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30/05/2018

Fonctions des anges

Composé de trois grandes hiérarchies, et chaque hiérarchie divisée en trois ordres distincts, le monde angélique se présente à nos yeux comme une magnifique armée rangée en bel ordre. Savoir cela ne suffit pas. Pour jouir du spectacle d’une immense armée dans ses formidables splendeurs, il faut la voir en mouvement. Ainsi, pour avoir une idée de la brillante armée des cieux et mesurer…

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06/10/2014

Conséquences de cette division - 8

 

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31/08/2014

Conséquences de cette division - 7

 

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01/08/2014

Conséquences de cette division - 6

 

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26/06/2014

Conséquences de cette division - 5

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Fête de Saint Maixent (1)

(Prêtre et confesseur 531)

 

CHAPITRE V

CONSEQUENCES DE CETTE DIVISION – 5 

     Ainsi, le Verbe incarné, voilà l’objet éternel de la haine de Satan ; voilà le dernier mot des persécutions, des schismes, des hérésies, des scandales, des tentations et des révolutions sociales ; en d’autres termes, voilà l’explication du grand combat qui, commencé dans le ciel, se perpétue sur la terre, pour aboutir à l’éternité du bonheur ou à l’éternité du malheur.

     Mais pourquoi l’Incarnation a-t-elle été, est-elle encore, sera-t-elle toujours l’unique objet de la lutte entre le ciel et l’enfer ? Cette question est fondamentale. Seule, la réponse peut expliquer l’éternel acharnement du combat, ainsi que la nature et l’ensemble des moyens employés par l’attaque et la défense.

     L’Incarnation, c’est tout le christianisme. Mais quel est le but de l’Incarnation ? Déjà, nous l’avons indiqué : c’est de déifier l’homme. Dieu ne s’en est pas caché. Ses paroles, vingt fois répétées, manifestent son conseil.

« (…) Je l’ai dit : vous êtes des Dieux et tous fils du Très-Haut. » (Psaumes LXXXI, 6) (82 : 6)

« (…) On les appellera :Fils du Dieu vivant. » (Osée I, 10)

« Soyez parfaits comme votre Père céleste lui-même est parfait » (St Matthieu V, 48)

« (…) Car vous participez à la nature divine » (II Pierre I, 4)

« Le pouvoir vous a été donné de devenir fils de Dieu (…) ». (St Jean I, 12 )

« Voyez donc quelle est la charité du Père, il veut que nous ne soyons pas seulement appelés, mais que nous soyons réellement fils de Dieu». (Jean I, 12)

     L’homme connaît le conseil divin, il l’a toujours connu. Il sait, il a toujours su, dans le sens catholique du mot, qu’il doit devenir Dieu. Il y aspire de toutes les puissances de son être. Satan le sait aussi, et il prend l’homme par cet endroit.

« Mangez de ce fruit, et vous serez comme des dieux » (Genèse III, 5) est la première parole qu’il lui adresse. Tel est le sens : « Vous devez être des Dieux, je le sais et ne le conteste pas. Je vous propose seulement un moyen court et facile de le devenir. Pour être des Dieux, on vous a dit : Humiliez-vous ; obéissez ; abstenez-vous ; reconnaissez votre dépendance. Vous soumettre à de pareilles conditions, c’est tourner le dos au but. L’abaissement ne peut conduire à l’élévation. Voulez-vous y arriver ? Brisez vos entraves. Le premier pas vers la déification, c’est la liberté. »

     Comme dans toute hérésie, il y a du vrai dans cette parole. Le vrai est que l’homme doit être déifié. Le faux, est qu’il puisse l’être en suivant la voie indiquée par Satan. Aussi, remarquons-le bien, si étrange qu’elle soit, cette promesse de déification n’excite, dans les pères du genre humain, ni étonnement, ni indignation, ni sourire de mépris. Ils l’accueillent ; et, pour l’avoir prise dans le sens du tentateur, ils se perdent en l’accueillant. Aussi, saint Thomas remarque avec raison que le principal péché de nos premiers parents ne fut ni la désobéissance ni la gourmandise, mais bien le désir déréglé de devenir semblables à Dieu. La désobéissance et la gourmandise furent les moyens ; l’ambition illégitime d’être comme des Dieu, le but final de leur prévarication.

(A suivre… « Conséquences de cette division – 6 »…si Dieu veut)

(1) Il possédait le don des miracles

René Pellegrini

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27/05/2014

Conséquences de cette division - 4

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Fête de Sainte Marie-Madeleine de Pazzi 

(Religieuse de l’Ordre des Carmélites, de l’Ancienne Observance 1606)

 

CHAPITRE V

 Mis sur site le 27.05.2014

CONSEQUENCES DE CETTE DIVISION – 4

     N’ayant pu s’opposer au décret de l’union hypostatique de la nature divine avec la nature humaine, Lucifer et ses satellites sont constamment et uniquement occupés à le frustrer de ses effets. Rendre impossible ou inutile la foi au dogme de l’Incarnation : tel est le dernier mot de tous leurs efforts. Ouvrons l’histoire : Grâce à la malice du démon, l’homme, qui devait surtout bénéficier de l’Incarnation, commence par devenir prévaricateur. Afin de le retenir éternellement éloigné du Verbe, son libérateur, Satan charge son noble esclave d’une triple chaîne. Jusqu’à la venue du Messie, trois grandes erreurs dominent les nations : le Panthéisme, le Matérialisme, le Rationalisme. Ces trois grandes erreurs se résument dans une seule qui en est le principe et la fin : le satanisme.

     Mère de toutes les autres, ces monstrueuses hérésies tendent, comme il est facile de le voir, à rendre radicalement impossible la croyance au dogme de l’Incarnation. Le Panthéisme : Si tout est Dieu, l’Incarnation est inutile. Le matérialisme : Si tout est matière, l’Incarnation est absurde. Le rationalisme : Si la suprême sagesse est de croire à la seule raison, l’Incarnation est chimérique. Voilà pour les nations païennes.

     Quant au peuple juif, chargé de conserver la promesse du grand Mystère, tous les efforts de Satan ont pour but de l’entraîner dans l’idolâtrie. Aux pieds des idoles, Israël perd jusqu’au souvenir du Verbe incarné, futur libérateur du monde. Alors, Satan règne en paix sur le genre humain vaincu, et l’histoire de l’antiquité n’est que l’histoire de son insolent triomphe.

     Lorsque arrive la plénitude des temps que voyons-nous ? De toutes parts les puissances infernales rugissent. La guerre contre le dogme de l’Incarnation recommence avec un indicible acharnement. Pour l’empêcher de s’établir, Satan déchaîne les persécutions. Pour le ruiner dans l’esprit de ceux qui l’ont accepté, il déchaîne les hérésies. Pendant huit siècles, depuis le temps des Apôtres jusqu’à Elipand et à Félix d’Urgel, en passant par Arius, l’effort de l’enfer se porte directement sur le dogme de l’Incarnation. Plus ou moins masquée, la même attaque continue pendant les siècles suivants.

     Par un retour trop significatif, la divinité de Notre-Seigneur ou le mystère de l’Incarnation, clef de voûte du monde surnaturel, est redevenue sous nos yeux ce qu’elle fut au commencement, le but avoué, le point capital, le dernier mot de l’éternel combat. Arius n’est-il pas ressuscité et embelli dans Strauss, dans Renan et consorts, coryphées de la lutte actuelle ?

     En attendant la ruine presque totale de la foi au dogme réparateur, funeste victoire qui lui est annoncée pour les derniers jours du monde, Satan multiplie ses efforts, afin de la rendre inutile à ceux qui la conservent encore. Comme autrefois les Juifs, il pousse aujourd’hui les chrétiens à toutes sortes d’iniquités : c’est ce que saint Paul appelle l’idolâtrie spirituelle, dont l’effet immédiat est d’anéantir en tout ou partie la salutaire influence de l’auguste mystère. (1)

(A suivre…« Conséquences de cette division – 5 »…si Dieu veut)

- C’est moi qui mets en gras dans le texte.

(1) Cette idolâtrie spirituelle se caractérisant par les œuvres de la chair que sont : « la fornication, l’impureté, l’impudicité, la luxure, le culte des idoles (…) les sectes, les envies, les homicides, les ivrogneries (…) » (Galates V,19-20)

- Mgr Gaume donne seulement le verset 20 en référence, sans le texte biblique.

René Pellegrini

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10/03/2014

Conséquences de cette division - 2

Sous le nom de Pluton ou de Sérapis, les peuples anciens n’ont-ils pas admis un roi des enfers, habitant les sombres demeures du Tartare et environné de dieux infernaux, ses satellites et ses courtisans ? N’ont-ils pas en même temps proclamé par mille sacrifices, mille supplications, mille rites différents, la présence de ces dieux infernaux dans les couches inférieures de notre atmosphère, ainsi que

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28/12/2013

Conséquences de cette division - 1

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Fête des Saints Innocents (1)

(Martyrs Vers 2-3 après Jésus-Christ) (2) 

 

CHAPITRE V

 

CONSEQUENCES DE CETTE DIVISION - 1

 

ange rebelle,baptême,bethléem,chair,chrétien,chute,ciel,combat spirituel,couronne démon,diable,division,dogme,dragon,eglise,enfant,enfer,ennemi,erreur,fils de dieu,gen re humain,haine,hérésie,hérode,incarnation,jésus-christ,jour du jugement,lion,lucifer,m  artyr,mensonge,messie,monde surnaturel,mort,pharisien,prédication,prophétie,puissance révolution,roi des juifs,royaume,sainteté,saints innocents,sang,satan,ténèbres,tradition,verbe de dieu,vérité,vigilance,volonté     Après avoir explicité que la vue de l’Incarnation du Verbe de Dieu ou Fils de Dieu fut le motif de la division du monde surnaturel, Mgr Gaume se propose d’expliquer, dans ce chapitre V, les conséquences de cette division.

     Articulation de ce chapitre :

1 - Expulsion des anges rebelles.

2 - Leur habitation : l’enfer et l’air.

3 - Passages de saint Pierre et de saint Paul, de porphyre, d’Eusèbe, de Bède, de Viguier, de saint Thomas.

4 - Raison de cette double demeure.

5 - Du ciel, la lutte descend sur la terre.

6 - La haine du dogme de l’Incarnation, dernier mot de toutes les hérésies et de toutes les révolutions, avant et après la prédication de l’Evangile.

7 - Haine particulière de Satan contre la femme.

8 - Preuves et raisons.

Pour aujoUrd’hui, les deux premiers points et le troisième jusqu’à saint Paul.

« Et le Dragon, ajoute l’Apôtre, fut précipité sur la terre, projectus in terram. » (Apocalypse XII, 13)

     Quelle est cette terre ? En parlant de la chute de Lucifer et de ses complices, saint Pierre dit que Dieu les a précipités dans l’enfer, où ils sont tourmentés et tenus en réserve jusqu’au jour du jugement.

« (…) Dieu n’a pas épargné les anges qui ont péché ; mais si, chargés des chaînes de l’enfer et précipité dans l’abîme, il les a livrés afin d’être tourmentés et réservés pour le jugement. » (II Pierre II, 4)

     Ailleurs, il nous exhorte à la vigilance en nous prévenant que le démon, semblable à un lion rugissant, rôde sans cesse autour de nous pour nous dévorer. (I Pierre V, 8).

« Soyez sobres et veillez, car votre adversaire le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous cherchant qui il pourra dévorer. » ((I Pierre V, 8)

     De son côté, saint Paul appelle Satan le prince des puissances de l’air, et avertit le genre humain de revêtir son armure divine, afin de pouvoir résister aux attaques du démon.

« Pour nous, dit-il, la lutte n’est pas contre des ennemis de chair et de sang, mais contre les princes et les puissances, contre les gouverneurs de ce monde de ténèbres, les esprits mauvais qui habitent l’air. » (Ephésiens II, 2)

     Ainsi, les deux plus illustres organes de la vérité, saint Pierre et saint Paul, donnent tour à tour, pour habitation aux anges déchus, l’enfer et l’air qui nous environnent. Malgré une apparente contradiction, leur langage est exact : c’est l’écho retentissant de la tradition universelle. 

(A suivre… « Conséquences de cette division - 2 » …si Dieu veut) 

- C’est moi qui mets en gras dans les textes bibliques.

(1) Craignant que le Roi des Juifs, nouveau-né, ne lui enlève son royaume et pensant ainsi contrecarrer le dessein de Dieu, Hérode fit massacrer tous les enfants au-dessous de deux ans, nés à Bethléem et les villes, bourgs, villages et hameaux de la contrée. L’Eglise les célèbre comme martyrs ayant été baptisés dans leur sang, et étant morts pour Jésus-Christ. Saint Augustin parlant de ces enfants dit : « Celui qui croit que le baptême de Jésus-Christ ne sert de rien aux enfants, doutera-t-il que vous ayez obtenu la couronne, en mourant pour Jésus-Christ ? Vous n’aviez pas la capacité de croire que Jésus-Christ devait souffrir ; mais vous aviez la chair pour souffrir la mort pour Jésus-Christ qui devait endurer pour vous. »

(2) Calcul effectué en me référant à la prophétie biblique des 70 semaines d’années du prophète Daniel (IX, 24) sur la venue du Messie, et non sur le mensonge ou l'erreur du pharisien et traître a la cause juive que fut le Juif Flavius Josephe, indiquant la mort d'Hérode en -4 et reprise, depuis, par les historiens. On n’hésite même pas à écrire jusqu’à –8 avant Jésus-Christ pour sa nativité !!! Une attaque en règle et récurrente est menée pour discréditer la date de naissance de Jésus, et ainsi celle de son baptême et de sa mort. La haine inextinguible contre le Christ se poursuit à travers les siècles pour tenter de prouver qu’il n’est pas le Messie des Juifs. On devine l’esprit et l’intention qui activent et cautionnent ces publications pseudo scientifiques, et pour qui travaillent, volontairement ou involontairement, ceux qui écrivent ce genre de livre ou qui propagent leurs assertions.

René Pellegrini

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22/11/2013

Dogme qui a donné la division du monde surnaturel - 6

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Fête de Sainte Cécile (1)

(Vierge et martyre 232)

 

CHAPITRE 4

 

DOGME QUI A DONNE LA DIVISION DU MONDE SURNATUREL – 6 

 

adorer,âme,ange,apostat,châtiment,chute,ciel,combat,création,créé,déification,désir,dieux,dignité,division,dogme,ennemi,envie,feu,fini,genre humain,gloire,grâce,image de dieu,impie,incréé,infini,jalousie,justice,lucifer,médiateur,monde surnaturel,mystère de l’incarnation,nature angélique,nature humaine,oraison,orgueil,pauvre,plaie,rebelle,récompense,ressemblance,révolte,sang,semblable à dieu,sueur,union hypostatique,verbe éternel,vierge     Ensuite, la jalousie des anges n’a pu avoir que deux objets : Dieu ou l’homme. A l’égard de Dieu, vouloir être semblable à Dieu, égal à Dieu, considéré en lui-même, et abstraction faîte du mystère de l’incarnation, est un désir que l’ange n’a pu avoir : « Ce désir, dit saint Thomas, est absurde et contre nature ; et l’ange le savait ». (2)

L’homme a donc été l’objet de la jalousie de Lucifer.

« C’est par la jalousie qu’il eut contre l’homme, dit saint Irénée, que l’ange devint apostat et ennemi du genre humain ». (3) Mais, ainsi que nous l’avons vu, l’ange n’avait aucune raison d’envier la dignité naturelle de l’homme. Cette dignité consiste dans la création à l’image et à la ressemblance de Dieu. Or, l’ange lui-même est fait à l’image de Dieu, et même d’une manière plus parfaite que l’homme (4). Une seule chose élevait l’homme au-dessus de l’ange et pouvait exciter sa jalousie : c’est l’union hypostatique.

     Si le dogme de l’incarnation, considéré en lui-même, suffit pour expliquer la chute de Lucifer ; il l’explique mieux encore, envisagé dans ses relations et dans ses effets. D’une part, ce mystère est le fondement et la clef de tout le plan divin, aussi bien dans l’ordre de la nature que dans celui de la grâce. D’autre part, il exigeait des anges, pour être accepté, le plus grand acte d’abnégation : acte sublime en rapport avec la sublime récompense qui devait le couronner.

     Descendue de Dieu, toute la création, matérielle, humaine et angélique, doit remonter à Dieu ; car le Seigneur a tout fait pour lui et pour lui seul (5). Mais une distance infinie sépare le créé de l’incréé. Pour la combler, un médiateur est nécessaire, et, puisqu’il est nécessaire, il se trouvera. Formant le point de jonction et comme la soudure du fini et de l’infini, ce médiateur sera le lien mystérieux qui unira toutes les créations entre elles et avec Dieu (6).

     Quel sera-t-il ? Evidemment celui qui, ayant fait toutes choses, ne peut laisser son ouvrage imparfait : ce sera le Verbe éternel. A la nature divine il unira hypostatiquement la nature humaine, dans laquelle se donnent rendez-vous la création matérielle et la création spirituelle. Grâce à cette union, dans une même personne, de l’Être divin et de l’être humain, du fini et de l’infini, Dieu sera homme, et l’homme sera Dieu. Ce Dieu-homme deviendra la déification de toutes choses, principe de grâce et condition de gloire, même pour les anges, qui devront l’adorer comme leur Seigneur et leur Maître (7).

     Un homme Dieu, une vierge-mère, l’élévation la plus haute de l’être le plus bas, la nature humaine préférée à la nature angélique, l’obligation d’adorer, dans un Homme-Dieu, leur inférieur devenu leur supérieur ! A cette révélation, l’orgueil de Lucifer se révolte, sa jalousie éclate. Dieu l’a vu. Rapide comme la foudre, la justice frappe le rebelle et ses complices, dans ces dispositions coupables qui, en éternisant leur crime, éternisent leur châtiment. Tel est le grand combat dont parle saint Jean.

     Le ciel en fut le premier théâtre : la terre en sera le second.

(A suivre…« Conséquences de cette division - 1 »…si Dieu veut)

(1) Elle naquit à Rome de parents illustres et riches. Ayant refusé de sacrifier aux dieux, le préfet Almaque la fit enfermer dans une étuve en sa maison, et y mettre le feu pour l’étouffer dans la chaleur du poêle. Notre-Seigneur la protégea pendant vingt-quatre heures sans qu’elle versât une seule goutte de sueur. L’ayant appris, Almaque lui envoya un homme pour lui trancher la tête. Le bourreau lui donna trois coups sans pouvoir couper le col. Des assistants recueillir le sang de sa plaie avec des éponges et des linges. Elle demanda à Notre-Seigneur de lui laisser encore trois jours de vie afin de pouvoir distribuer ses biens aux pauvres, ensuite, pendant qu’elle était en oraison, son âme s’envola vers son époux.

(2) Somme théologique, Pars I, q.LVIII, art. 3.

(3) Saint Irénée, Contre les hérésies, Livre IV, cap. LXXVIII.

(4) Saint Augustin, De Trinitate, lib. XII, cap.VII

(5) Textes bibliques en latin (seules les références bibliques sont données) :

« Le Seigneur a opéré toutes choses pour lui-même. L’impie même pour le jour mauvais ». (Proverbes XVI, 4)

« Je suis le Seigneur, c’est là mon nom ; je ne donnerai pas ma gloire à un autre (…) ».(Isaïe XLII, 8)

(6) Saint Augustin, Soliloques, cap. VI.

(7) Saint Augustin, Sermon XIII, de tempo

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17/10/2013

Dogme qui a donné la division du monde surnaturel - 5

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Fête de Saint Florentin

(Evêque d’Orange vers 525-527)

 

CHAPITRE 4

 

DOGME QUI A DONNE LA DIVISION DU MONDE SURNATUREL – 5

 

aimer,amour,ange,béatitude surnaturelle,chute,commencement,création,demeurer,démon,désir,diviniser,division,dogme,envie,épreuve,fils de dieu,foi,haine,homicide,inspiration,intelligence,jalousie,jaloux,juifs,lucifer,lumière,maître,mal,monde surnaturel,mort,mourir,mystère de l’incarnation,nature humaine,orgueil,péché,perdition,perfection,prétention,puissance,révolte,sainte trinité,satan,sauveur,semblable,soumission,témoignage,tomber,trône,verbe de dieu,vérité RUARD, MOLINA ET AUTRES THEOLOGIENS

     Ruard, Molina et d’autres théologiens éminents professent la même doctrine d’une manière non moins absolue, absolute. Bien avant eux le célèbre Rupert avait exprimé le même sentiment. Sur ces paroles du Sauveur :

« Il fut homicide dès le commencement, et vous voulez accomplir les désirs de votre Père » (St Jean VIII, 44) (a), il dit :

« Le Fils de Dieu parle ici de sa mort. Ainsi, rien n’empêche d’entendre par cet homicide primitif l’antique haine de Satan contre le Verbe. Cette haine, antérieure à la naissance de l’homme, Satan brûle de la satisfaire. Pour en venir à bout, il emploie tous les moyens de faire mettre à mort ce même Verbe de Dieu, actuellement revêtu de la nature humaine. »

« Cela est d’autant plus vrai, que Notre-Seigneur ajoute : Et il ne se tint pas dans la vérité (St Jean VIII, 44) (b) ; ce qui eut lieu avant la création de l’homme. En effet, à l’instant même où, s’élevant contre le Fils, qui seul est à l’image du Père, il dit dans son orgueil : Je serai semblable au Très-Haut (Isaie XIV, 14) (c), il devint homicide devant Dieu, sauf à le devenir devant les hommes, en faisant mourir par la main des Juifs l’objet éternel de sa haine… (1) Ces paroles, il ne se tint pas dans la vérité, signifient qu’il n’a pas continué d’aimer Celui qui est la vérité, le Fils de Dieu. En effet, demeurer dans la vérité est la même chose qu’aimer la vérité, et demeurer ou se tenir dans le Christ est la même chose qu’aimer le Christ. Satan est donc homicide dès le commencement, parce qu’il a toujours eu pour la vérité, qui est le Verbe, une haine indicible. » (2)

     Ce remarquable témoignage peut se résumer ainsi : avant sa chute, Lucifer connaissait les adorables perfections de la Sainte-Trinité, et il les aimait (3). Trop grandes étaient ses lumières pour lui permettre d’être jaloux de Dieu, moins encore d’avoir la prétention de le devenir. Alors il se tenait dans la vérité. Mais, quand il sut que le Verbe devait s’unir à la nature humaine, afin de la diviniser, et, en la divinisant, l’élever au-dessus des anges, au-dessus de lui-même, Lucifer : alors il ne se tint pas dans la vérité. L’orgueil entra en lui ; l’orgueil amena la révolte, la haine, la chute.

     D’ailleurs, pour peu qu’elle réfléchisse, la raison elle-même se persuade sans peine que l’épreuve des anges a dû consister dans la foi au mystère de l’incarnation. D’abord, le péché des anges a été un péché d’envie : c’est un point incontestable de l’enseignement catholique. Entre tous les Pères, écoutons seulement saint Cyprien, parlant de l’envie :

« Qu’il est grand, frères bien-aimés, s’écrie-t-il, ce péché qui a fait tomber les anges ; qui a fasciné ces hautes intelligences, et renversé de leurs trônes ces puissances sublimes ; qui a trompé le trompeur lui-même ! C’est par elle que périt celui qui, prenant pour modèle le maître de la perdition, obéit à ses inspirations, comme il est écrit : C’est par la jalousie du démon que la mort est entré dans le monde » (4).

(A suivre… « Dogme qui a donné la division du monde surnaturel – 6 »…si Dieu veut)

(a-b-c) Seuls les textes sont cités. C’est moi qui mets les références bibliques.

(1) Les points de suspension sont dans le texte.

(2) Le texte est en latin et français.

(3) Seule la référence est donnée : Somme Théologique, Partie 1, question LXIII, article 1, ad 3. C’est moi qui mets le texte. Saint Thomas d’Aquin traite du péché des anges dans la question : Le mal de la faute peut-il se trouver chez les anges ? « Il est naturel à l’ange de se tourner par un mouvement d’amour vers Dieu, en tant que Dieu est principe de son être naturel. Quant à se tourner vers Dieu comme vers l’objet de la béatitude surnaturelle, cela vient d’un amour gratuit auquel l’ange peut se dérober en péchant. » (Somme Théologique, Partie 1, question LXIII, article 1, ad 3.)

(4) in opuscule «  de zelo et livore » (de la jalousie et de l’envie)

René Pellegrini

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17/09/2013

Dogme qui a donné la division du monde surnaturel - 4

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Fête de Saint Lambert 

 (Evêque et martyr 688) (1)

 

CHAPITRE 4

 

DOGME QUI A DONNE LA DIVISION DU MONDE SURNATUREL – 4

adultère,agneau,ange,béatitude surnaturelle,beauté,brebis,chef,ciel,conscience,conservation,création,créature,désir,division,dogme,droite de dieu,enfer,essence,feu,foi,force,grâce de dieu,hiérarchie,honneur,infini,jésus-christ,liberté,lucifer,martyr,médiateur,mérite,monde surnaturel,nature angélique,nature humaine,noblesse,oecuménisme,passion,pauvre,péché,pureté,ressemblance avec dieu,sainteté,sang,suggestion,union hypostatique,vanité,verbe incarné,vérité,voleur     Au même instant, les bons anges, se souvenant de la grâce de Dieu, principe de tous les biens, et connaissant par la foi la passion du vrai médiateur, le Verbe incarné, auquel les décrets éternels avaient réservé la place et l’office de médiateur, dont Lucifer voulait s’emparer, ne voulurent point s’associer à sa rapine. Ils lui résistèrent ; et, grâce au mérite de la passion du Christ prévue, ils vainquirent par le sang de l’Agneau. C’est ainsi que la gravitation vers Dieu, que, dès le premier instant de la création, ils avaient commencée, partie par inclination naturelle, partie par impulsion de la grâce, librement, mais imparfaitement, ils la conquirent en pleine et parfaite liberté.

     Quant aux mauvais anges, il y en eut de toutes les hiérarchies et de tous les ordres, formant en tout la troisième partie du ciel. Eblouis, comme Lucifer, de la noblesse et de la beauté de leur nature, ils se laissèrent prendre au désir d’obtenir la béatitude surnaturelle, par leurs propres forces et par le secours de Lucifer, acquiescèrent à ses suggestions, applaudirent à son projet, portèrent envie à la nature humaine, et jugèrent que l’union hypostatique, l’office de médiateur, et la droite de Dieu, convenaient mieux à Lucifer qu’à la nature humaine, inférieure à la nature angélique.

     Après cet instant, dont la durée nous est inconnue, de libre et complète élection, le Dieu tout-puissant communiqua aux bons anges la claire vision de son essence, et condamna au feu éternel les mauvais, avec Lucifer, leur chef, auquel il dit :

« Tu ne monteras pas, mais tu descendras, et tu seras traîné dans l’enfer. » (Isaie XIV,1)

Aussitôt les bons anges, ayant Michel et Gabriel à leur tête, exécutèrent l’ordre de Dieu, et commandèrent à Lucifer et à ses partisans de sortir du ciel, où ils prétendaient rester. Malgré eux, il fallut obéir.

« Par ce qui précède, il est évident : 1° que Lucifer n’a pas péché en ambitionnant d’être égal à Dieu. Il était trop éclairé pour ignorer qu’il est impossible d’égaler Dieu, puisqu’il est impossible qu’il y ait deux infinis. De plus, il est impossible qu’une nature d’un ordre inférieur devienne une nature d’un ordre supérieur, attendu qu’il faudrait, pour cela, qu’elle s’anéantit. Il n’a pu avoir un pareil désir, attendu encore que toute créature désire, avant tout et invinciblement, sa conservation. Aussi le prophète ne lui fait pas dire :

« Je serai égal ; mais, Je serai semblable à Dieu. » (Isaie XIV,14)

Il est évident, 2° que Lucifer a péché en désirant d’une manière coupable la ressemblance avec Dieu. Il ambitionna d’être le chef des anges, non-seulement par l’excellence de sa nature, privilège dont il jouissait, mais en voulant être leur médiateur pour obtenir la béatitude surnaturelle : béatitude qu’il voulait acquérir lui-même par ses propres forces. C’est ainsi qu’il désira l’union hypostatique, l’office de médiateur et la place réservée à l’humanité du Verbe, comme lui convenant mieux qu’à la nature humaine, à laquelle il savait que le Verbe devait s’unir. Vouloir s’en emparer était donc de sa part un acte de rapine. Aussi Notre-Seigneur Jésus-Christ l’appelle voleur. » (2)

« En vérité, en vérité, je vous le dis : Celui qui n’entre point par la porte dans le bercail des brebis, mais y monte par ailleurs, est un voleur et un larron (…) Je vous le dis, c’est moi qui suis la porte des brebis ». (Saint Jean X, 1-7)

(A suivre… « Dogme qui a donné la division du monde surnaturel – 5 »…si Dieu veut)

(1) Il était d’une illustre maison de la ville de Maastricht. Il méprisait les honneurs et les vanités du monde. Il donnait aux pauvres tout ce qu’il pouvait. Convié au festin solennel du prince Pepin il reprit Alpaïde, son amie pour son péché d’adultère. Celle-ci excita son frère Dodon à le tuer. Il consomma son martyr transpercé d’un coup de lance.

(2) La portion entre guillemets est en français et latin, et c’est moi qui mets le texte biblique.

Celui qui propose à son prochain une autre « porte », une autre voie que Jésus-Christ pour aller à Dieu est appelé « larron et voleur » par Celui qui affirme parler « en vérité, en vérité » : le Christ. Aujourd’hui, on retrouve ces larrons et voleurs parmi ceux qui, dans l’oecuménisme à la mode conciliaire, proposent ou encouragent un « ailleurs » parsemé de quelques vérités, comme possibilités d’accès à Dieu.

René Pellegrini

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18/08/2013

Dogme qui a donné la division du monde surnaturel - 3

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Fête de Sainte Hélène   

(Mère de Constantin le Grand, Impératrice † vers 326-330) (1)

 

CHAPITRE 4

 

DOGME QUI A DONNE LA DIVISION DU MONDE SURNATUREL – 3

 

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- Naclantus

- Nouveau passage de Viguier

- Rupert

- Raisonnement

- Témoignage de saint Cyprien, de saint Irénée, de Cornélius a Lapide

- Conclusion

NACLANTUS ET VIGUIER

     Un autre membre du Concile de Trente, le très-savant évêque de Foggia, Naclantus, s’exprime ainsi :

« Dès le principe, Lucifer et Adam lui-même connurent le Christ, au moins par la lumière de la foi ou d’une révélation particulière, comme le Créateur, le Seigneur et l’Océan de tous les biens. Mais, égarés par leur propre faute, ils détournèrent les yeux de la lumière ; et, comme s’ils ne l’avaient pas connu pour le Seigneur et pour l’auteur de toute grâce et de toute félicité, ils refusèrent de se soumettre à lui. Ils le méprisèrent même de la manière la plus impie ; c’est ce que l’Ecriture appelle ne pas le connaître. Quant à Lucifer, la chose est évidente. Non seulement il prétendit s’élever par lui-même jusque dans le ciel, mais encore tuer le Christ, envahir son trône et marcher son égal. » (2)

     Afin d’établir que la haine du Verbe incarné fut le péché de Lucifer, et qu’elle n’a encore d’autre but que de le combattre, Naclantus montre qu’à son tour, le Verbe incarné n’a d’autre pensée que de combattre Satan et de détruire son œuvre.

« Le Christ est venu pour détruire les œuvres du diable. En effet, le Christ meurt, et la tête de Satan est écrasée, et lui-même chassé de son empire. Le Christ descend aux enfers, (3) et Satan est dépouillé ; les armes et les trophées dans lesquels il mettait sa confiance lui sont enlevés. Le Christ triomphe, et Satan, nu et prisonnier, est livré au mépris du monde et laissé en exemple à ses partisans. » (4)

     Le même enseignement se trouve, mais d’une manière bien plus explicite, dans le grand théologien espagnol Viguiero. Partant du texte de saint Thomas (5), il dit :

« Lucifer, considérant la beauté, la noblesse, la dignité de sa nature et sa supériorité sur toutes les créatures, oublia la grâce de Dieu, à laquelle il était redevable de tout. Il méconnut, de plus, les moyens de parvenir à la félicité parfaite que Dieu réserve à ses amis. Enflé d’orgueil, il ambitionna cette félicité suprême, et le ciel des cieux, partage de la nature humaine qui devait être unie hypostatiquement au Fils de Dieu. Il envia cette place qui, dans l’Ecriture, est appelée la droite de Dieu, jalousa la nature humaine et communiqua son désir à tous les anges dont il était naturellement le chef. »

« Comme, dans les dons naturels, il était supérieur aux anges, il voulut l’être aussi dans l’ordre surnaturel. Il leur insinua donc de le choisir pour médiateur ou moyen de parvenir à la béatitude surnaturelle, au lieu du Verbe incarné, prédestiné de toute éternité à cette mission. Tel est le sens de ses paroles :

« Je monterai dans le ciel ; je placerai mon trône au-dessus des astres les plus élevés. Je siègerai sur la montagne de l’alliance, aux flancs de l’Aquilon. Je monterai sur les nuées ; je serai semblable au Très-Haut ». (Isaie XIV, 13,14) »

(A suivre…« Dogme qui a donné la division du monde surnaturel – 4 »…si Dieu veut)

(1) En 326 selon l’histoire de l’Eglise de Rohrbacher

(2 et 4) les textes sont en latin et français.

(3) C’est moi qui mets cette note.

Ne pas confondre l’enfer, ou puits de l’abîme (Apocalypse IX) lieu des damnés et de la damnation éternelle, avec les enfers ou Jésus est descendu. Enfer, du latin infernus signifiant d’en bas, région inférieure où se trouvaient les âmes des justes dans l’attente de la Rédemption. (Voir Ephésiens IV, 9)

(5) Somme Théologique : Part. I, q. LXIII, art. 3; et De malo, q. XV, II, art. 3,ad 4.

René Pellegrini 

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25/07/2013

Dogme qui a donné la division du monde surnaturel - 2

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Fête de Saint Jacques le Majeur (3)

(Apôtre de Jésus-Christ 44)  

 

CHAPITRE 3

 

DOGME QUI A DONNE LA DIVISION DU MONDE SURNATUREL – 2

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« Les anges, dit un savant disciple de saint Thomas, ont une double connaissance du Verbe, une connaissance naturelle, et une connaissance surnaturelle.

« Une connaissance naturelle, par laquelle ils connaissent le Verbe dans son image, resplendissant dans leur propre nature. Cette première connaissance, éclairée de la lumière de la grâce et rapportée à la gloire de Dieu et du Verbe, constituait la béatitude naturelle dans laquelle ils furent créés. Toutefois, ils n’étaient pas encore parfaitement heureux, puisqu’ils étaient capables d’une plus grande perfection, et qu’ils pouvaient la perdre, ce qui, en effet, eut lieu pour un grand nombre.

« Une connaissance surnaturelle ou gratuite, en vertu de laquelle les anges connaissent le Verbe par essence et non par image. Celle-là ne leur fut pas donnée au premier instant de leur création, mais au second, après une libre élection de leur part. » (4)

     Prêtons l’oreille à Suarez, par la bouche de qui, dit Bossuet, parle toute l’école :

« Il faut tenir pour hautement probable le sentiment qui croit que le péché d’orgueil, commis par Lucifer, a été le désir de l’union hypostatique : ce qui l’a rendu dès le principe l’ennemi mortel de Jésus-Christ. J’ai dit que cette opinion est très vraisemblable, et je continue de le dire. Nous avons montré que tous les anges, dans l’état d’épreuve, avaient eu révélation du mystère de l’union hypostatique qui devait s’accomplir dans la nature humaine. Il est donc infiniment croyable que Lucifer aura là l’occasion de son péché et de sa chute. » (5)

     Une des gloires théologiques du concile de Trente, Catharin, soutient hautement la même opinion. Avec d’autres commentateurs, il explique ainsi le texte de saint Paul : Et lorsqu’il l’introduisit de nouveau dans le monde, il dit : Que tous les anges l’adorent (5) : (Hébreux I, 6) (6)

« Pourquoi ce mot de nouveau, une seconde fois ? Parce que le Père éternel avait déjà introduit une première fois son Fils dans le monde, lorsque, dès le commencement, il le proposa à l’adoration des anges et leur révéla le mystère de l’Incarnation. Il l’introduisit une seconde fois, lorsqu’il l’envoya sur la terre pour s’incarner effectivement. Or, à cette première introduction ou révélation, Lucifer et ses anges refusèrent à Jésus-Christ leur adoration et leur obéissance. Tel fut leur péché.

« En effet, suivant la doctrine commune des Pères, le démon a péché par envie contre l’homme ; et il est plus probable qu’il a péché avant que l’homme fut créé. Or il ne faut pas croire que les anges aient porté envie à la perfection naturelle de l’homme, en tant que créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Dans cette supposition, chaque ange aurait eu la même raison, et même une plus forte, de jalouser les autres anges. Il est donc plus vraisemblable que le démon a péché par l’envie de la dignité à laquelle il a vu la nature humaine élevée dans le mystère de l’Incarnation. » (7)

     Au chapitre suivant, de nouvelles autorités viendront confirmer le sentiment de l’illustre théologien.

(A suivre… « Dogme qui a donné la division du monde surnaturel - 3 »…si Dieu veut)

(3) Il était natif de la province de Galilée, fils de Zébédée et de Marie Salomé, frêre aîné de saint Jean l’Evangéliste, et cousin germain de Jésus-Christ, selon la chair. Après avoir prêché à Jérusalem et en Samarie, il séjourna quelque temps en Espagne. Il fut décapité sur l’ordre d’Hérode, sous l’empire de Claude, selon quelques auteurs. Comme on le conduisait au supplice, saint Isidore dit qu’un paralytique lui demanda la santé, ce qu’il fit au nom de Notre-Seigneur.

(4-5 et 7) Les textes sont en latin et français, je n’ai mis que le texte français.

(6) Mgr Gaume ne donne que la référence.

René Pellegrini

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25/06/2013

Dogme qui a donné la division du monde surnaturel - 1

Décrété de toute éternité, le dogme de l’Incarnation du Verbe fut, à son heure, proposé à l’adoration des anges. Les uns acceptèrent humblement la supériorité qu’il créait en faveur de l’homme ; les autres, révoltés de la préférence donnée à la nature humaine, protestèrent contre le divin conseil...

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07/04/2013

Division du monde surnaturel - 1

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Fête de Saint Albert d’Espain

(Moine et reclus 1140)  

 

CHAPITRE 2

 

DIVISION DU MONDE SURNATUREL - 1 

 

     Ce chapitre explicite les points suivants : (1)

- Certitude de cette division : le dualisme universel et permanent.

- Cause de cette division : un acte coupable.

- Origine historique du mal.

- Explication du passage de saint Jean : Un grand combat eut lieu dans le ciel, etc.

- Nature de ce combat.

- Grandeur de ce combat.

- Dans quel ciel il eut lieu.

- Deux ordres de vérités : les vérités naturelles et les vérités surnaturelles.

- Les anges connaissent naturellement les premières avec certitude.

- L’épreuve eut pour objet une vérité de l’ordre surnaturel.

- Chute des anges.

     Nous venons de voir que le monde supérieur, le monde des intelligences pures, gouverne nécessairement l’homme et le monde qui lui est inférieur. Logiquement il en résulte que le Roi du monde supérieur est le vrai Roi de toutes choses. Anges, hommes, forces de la nature ne sont que ses agents. Tout relève de lui ; lui seul ne relève de personne. Dès lors, il semble que dans l’univers tout devrait être paix et unité. Autre est la réalité : le dualisme est partout.

     Or, le dualisme n’est dans le monde inférieur que parce qu’il est dans le monde supérieur ; dans le monde des faits, que parce qu’il est dans le monde des causes. La division et la guerre ont donc éclaté dans le ciel, avant de descendre sur la terre. Profondes, acharnées, universelles, permanentes, ce qu’elles sont parmi les hommes, elles le sont parmi les anges. En un mot, le monde surnaturel divisé en bon et en mauvais, telle est la seconde vérité fondamentale qu’il faudra mettre en lumière.

     Dieu étant la bonté par essence, tout ce qui sort de ses mains ne peut être que bon (2).

« Quant à nous, nous avons connu la charité que Dieu a pour nous, et nous y avons cru Dieu est charité (…) » (I Jean IV, 16)

« Et Dieu vit toutes les choses qu’il avait faites, et elles étaient très bonnes (Genèse I, 31)

     Puisqu’une partie des habitants du monde supérieur sont mauvais, et qu’ils ne sont pas tels par nature, il faut nécessairement conclure qu’ils le sont devenus. Nul ne devient mauvais que par sa faute. Toute faute suppose le libre arbitre. Les mauvais anges ont donc été libres, et ils ont abusé de leur liberté. Mais qu’elle est l’épreuve à laquelle ils ont volontairement failli ? Si la raison en constate l’existence, seul la révélation peut en expliquer la nature. Sous peine de déraisonner éternellement, il faut donc interroger Dieu lui-même, auteur de l’épreuve et témoin de ses résultats.

     Voici ce que l’Ancien des jours dit à son confident le plus intime :

« Un grand combat eu lieu dans le ciel ; Michel et ses anges combattaient contre le Dragon ; et le Dragon combattait, et ses anges avec lui ». (Apocalypse XII, 8 )

     Ces quelques mots renferment des trésors de lumière. Là, et là seulement, est l’origine historique du mal. Partout ailleurs incertitudes, contradictions, ténèbres, tâtonnements éternels. Comme nous touchons au grand problème du monde, insistons sur chaque syllabe de l’oracle divin.

     Quel est ce combat, praelium ? Les anges étant de purs esprits, ce combat ne fut pas une lutte matérielle, comme celle des Titans de la mythologie ; ni une bataille semblable à celles qui se livrent sur la terre, où tour à tour les combattants s’attaquent de loin avec des projectiles, se prennent corps à corps, se renversent et se foulent aux pieds. Comme les êtres qui en sont les acteurs, un combat d’anges est purement intellectuel. C’est une opposition entre purs esprits, dont les uns disent oui à la vérité, et les autres non.

     C’est un grand combat, praelium magmum. Il est grand, en effet, à quelque point de vue qu’on l’envisage. Grand, par le nombre et la puissance des combattants ; grand, parce qu’il fut le commencement de tous les autres ; grand, par ses résultats immenses, éternels ; grand, par la vérité qui en fut l’objet. Pour diviser le ciel en deux camps irréconciliables, pour entraîner dans l’abîme la troisième partie des anges, et pour assurer à jamais la félicité des autres : il faut que la vérité en litige ait été un dogme fondamental.

« Or sa queue entraînait la troisième partie des étoiles, et elle les jeta sur la terre (…) (Apocalypse XII, 4)

     Qu’elle peut être la nature de cette vérité proposée, comme épreuve, à l’adoration des célestes hiérarchies ? Pour les anges, comme pour les hommes, il y a deux sortes de vérités : les vérités, de l’ordre naturel et les vérités de l’ordre surnaturel. Les premières n’excèdent pas les facultés naturelles de l’ange et de l’homme. Il en autrement des secondes : expliquons ce point de doctrine.

     Ouvrage d’un Dieu infiniment bon, tout être est créé pour le bonheur. Le bonheur de l’être consiste dans son union avec la fin pour laquelle il a été créé. Tous les êtres ayant été créés par Dieu et pour Dieu, leur bonheur consiste dans leur union avec Dieu. Dans les êtres intelligents, faits pour connaître et pour aimer, cette union a lieu par la connaissance et par l’amour. Développés autant que le permettent les forces de la nature, cette connaissance et cet amour constituent le bonheur naturel de la créature.

     Dieu ne s’en est pas contenté. Afin de procurer aux êtres doués d’intelligence un bonheur infiniment plus grand, sa bonté, essentiellement communicative, a voulu que les anges et les hommes s’unissent au Dieu suprême, par une connaissance beaucoup plus claire et par un amour beaucoup plus intime, que ne l’exigeait leur bonheur naturel : de là, le bonheur surnaturel.

(A suivre… « Division du monde surnaturel – 2 »…si Dieu veut)

René Pellegrini

(1) C’est moi qui mets cette phrase.

(2) L’auteur ne donne que les références, c’est moi qui mets les textes.

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