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09/01/2019

Lucifer, le Roi de la Cité du mal - 2 : Le Dragon

     Il en est ainsi ; ce prince angélique, autrefois si bon, si doux, si resplendissant de lumière et de beauté, l’Ecriture l’appelle Dragon, Draco, grand Dragon, Draco magnus. Dans les livres saints, comme le souvenir effrayé de tous les peuples, ce mot désigne un animal monstrueux par sa taille, terrible par sa cruauté, effrayant par sa forme, redoutable par la rapidité de ses mouvements et par la pénétration de sa vue…


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Fête de Saint Marcellin

(Evêque d’Ancône VIe siècle)

 

CHAPITRE XII

 

LUCIFER, LE ROI DE LA CITE DU MAL – 2 : LE DRAGON

 

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     Sous cette forme ou celle de quelque monstrueux reptile, le démon, maître du monde avant l’Incarnation, se trouve partout. Combien ne voit-on pas de saints fondateurs d’Eglise, obligés de commencer, en arrivant dans leur mission, par combattre un dragon ; mais un dragon en chair et en os ! En Bretagne, c’est saint Armel, saint Tugdual, saint Efflam, saint Brieuc, saint Paul de Léon. Rome, Paris, Tarascon, Avignon, Périgueux, le Mans, je ne sais combien de lieux en Ecosse et ailleurs, furent témoins du même combat. Aujourd’hui encore n’est-ce pas le Dragon ou le Serpent adoré, que doivent lutter nos missionnaires d’Afrique ?

     Mais ces récits ne sont-ils pas de la légende ? Ces descriptions, des tableaux d’imagination ? Le Dragon a-t-il réellement existé ? Nous répondrons, d’abord, que le dragon, avec tous ses caractères, est trop souvent nommé dans les livres saints et même dans toutes les langues anciennes, pour n’être qu’un animal fantastique. Nous répondrons ensuite que, grâce aux découvertes récentes de la Géologie, son existence ne peut être révoquée en doute. A l’égard du dragon, comme de la licorne, dont Voltaire et son école avaient tant plaisanté, la science est venue donner raison à la Bible et à l’antique croyance des peuples.

     David parle de la licorne ; Aristote décrit l’oryx (âne indien), qui selon lui n’avait qu’une corne ; Pline indique la Fera Monoceros (bête fauve à une seule corne) ; les historiens chinois citent le Kio-ta-ouan (animal à corne droite), comme habitant la Tartarie. Tous ces témoignages n’arrêtaient pas l’impiété moderne du dernier siècle. Cependant ils devaient faire conclure à l’antique existence de la licorne, peut-être même à la découverte de cet animal. Vers 1834, cette espérance a été réalisée. Un Anglais résidant aux Indes, M. Hodgson, a envoyé à l’Académie de Calcutta la peau et la corne d’une licorne, morte dans la ménagerie du Radjah de Népaul. Depuis, conformément à l’indication donnée par les historiens chinois, on a découvert, dans le Thibet, une vallée dans laquelle habite l’animal biblique.

     Quant au dragon, laissons parler notre plus illustre géologue.

« Un genre de reptiles bien remarquable, dit Cuvier, et dont les dépouilles abondent dans les sables supérieurs, c’est le Mégalosaurus (grand lézard) ; il est ainsi nommé à juste titre, car avec les formes des lézards, et particulièrement des Monitors, dont il a aussi les dents tranchantes et dentelées, il était d’une taille si énorme, qu’en lui supposant les proportions des monitors, il devait passer soixante-dix pieds de longueur : c’était un lézard grand comme une baleine. » (2)

     Plus loin, Cuvier parle du Plésiosaurus (voisin du lézard), et du Ptérodactylus (volant avec ses pattes, comme la chauve-souris), espèce de lézard,

« armés de dents aiguës, portés sur de hautes jambes, et dont l’extrémité antérieure a un doigt excessivement allongé, qui portait vraisemblablement une membrane, propre à le soutenir en l’air, accompagné de quatre autres doigts de dimension ordinaire, terminés par des ongles crochus. » Et il ajoute :

« Si quelque chose pouvait justifier ces hydres et ces autres monstres dont les monuments du moyen âge (3) ont si souvent répété la figure, ce serait incontestablement le Plésiosaurus. » (4)

     En effet, à ce monstre et à ses pareils que manque-t-il pour être les Dragons de l’histoire ? Toutefois, pour leur restituer ce nom, sans conteste, la connaissance positive de certains détails manquait d’abord au grand naturaliste. Leur prodigieuse dimension et leur faculté de voler ne sont encore pour lui que des suppositions et des vraisemblances. Mais voici que, pour la confusion de l’incrédulité, la terre ouvre de nouveau ses entrailles, et les conjectures de Cuvier deviennent des faits palpables. Des fouilles amènent la découverte de gigantesques reptiles. Cuvier les voit et en donne la description suivante :

« Nous voici, dit-il, arrivés à ceux de tous les reptiles, et peut-être de tous les animaux fossiles, qui ressemblent le moins à ce que l’on connaît, et dont les combinaisons de structure paraîtraient, sans aucun doute, incroyables à quiconque ne serait pas à porter de les observer par lui-même. Le Plésiosaurus avec des pattes de cétacé, une tête de lézard et un long cou, composé de plus de trente vertèbres, nombre supérieur à celui de tous les autres animaux connus, qui est aussi long que son corps, et qui s’élève et se replie comme le corps des serpents. Voilà ce que le Plésiosaurus et l’Ichtyosaurus sont venus nous offrir, après avoir été ensevelis pendant plusieurs milliers d’années sous d’énormes amas de pierres et de marbres. » (5)

     Parlant du Ptérodactyle-géant :

« Voilà donc, continue le grand naturaliste, un animal qui, dans son ostéologie, depuis les dents jusqu’au bout des ongles, offre tous les caractères classiques des Sauriens (Lézards). On ne peut donc pas douter qu’il n’en ait aussi les caractères, dans les téguments et dans les parties molles ; qu’il n’en ait eu les écailles, la circulation…C’était en même temps un animal pourvu de moyens de voler (…) qui pouvait encore se servir des plus courts de ses doigts pour se suspendre (…) mais dont la position tranquille devait être ordinairement sur ses pieds de derrière, encore comme celle des oiseaux. Alors il devait être aussi, comme eux, tenir son cou redressé et recourbé en arrière, pour que son énorme tête ne rompît pas tout équilibre. » (6)

     Avec le temps, la démonstration devient de plus en plus éclatante. C’est ainsi qu’en 1882, on a découvert, dans une tranchée du chemin de fer en exécution, près de Poligny, les débris d’un énorme saurien. La dimension des os recueillis est telle, qu’on ne peut assigner à l’animal retrouvé moins de 30 à 40 mètres de longueur (7)

     De son côté, le célèbre Zimmermann a publié les dessins de gigantesques fossiles, récemment découverts en Allemagne. Chose remarquable ! Ces dessins, copie fidèle de la réalité, se rapprochent beaucoup des figures de dragons, conservés chez les Chinois, le peuple le plus traditionnaliste du monde.

« On trouve, dit le savant Allemand, les fossiles de lézards de la taille de la plus énorme baleine. A une de ces monstrueuses espèces appartient l’Hydrarchos (le prince des eaux), dont le squelette a 120 pieds de long (…) auquel nous joignons un autre monstre qui paraît justifier toutes les légendes des temps antiques sur les dragons ailés. C’est le Ptérodactylus. Son patagion, ou membrane qui sert à voler, se déploie entre le pied de devant et le pied de derrière, de façon à laisser les griffes libres pour saisir la proie. La tête du monstre est presque aussi grande que la moitié du tronc. Sa mâchoire est armée de dents aiguës et recourbées, qui devaient en faire un redoutable ennemi pour les animaux dont il faisait ses victimes. » (8)

     Que Voltaire et sa génération en prennent leur parti ; il a existé une espèce de monstres amphibies de 100 pieds de longueur et d’une grosseur proportionnée, montés sur de hautes jambes terminées par les griffes du lion, ayant les ailes de chauve-souris, les écailles de crocodile, les dents du requin, la tête du cachalot, le cou et la queue du serpent : voilà le Dragon.

     Et ce dragon, c’est l’archange déchu, c’est le roi de la Cité du mal. Afin de venger l’Ecriture nous avons cru devoir nous étendre sur le premier nom qu’elle lui donne.

(1)   Bellarmin, in Psaumes CIII ; Cornelius a Lapide, in, Isaïe LI, 9, et passim.

(2) Voyez mes recherches sur les ossements fossiles, t. V, 2e partie, p.343. – M. Buckland l’a découvert en Angleterre, mais nous en avons aussi en France. Disc. Sur les révol. Du globe, p. 214, édit. In-8 ; 1830.

(3) Et tous les peuples anciens.

(4) Ibidem, p. 311 et 316.

(5 et 6)  Recherches, etc., t. V, p. 245.

(7) Sentinelle du Jura et Annales de philosophie chrétienne, septembre 1862, p. 237.

(8) Le monde avant la création de l’homme. Livre XXXII, p.4 ; 1856.

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