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20/03/2019

L'acte pur est illimité et infini

     Cette thèse rappel que l’acte est par lui-même illimité et infini et que la limite et la multiplicité viennent de la puissance…


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Fête de Saint Jean L’Aumonier

(Patriarche d’Alexandrie et confesseur vers 619-620)

Mis sur blogue le 23 janvier 2019

ONTOLOGIE

 

THESE 2

 

L’ACTE PUR EST ILLIMITE ET INFINI

 

acte pur,borne,capacité,composition,créatures,distinction,essence,être,existence de dieu,expérience,fécondité,formes,humanité,imperfection,individus,infini,lacune,limite,métaphysique,moteur immobile,mouvement,multiple,multiplication,multiplicité,parfait,perfection,plénitude,principes,privation,puissance,raison,réalité,restriction,sommet,sujets,unique    Cette thèse rappel que l’acte est par lui-même illimité et infini et que la limite et la multiplicité viennent de la puissance.

     « L’acte, parce qu’il est perfection, n’est limité que par la puissance, qui est une capacité de perfection. Par conséquent, dans l’ordre où l’acte est pur (Dieu), il ne peut être qu’illimité et unique ; là où il est fini est multiple, il entre en véritable composition avec la puissance » (1)

     Les explications données au sujet de la première thèse suffisent à faire comprendre celle-ci. L’acte de lui-même, ne dit que perfection ; à la limite, au contraire, est imperfection, lacune et privation. Dans l’ordre donc où l’être est acte, il est perfection, et par conséquent sans limite et sans lacune. S’il est borné, cela ne provient pas de lui-même, car la perfection ne saurait engendrer l’imperfection ; cela provient d’un autre, qui est la cause de la limite, parce qu’il n’est pas la perfection, mais une simple capacité de perfection, c’est-à-dire la puissance. Quand l’être est acte tout entier ou acte pur, il est tout entier perfection, et partant sans lacune, sans borne, illimité et infini.

    Or, dès qu’il est infini, il est nécessairement unique. En effet, s’il y avait deux infinis réellement distincts, il devrait y avoir dans l’un quelque réalité qui ne serait pas dans l’autre et en vertu de laquelle ils se distingueraient entre eux. Cette réalité qui les différencierait serait, évidemment, une perfection. Dès lors, l’un deux porterait une perfection qui manquerait à l’autre. Mais manquer d’une perfection c’est manquer de la plénitude de l’être, c’est dépendre de la limite, être arrêté par une borne, être soumis à la puissance, ne rester plus l’acte pur et parfait. Ainsi, l’hypothèse même de l’acte pur est détruite s’il cesse d’être illimité et unique (2). L’axiome est donc rigoureux et évident :

« dans l’ordre où l’acte est pur, il ne peut être qu’illimité et unique. »

     De même que la limite vient de la puissance, qui est, de sa nature, imperfection et restriction, la multiplicité ne peut venir que de l’élément potentiel. Du fait qu’une perfection est multipliée, elle est divisée, et, par conséquent, bornée ; elle n’est plus tout entière perfection, elle est reçue dans un sujet qui la restreint. Dès lors, il ne saurait y avoir multiplication des actes, des perfections ou des formes que dans la mesure où sont multipliés les sujets qui la reçoivent : ainsi, notre humanité resterait unique s’il n’y avait pas des sujets ou des individus humains pour la multiplier. Mais ces sujets sont la capacité réceptive que nous avons appelé la puissance.

     Partout donc où nous trouvons le fini et le multiple, nous trouvons un acte qui est reçu, nous trouvons une capacité qui le restreint, le divise en le communiquant ; en un mot, nous trouvons la composition réelle de la puissance et de l’acte. Et voilà comment la seconde partie de l’axiome apparaît aussi évidente que la première :

« Là où l’acte est fini est multiple, il entre en composition véritable avec la puissance. »

     L’expérience quotidienne nous montre partout, autour de nous, la multiplicité et le fini (3) ; et de ces réalités tangibles nous montons, comme des effets à la cause, du mouvement au Moteur immobile, du fini à l’Infini, du multiple à l’Un, que nous appelons Dieu.

     Tout cela ressortira plus clairement de l’exposé que nous aurons à faire, dans la suite, des cinq preuves thomistes de l’existence de Dieu.

     On voit dès maintenant la fécondité de ces principes si universels, qui sont le sommet de la métaphysique et qui nous donnent la raison la plus haute de la distinction entre les créatures et Dieu, comme l’indique explicitement la troisième thèse : l’Essence et l’Existence.

(A suivre…si Dieu veut)

(1) Quelques-uns des passages où saint Thomas enseignent clairement cette doctrine : I Somme contre les Gentils, chapitre 43 ; Somme Théologique (ST) I pars, q.7, a. 1 et 2

(2) ST 1 pars, q.11, a.3

(3) Pour connaître le fini point n’est besoin d’avoir tout d’abord la notion de l’infini. Il nous suffit de voir les êtres tels qu’ils sont réellement autour de nous ; or l’expérience nous fait tout de suite découvrir en eux des imperfections, des lacunes, des limites. De tout cela nous tirons infailliblement la notion du fini.

René Pellegrini

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