande ; des hommes en qui la piété n’a été ni présomptueuse, ni hautaine, ni aigre, ni critique, ni opiniâtre, ni dissimulée, ni jalouse, ni bizarre, ni intrigante, ni dominante. 

     Ce sont là ceux que l’Eglise oppose au libertinage : ces bienheureux dont elle honore la mémoire, ce sont ces hommes parfaits qu’elle nous met devant les yeux. Sujets par eux-mêmes à tous les vices des autres, ils ne s’en sont ou préservés ou corrigés que par l’exercice et l’étude des vertus chrétiennes. D’où il s’ensuit que leur sanctification, en justifiant le parti de la piété, doit donc couvrir d’un éternel opprobre le libertin qui entreprend de la rendre méprisable. Leur siècle, quoique perverti, les a reconnus et publiés tels que je vous les dépeins. Comme tels, les siècles suivants les ont béatifiés et canonisés : c’est sur le témoignage du monde entier que nous leur rendons en ce jour un culte solennel ; c’est pour cela, dit l’Ecriture, qu’ils sont devant le trône de Dieu, parce qu’ils ont été sans tache devant les hommes : Sine macula enim sunt ante thronum Dei (Apocalypse XIV, 5). Serons-nous assez injustes pour leur disputer tout à la fois, et leur sainteté, et leur gloire ? Mais serons-nous en même temps assez aveugles pour ne pas découvrir toute la faiblesse de l’impiété ? Reprenons : le libertin combat la sainteté chrétienne, et je vous ai fait voir que l’exemple des Saints rend son libertinage insoutenable. L’ignorant ne connaît pas la sainteté chrétienne, et je vais lui montrer que l’exemple des Saints rend son ignorance inexcusable. C’est la seconde partie.  

(A suivre…« Ce qu’est la vraie sainteté - 1 »…si Dieu veut)

René Pellegrini

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